Faut-il s'inquiéter pour Nadal ?

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Faut-il s'inquiéter pour Nadal ?
Nadal a une nouvelle fois perdu un set, vendredi, à Roland-Garros, face au Slovaque Klizan.@ Max PPP
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ROLAND-GARROS - L'Espagnol a une nouvelle fois cédé un set, vendredi, au 2e tour.

Nadal a encore perdu… un set. Lundi, c'était l'Allemand Daniel Brands. Vendredi, ce fut au tour de Martin Klizan. Le Slovaque, 35e joueur mondial, a pris à son tour un set à Rafael Nadal sur la terre battue de Roland-Garros, "sa" terre battue (4-6, 6-3, 6-3, 6-3). Faut-il s'inquiéter pour Nadal ?

Non, il faisait frisquet. A peine plus de 10 degrés. Voilà la température pas vraiment printanière que les thermomètres affichaient quand le Majorquin a entamé le premier set de son deuxième tour, vendredi, sur le court Suzanne-Lenglen. Refroidi par la météo et peut-être un peu froid aussi, après trois jours sans jouer, le septuple vainqueur de l'épreuve a eu bien du mal à entrer dans la partie. Selon le site officiel de l'ATP, l'Espagnol n'aurait peut-être pas pris en compte le facteur météo dans le cordage de sa raquette, ce qui expliquerait son déchet inhabituel lors de cette première manche, perdue sur le score de 6-4.

Non, il a bien joué ensuite. Comme lundi, Nadal a concédé le premier set face à un joueur qu'il affrontait pour la première fois. Comme lundi, l'Espagnol a ensuite fait parler sa puissance pour s'imposer relativement facilement en quatre sets. L'effet de surprise, ça n'a qu'un temps... Le Majorquin a déroulé ses longs coups droits liftés et varié son jeu avec réussite, avec même plusieurs points conclus près du filet, notamment sur des amorties. Débreaké en début de quatrième manche, à 2-0, il a ensuite repris le service de son adversaire dans la foulée pour faire la course en tête jusqu'au bout.

Non, il a toujours la hargne. Les yeux habités par la rage de vaincre, il fallait voir Nadal demander sa serviette avec agacement ou réajuster son short avec vigueur dans le troisième set, quand Klizan lui menait la vie dure. Avec Nadal, le langage du corps ne traduit qu'une seule chose : la volonté. Malgré les titres, cet homme n'est absolument pas repu.

Agressé et nerveux

Oui, Klizan n'est pas un "foudre de guerre". Comme Brands, qui était 59e joueur mondial, Martin Klizan, 35e au classement ATP, n'est pas encore ce qu'on peut appeler une terreur du circuit. A son âge, 23 ans, Nadal avait déjà gagné quatre fois Roland-Garros. Avant de débuter le tournoi, Klizan restait même sur trois défaites consécutives : à Barcelone, Madrid et Rome, trois tournois gagnés par… Nadal. Vendredi, le Slovaque, offensif sans être génial, a pris un set à l'Espagnol aussi plusieurs fois son service. Il s'est même offert deux balles de débreak dans le troisième set avant de lâcher prise face aux coups de semonce de "Rafa". Attention, les adversaires qui s'annoncent, à commencer par l'Italien Fabio Fognini (n°27) au troisième tour, seront sans aucun doute plus coriaces encore…

Oui, il existe un jeu pour perturber Nadal. Comme Brands lundi, Klizan a donné un (nouvel) indice aux joueurs qui souhaiteraient déboulonner Nadal. Ce dernier n'aime rien moins que d'être agressé. Il a besoin d'imprégner son rythme au jeu. Or, Klizan, entreprenant, a plusieurs fois mis Nadal sur le reculoir en envoyant des pralines aux quatre coins du court. La difficulté ? Le faire pendant trois, quatre ou cinq sets. Le Slovaque n'a peut-être pas la "caisse" physique pour le faire mais d'autres l'ont peut-être...

Oui, il ne semble pas serein. Des regards (noirs) vers son oncle, des gestes d'agacement qu'on ne lui connaît guère, le Nadal 2013, , dont on ignore comment le genou gauche répond à cette atmosphère très fraîche, ne respire pas la sérénité. Sa sortie lors de la conférence de presse d'après-match l'a prouvé. Comme lundi, le Majorquin a également dû composer avec un public taquin, qui saluait chaque beau point de Klizan avec ferveur. Au moment de conclure sur son service, le septuple vainqueur de l'épreuve a même été étonnament fébrile : il a perdu le jeu blanc… A l'issue de la rencontre, la tête de série n°3 du tournoi a souhaité au micro le retour du soleil. C'est vrai, cette année, Roland-Garros ne ressemble pas à Roland-Garros, il fait froid et Nadal perd des sets.