Armstrong : le réquisitoire d'Hamilton

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Armstrong : le réquisitoire d'Hamilton
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DOPAGE - L'ancien équipier d'Armstrong publie un ouvrage à charge contre son ancien leader.

La boîte de Pandore semble définitivement ouverte. Alors que l'agence antidopage américaine (Usada) a radié à vie Lance Armstrong le 23 août dernier, son ancien lieutenant à l'US Postal, Tyler Hamilton, revient en détail sur le mode de fonctionnement du Texan dans un ouvrage au titre aussi long qu'évocateur : In The Secret Race : Inside the Hidden World of the Tour de France : Doping, Cover-ups and Winning at All Costs (Dans les coulisses de la course : au sein du monde caché du Tour de France : dopage, dissimulations et la gagne à tout prix). Dans cet ouvrage, dont le Times publie des extraits, Hamilton détaille le fonctionnement de la machine Armstrong. Edifiant.

Armstrong avec l'US Postal (930x620)

© REUTERS

Un "motorman" sur le Tour. Si l'équipe US Postal avait "deux ans d'avance sur ce que les autres faisaient en termes de dopage", comme le dit Hamilton, ce n'était peut-être pas tant au niveau des produits que des méthodes. En effet, Hamilton précise la façon dont Armstrong et lui étaient ravitaillés en érythropoïétine (EPO) sur le Tour. "Nous nous trouvions dans la cuisine de Lance quand il a expliqué le plan : il payerait Philippe (un motard ndlr) pour suivre le Tour sur sa moto, portant un thermos plein d'EPO et un téléphone prépayé", explique Hamilton. "Quand nous avions besoin d'"Edgar" (pour Edgar Allan Poe, nom de code de l'EPO ndlr), Philippe se faufilait dans la caravane du Tour pour une livraison éclair." Résultat : "les Français pouvaient nous fouiller toute le journée, ils ne trouveraient rien du tout." Et ils n'ont jamais rien trouvé.

Armstrong avec l'US Postal

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Des médecins "mieux payés". Si l'US Postal avait de l'avance sur la concurrence, elle en avait aussi évidemment sur la lutte antidopage. "Si vous preniez vos précautions et faisiez attention, vous pouviez vous doper et être sûr à 99% de ne pas être pris", affirme Hamilton. "Ils (les instances antidopage) avaient leurs docteurs, nous avions les nôtres, et les nôtres étaient meilleurs. Et mieux payés, c'est sûr." Pour Hamilton, les contrôles antidopage de l'époque n'avaient aucune valeur. "Ce n'étaient pas des contrôles antidopage. C'étaient plus des tests académiques, des tests de QI". Et Hamilton et Armstrong les ont tous réussis.

Lance Armstrong sur le Tour 2003 (930x620)

© REUTERS

Un Armstrong "qui jubile". Hamilton revient également sur la détermination d'Armstrong dans cette quête de la performance, qui passait également par des auto-transfusions sanguines. "Lance était revenu d'un cancer ; il n'allait pas rester là à attendre que les choses se passent; il allait les provoquer". Et Hamilton de décrire un "LA" "qui jubile" à l'évocation du "plan EPO" avec "Philippe"... Dans un entretien à la chaîne CBS, Hamilton avait déjà évoqué les pratiques dopantes d'Armstrong, dont il fut le lieutenant entre 1999 et 2001, lors des trois premiers des sept Tours de France victorieux de "LA". Il avait notamment assuré avoir vu Armstrong s'injecter de l'EPO lors du Tour 1999 puis se faire transfuser du sang lors de l'édition suivante. Après son départ de l'US Postal, en 2001, Hamilton (ici avec Armstrong en 2003, photo) a été contrôlé positif deux fois : aux transfusions sanguines en 2004 et à la DHEA en 2009.