Dopage : le rugby, sport le plus touché

  • A
  • A
Dopage : le rugby, sport le plus touché
@ MAXPPP
Partagez sur :

DOPAGE - Le rapport de l'AFLD pointe du doigt le nombre de cas positifs dans le rugby.

L'info. La directrice du département des analyses de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Françoise Lasne, qui s'exprimait mercredi devant la commission d'enquête du Sénat, a révélé que le rugby avait été le sport "le plus touché par le dopage, en proportion", lors de l'année 2012. "Vient ensuite le football puis l'athlétisme, le triathlon, le basket-ball, le cyclisme, le handball et la natation", a-t-elle ajouté. Lors de son étude, l'AFLD n'a pris en compte que les sports pour lesquels elle a recueilli au moins 400 échantillons, soit huit disciplines en tout. Lors de son audition, la directrice du département des analyses de l'AFLD a également procédé à un calcul des sports les plus touchés en proportion des contrôles en excluant le cannabis, "un dopant indirect (...) qui n'améliore pas directement la performance". Et c'est encore le rugby qui apparaît comme le sport le plus touché.

Contrôle antidopage, 930

© REUTERS

Le calcul. Pour en venir à sa conclusion, l'AFLD a mis en rapport le nombre de cas positifs avec le nombre de contrôles effectués, sans tenir compte, par exemple, du nombre de pratiquants ce chaque sport. "On sait, par exemple, qu'en s'appuyant sur les statistiques de l'AMA (agence mondiale antidopage) pour l'année 2011 par rapport au nombre de pratiquants, c'est l'haltérophilie qui apparaît comme le sport le plus touché", a précisé à l'AFP le président de l'agence, Bruno Genevois. L'AFLD ne s'est pas appuyée, non plus, sur le nombre brut de cas positifs. Dans ce cas, c'est le cyclisme qui serait arrivé en tête. En effet, en 2012, le cyclisme a représenté 14,9% des résultats anormaux enregistrés par l'AFLD, devant l'athlétisme (12,6%), le rugby (10,4%), le football (6,8%) et le triathlon (4,5%). Le cyclisme a été le sport le plus contrôlé, et de loin, avec 1812 échantillons analysés contre 588 pour le rugby.

La position de l'AFLD. La mise en valeur de ces résultats est une façon pour l'AFLD de regretter le nombre insuffisant de contrôles dans le rugby. "Lors des matches du Tournoi des Six nations ayant lieu en France, le nombre de joueurs contrôlés nous paraît encore trop faible", estime au micro d'Europe 1 le président de l'agence, Bruno Genevois. "Quand un match a lieu en France, il y a deux joueurs par équipes, ce qui nous paraît être un nombre insuffisant et, récemment, j'ai demandé à la Fédération internationale de rugby que ce chiffre soit majoré."

Steffon Armitage (930x620)

© MAXPPP

La surprise de la FFR. Interrogé par Europe 1 sur ces chiffres, le président de la commission médicale de la Fédération française de rugby (FFR), Christian Bagate, a avoué sa surprise : "j'ai la liste des contrôles positifs pour l'année 2012 : il y en a 22. Mais, sur ces 22, il nous reste que deux cas qui concernent vraiment des gens dopés, deux joueurs qui ont été condamnés, l'un à trois ans de suspension et l'autre à 18 mois." Les vingt autres cas, ce sont des cas de consommation de cannabis, des AUT (autorisation d'usage à des fins thérapeutiques), trois cas de gouttes dans le nez, un "défaillant" (absence lors du contrôle), deux "obstructions" (refus de se présenter au contrôle), et deux cas de dérivés codéinés (les Toulonnais Steffon Armitage (photo) et Lewis-Roberts), qui n'ont pas fait l'objet de sanctions. "Nous sommes une des premières Fédérations à avoir mis en place un suivi longitudinal. Nous suivons nos joueurs du Top 14, des centres de formation jusqu'à l'équipe de France. Notre but, c'est la santé des joueurs et pas du tout de les voir se rendre malades à cause des produits qu'ils prennent."

L'agacement du Stade toulousain. Président du club champion de France en titre, le Stade toulousain, René Bouscatel n'a pas caché son énervement. "Nous approchons du 1er avril, j'espère que ce n'est pas une blague", a-t-il commenté sur Europe 1. "Je n'ai pas de cas dans mon club et je n'ai pas de suspicion à l'égard de quiconque. Alors, un cas isolé comme cela peut se passer ailleurs, pourquoi pas, mais dire que le rugby est le premier sport touché par des problèmes de dopage, notamment au cannabis... Si j'en ai connaissance, je lirai ce rapport, parce que, véritablement, j'en suis stupéfait."