F1 : que doit-on attendre des trois pilotes français ?

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F1 : que doit-on attendre des trois pilotes français ?
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A FOND, A FOND, A FOND - Romain Grosjean, Jules Bianchi et Jean-Eric Vergne entrent en piste ce weekend, à Melbourne, en Australie.

La 65e édition du championnat du monde de Formule 1 débute dimanche avec le Grand Prix de Melbourne, en Australie. Les nombreuses modifications du règlement, sans oublier les essais d’avant-saison compliqués promettent des premières courses surprenantes avec, pourquoi pas, des Français capables de titiller les cadors. Cette année, ils seront trois - Romain Grosjean (Lotus), Jean-Eric Vergne (Torro Rosso) et Jules Bianchi (Marussia)- dans un baquet de Formule 1. Charles Pic, qui a quitté l'écurie Caterham à la fin de la saison dernière, est aujourd'hui pilote essayeur chez Lotus. Focus sur ces trois pilotes qui auront des occasions - ou pas - de briller cette saison, avec le regard avisé du spécialiste F1 d'Europe 1, Dominique Bressot.

Romain Grosjean

© Reuters


Romain Grosjean (Lotus). En l’espace d’une saison, il est passé du statut de fou du volant à celui d'un outsider pris au sérieux par tout le paddock. Raillé pour sa propension à accrocher tout ce qui bougeait en 2012, le Français s’est refait une virginité en 2013 sur les circuits. "Il a fallu tenir sur ses jambes quand on m’a tapé dessus, et on n'y est pas allé de main morte", rappelle-t-il au micro d'Europe 1. "Après, j’ai travaillé, je me suis occupé de ce que je pouvais faire et l’image a suivi. On peut passer par certains stades, être le vilain petit canard, et puis revenir et devenir l’un des meilleurs."

Romain Grosjean a en effet réalisé de belles performances l'an dernier, avec notamment deux places de troisième, en Corée du Sud et au Japon, et, surtout, une deuxième position au Grand Prix des États-Unis. Considéré comme un outsider potentiel pour le titre, celui qui a terminé 7e l’an passé au général ne cache pas ses ambitions. "Mon but, c’est d’être champion du monde, je suis un compétiteur-né, j’aime gagner." Mais avec une Lotus qui a connu quelques petites avaries pendant les essais d’avant-saison, le pilote de 27 ans devra peut-être attendre quelques Grand Prix pour pouvoir jouer la gagne.

L'avis de Dominique Bressot : "sa capacité à disputer la victoire en Grand Prix, c'est un acquis. Il a ses chances, mais il est dépendant de sa monoplace. Au moment où il franchit un cap, il risque de ne pas être en mesure de jouer les premiers rôles. Avec la fuite des cerveaux chez Renault - l'ingénieur Éric Boullier est parti chez McLaren - et les problèmes financiers que connaît la marque au losange, l'horizon n'est pas à l'optimisme."

Jean-Eric Vergne

© Reuters


Jean-Éric Vergne (Torro Rosso). Pour sa troisième saison en Formule 1, Jean-Éric Vergne est un homme pressé. Pressé par le temps, d'abord. Le pilote de 24 ans n’est entré, en tout et pour tout, que sept fois dans les points avec Torro Rosso, qui lui réitère sa confiance, mais jusqu’à quand ? Avec le jeune Russe Daniil Kvyat (19 ans) qui pointe le bout de son nez,

Vergne a toutefois toutes les cartes en main pour s’affirmer en tant que leader de l’écurie. Mais cela passera par plusieurs résultats dans les points. Sa monoplace, à l’instar de la concurrence, a connu quelques difficultés et semble avoir du retard à l’allumage, avec entre autre le changement de motoriste (de Ferrari à Renault, ndlr) mais le Français se veut optimiste. "On va dans le bon sens. Il y a encore du boulot mais on peut dire que nous avons franchi un palier. Je sens que nous avons une bonne voiture, donc dès que tout sera en ordre, je suis persuadé que nous pourrons faire de bonnes courses", a-t-il déclaré sur son site officiel.

L'avis de Dominique Bressot : "c'est la saison de tous les dangers pour Jean-Éric Vergne. Il doit s'affirmer, il a un leadership à assurer et à assumer face à un coéquipier qui pousse derrière lui. Personne ne comprendrait s'il ne dominait pas Daniil Kvyat cette saison. Il doit prouver qu'il a sa place, Torro Rosso ne le gardera pas ad vitam aeternam."

Jules Bianchi

© Reuters


Jules Bianchi (Marussia). C’est le moins expérimenté des trois Français en lice, mais le Niçois de 24 ans a une carte à jouer chez Marussia. Possédant quelques longueurs d’avance sur son coéquipier, le Britannique Max Chilton, Bianchi connaît les limites de sa monoplace : son écurie a le budget le plus faible cette saison avec 70 millions d’euros. Même si ce dernier espère franchir un cap et s’éloigner des places du fond de grille, il ne se fait guère d’illusion. "On devra une fois de plus se battre avec Caterham, aller chercher plus haut, ça va être encore un peu compliqué", a-t-il reconnu sur Canal+. "L’important, c’est d’être fiable et de terminer les courses." Jules Bianchi, qui a été détroussé d'une montre d'une valeur de 70.000 euros en plein jour à Paris, compte bien marquer des points pour sa deuxième saison dans un baquet de F1, chose qu’il n’est pas encore parvenu à réussir en 19 courses l’an passé.

L'avis de Dominique Bressot : "c'est le point d'interrogation. Il a une voiture de fond de grille et jouera les derniers rôles comme l'an passé. Il avait donné satisfaction chez Ferrari en tant que pilote d'essai, mais un très bon débutant avec une mauvaise Formule 1 doit essayer de faire un coup pour se faire repérer et changer d'écurie l'année suivante. Or, ça n'a pas été son cas."

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