Antidopage : cinq propositions fortes

  • A
  • A
Antidopage : cinq propositions fortes
La commission d'enquête du Sénat milite notamment pour un pouvoir accru conféré à l'AFLD.@ REUTERS
Partagez sur :

ANTIDOPAGE - Le rapport sénatorial a présenté 60 propositions pour lutter contre le dopage.

C'était à craindre. Comme un arbre cache parfois une forêt, l'annexe permettant d'identifier des coureurs des Tours de France 1998 et 99 positifs à l'EPO a caché mercredi le contenu du rapport de la commission sénatoriale sur la lutte contre le dopage. Face aux révélations, même vieilles de 14 ou 15 ans sur des cas de dopage avérés, les propositions de la commission, parfois techniques pour le grand public, ont guère pesé lourd. Et pourtant, au-delà des nécessaires efforts de prévention ou de coopération, une nouvelle fois vantés ici, plusieurs des 60 propositions que contient le document se révèlent particulièrement intéressantes. En voici cinq marquantes.

Proposition n°41 :"Confier à l’AFLD le pouvoir de sanction dès la première instance." C'est l'un des élements à retenir du rapport sénatorial : il préconise un renforcement très net du pouvoir de l'Agence française de lutte contre le dopage, qu'il espère d'ailleurs être rebaptisée "Agence de prévention et de lutte contre le dopage". Il espère lui voir confier notamment le soin de prononcer les sanctions contre les sportifs dopés, aujourd'hui prises par les fédérations sportives. La ministre des Sports, Valérie Fourneyron, s'est déclarée favorable à cette mesure, qu'elle juge même "indispensable".

Proposition n°33 :"Prévoir, dans les sports collectifs professionnels, une localisation collective de l’équipe pendant la saison et une obligation individuelle pour l’ensemble des joueurs hors saison." Le rapport jette un pavé dans la mare en considérant qu'il faut élargir les impératifs de localisation qui ont notamment court dans le cyclisme (et qui furent à l'origine, par exemple, de l'affaire Longo) à l'ensemble des sports collectifs professionnels. On imagine les réactions que cette mesure pourrait susciter au sein des clubs de football de l'Hexagone... Cette obligation va de paire avec la volonté d'augmenter le nombre de contrôles inopinés, pratiqués hors compétition.

Découvrez le bilan de l'enquête sénatoriale :

Proposition n° 28 :"Définir toutes les compétitions se déroulant en France comme nationales par défaut, sous réserve de la communication par la fédération internationale d’une liste des manifestations internationales qu’elle entend contrôler." Cette mesure aurait comme conséquence d'élargir encore la marge de manœuvre de l'AFLD, dont le travail est parfois contrarié par l'organisateur. Cela pourrait concerner un événement comme Roland-Garros, par exemple. "Il faut continuer à faire la course dans le groupe de tête en matière d'antidopage", a insisté le rapporteur de l'enquête.

Proposition n°1 :"Mettre en place une commission "vérité et réconciliation", sous l’égide du mouvement sportif, faisant le jour sur les pratiques dopantes actuelles et passées dans le sport." "Parler de dopage ne nuit pas au sport, mais contribue à lui redonner ses lettres de noblesse", a souligné Jean-Jacques Lozach. C'est pourquoi le texte du Sénat préconise la mise en place d'une commission "Vérité et réconciliation", projet qui a également cours dans le monde du cyclisme. La difficulté consiste dans ces cas-là à rassembler autour de la table tous les acteurs de la lutte antidopage, les laboratoires, les fédérations mais aussi les acteurs eux-mêmes. La commission milite également pour la mise en place d'un "mécanisme de repentis".

Proposition n°13 :"Mettre en place des campagnes de sensibilisation spécifiques sur les risques liés à la prise de produits dopants dans les salles de musculation." L'enquête du Sénat ne s'arrête pas au sport professionnel. Le sénateur Lozach a insisté sur l'importance de sensibiliser tous les sportifs, et notamment les amateurs, à un "enjeu éthique et sanitaire". Il a notamment décrit les salles de musculation et de fitness comme des "plaques tournantes de la consommation et du trafic de produits dopants".