F1 et USA : je t'aime, moi non plus

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F1 et USA : je t'aime, moi non plus
@ REUTERS
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La F1 retrouve ce week-end les Etats-Unis après cinq ans d'absence, à Austin, au Texas.

La Tour du circuit d'Austin (930x1240)

© MAXPPP

Sa construction a été pour le moins mouvementée et il a même failli disparaître du calendrier. Mais finalement, il est là, tout nouveau et tout beau : le circuit des Amériques, doté d'une gigantesque tour purement décorative (photo) et situé dans l'état du Texas, à Austin, a été le théâtre, jeudi, de ses premiers tours de roue lors de la première séance d'essais libres dominée  par l'Allemand Sebastian Vettel. Dimanche (départ à 20h00), le circuit texan accueillera le premier Grand Prix des Etats-Unis depuis 2007.

Après Indianapolis, qui a abrité les huit dernières éditions, entre 2000 et 2007, la discipline phare du sport automobile tente donc cette fois une percée par le Sud, où la Nascar est reine. Trop convenue, pas assez "ovale" et donc beaucoup moins spectaculaire, la F1 souffre de la comparaison avec sa grande cousine américaine.

Kobayashi a bouclé le premier tour de circuit :

Alonso et Vettel (930x620)

© MAXPPP

"L’Amérique est un vaste marché (le mot est lâché !), c’est un grand marché automobile", explique le directeur de l'écurie McLaren, Martin Whitmarsh dans des propos repris sur le site toileF1.com. "Ils aiment les voitures, et je pense que nous avons quelque chose qui est très différent de la Nascar, mais la F1 devrait être en mesure de conquérir l’Amérique. C’est un grand défi, mais aussi une grande opportunité."  Cette opportunité de relancer la F1 aux USA a été confiée à ce circuit d'Austin, un tracé qui emprunte aux grands classiques européens (Silverstone et Hockenheim notamment), le tout à la sauce "made in USA", avec notamment un impressionnant dénivelé au bout de la ligne droite des stands. Le Circuit des Amériques, qui sera dimanche le théâtre de la lutte entre Sebastian Vettel (Red Bull) et Fernando Alonso (Ferrari) pour le titre, a bien raison de mettre tous les atouts de son côté. Car le passé (et le passif) de la F1 aux Etats-Unis sont assez importants.

Le circuit des Amériques en animation :

Lewis Hamilton, vainqueur aux Etats-Unis en 2007 (930x620)

© REUTERS

Le circuit des Amériques sera rien de moins que le dixième lieu à accueillir la F1 aux Etats-Unis. Avant Austin, Riverside (1958 et 1960), Sebring (1960), Watkins Glen (de 1961 à 1975), Long Beach (1976 à 1983), Las Vegas (1981 et 82), Detroit (1982 à 1988), Dallas (1984), Phoenix (1989 à 91, tracé sur lequel Jean Alesi et Ayrton Senna se livrèrent un duel mémorable) et Indianapolis (avec Hamilton dernier vainqueur en 2007) ont toutes été les villes hôtes d'éditions plus ou moins heureuses, que ce soit au niveau des infrastructures ou de l'accueil du public.

Mais la vraie cassure remonte à 2005. Cette année-là, les essais du GP à Indianapolis sont marqués par deux accidents spectaculaires dans le virage de l'ovale. Les pneus Michelin, pas adaptés à la piste, sont en cause. Dimanche, jour de la course, les monoplaces équipées par le manufacturier français abandonnèrent avant même le départ de la course. Six voitures seulement participèrent à une parodie de course, remportée par Michael Schumacher et huée par le public.

Six monoplaces participent au GP 2005 :


Pneus à Austin (930x620)

© MAXPPP

Cette fois, il ne devrait pas y avoir de problèmes de pneus à Austin. Et Martin Whitmarsh espère même que la F1 actuelle pourra y donner une meilleure image d'elle-même. "Le sport nord-américain se concentre de manière significative sur le divertissement. Or la F1, au cours de ces dernières années, n’a probablement pas suffisamment insisté sur ce point", a déclaré le Britannique. "Si vous regardez les derniers championnats, il y avait un manque d’imprévisibilité. Des choses comme le DRS (pour "drag reduction system", système permettant l'ajustement de l'aileron arrière et favorisant les dépassements), que les puristes n’auraient jamais accepté avant, servent aujourd'hui le spectacle." Ce "spectacle" pourrait également faire oublier aux Américains qu'aucun de leurs compatriotes ne sera sur la piste, une constante depuis le retrait de Scott Speed en 2007. Le dernier vainqueur américain en Grand Prix remonte même à... 1978. C'était Mario Andretti, sur Lotus, celui-là même qui a inauguré la piste de ce circuit des Amériques.

Mario Andretti inaugure le circuit des Amériques :


Bernie Ecclestone (930x1240)

© MAXPPP

Ce GP des Etats-Unis 2013 marque peut-être néanmoins un nouveau départ. Le projet d'un Grand Prix à New York, plus précisément dans le New Jersey, a été officiellement validé en octobre 2011. D'abord inscrit au calendrier du championnat 2013, il a finalement été repoussé à 2014. Mais on peut faire confiance au grand argentier de la F1, le Britannique Bernie Ecclestone (photo), pour qu'il ait bien lieu. "C’est un championnat du monde, il nous faut donc avoir les Etats-Unis au calendrier", a-t-il indiqué à l’agence de presse allemande DPA dans des propos repris sur F1i.com. "L’Amérique est aussi grande que l’Europe. Nous devrions donc y avoir le même nombre de courses." Si la question de savoir si les Etats-Unis aiment la F1 se pose, la F1, elle, aime visiblement beaucoup les Etats-Unis.