Angleterre-France : il faut y croire !

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Angleterre-France : il faut y croire !
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SIX NATIONS - La France se déplace en Angleterre, samedi après-midi, avec un statut d'outsider.

Samedi, l'équipe de France, dernière équipe du Tournoi avec deux défaites lors de ses deux premiers matches - une première depuis 1982 -, se déplace à Twickenham pour y affronter l'Angleterre, deux victoires au compteur et dernière équipe en lice pour le Grand Chelem. Sur le papier, les Bleus, sans génie ni inspiration en Italie (18-23) puis contre le pays de Galles (6-16), ne pèsent pas bien lourd contre la jeunesse anglaise, qui a enthousiasmé son monde il y a deux semaines en s'imposant en Irlande. Oui, mais voilà, malgré les revers et les vents contraires, le XV de France aligné par Philippe Saint-André a plusieurs atouts dans sa manche pour renverser les pronostics. Explications.

Benjamin Fall avec les Bleus (930x620)

© MAXPPP

Contre les Anglais, pas besoin de discours. Descendue en flèche et tombée très bas, l'équipe de France se voit offrir le plus beau des trampolines pour rebondir : le XV de la Rose. Face aux Anglais, la motivation vient toute seule. C'est historique, et la nouvelle génération est déjà au parfum. "Moi, depuis que j'ai commencé le rugby, on ne me parle que de cette fameuse rivalité", a commenté Benjamin Fall, 23 printemps. "J'ai hâte d'y être." Et pourtant, l'ailier tricolore n'a pas encore joué une seule fois contre l'Angleterre. Mais il a déjà croisé des sujets de sa Gracieuse Majesté en Coupe d'Europe, avec le Racing-Métro. "On avait les Saracens dans la poule et beaucoup jouent en équipe d'Angleterre. Ils chambrent beaucoup sur le terrain. Dès que ça s'accroche, ils phrasent (sic)", raconte-t-il. "J'ai un peu la malchance de comprendre l'anglais. Ils ne font que chambrer. Ça énerve, on a envie de les défoncer quoi !" Une chose est sûre, donc : comme le dirait le président de l'OL Jean-Michel Aulas, les Bleus ne "vont pas lâcher le morceau contre les Rosbifs".

Christophe Samson (930x620)

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Un groupe frais et prêt à en découdre. S'il n'avait effectué que trois changements après le désastre de Rome, Philippe Saint-André a cette fois modifié pile la moitié de son équipe avec sept nouveaux entrants - Vincent Clerc, François Trinh-Duc, Morgan Parra, Yannick Nyanga, Christophe Samson, Benjamin Kayser et Thomas Domingo - et un repositionnement de poste, avec le passage de Wesley Fofana de l'aile au centre. "Après deux défaites, il fallait mettre de la concurrence et de la fraîcheur et se préparer à mettre beaucoup de conviction et d'engagement", a insisté le sélectionneur des Bleus. Cette fraîcheur qu'évoque "PSA" s'incarne dans la personne de Christophe Samson. Le Castrais, 28 ans, ne compte qu'une sélection : il était entré en jeu une demi-heure lors de la victoire en terre argentine, à Tucuman, en juin dernier (49-10). Le deuxième ligne du CO, du haut de son mètre 98, est censé apporter de la hauteur aux Bleus, notamment en touche. Il leur en faudra.

Des joueurs expérimentés qui ont déjà cueilli la Rose. En dehors de Samson, Saint-André a fait appel à des joueurs rompus aux joutes internationales. Rappelé en deuxième ligne, Nyanga n'a jamais perdu face aux Anglais, tout simplement. De retour de blessure, Clerc est actuellement le meilleur marqueur d'essais tricolore en activité, avec 34 réalisations en 64 sélections, et sa vitesse devrait faire un bien fou aux ailes bleues. Quant à la charnière Parra-Trinh-Duc, c'est elle qui a fait les beaux jours du prédécesseur de Saint-André, Marc Lièvremont. Alignée une première fois il y a cinq ans face à... l'Angleterre (défaite 24-13), elle est surtout celle qui a mené les Bleus vers le Grand Chelem en 2010 avec une victoire 12-10 contre la Rose. Les marqueurs : trois pénalités de Parra et un drop de Trinh-Duc. CQFD.

La France décroche le Grand Chelem face à l'Angleterre :

Face à l'Angleterre, du "french flair" dans l'air. Le sélectionneur tricolore, Philippe Saint-André, a eu une drôle d'expression au moment d'évoquer la rencontre de samedi en Angleterre, jeudi, en conférence de presse. "Il faudra être français samedi", a-t-il déclaré. C'est-à-dire ? "Être courageux, audacieux, imprévisibles". Imprévisibles, comme les Bleus l'avaient été lors des tests d'automne avec une victoire aussi large (30-6) qu'inattendue, face à un adversaire, l'Australie, qu'il n'avait plus battu depuis sept ans. Imprévisibles, comme les Bleus l'avaient été également lors de la dernière Coupe du monde, en 2011. Humilié par les îles Tonga lors de la phase de poules (19-14), le XV de France avait su relever la tête pour atteindre la finale, perdue d'un point face aux All Blacks (8-7). Et quelle fut sa première victime, à la surprise générale, en quarts de finale ? Bien évidemment l'Angleterre.

Les Bleus battent l'Angleterre en quarts de finale :