A 70 ans, il va (re)courir le marathon de New York

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A 70 ans, il va (re)courir le marathon de New York
@ Julien FROMENT/Europe 1
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PAPY RUNNER - Fernand Kolbeck espère franchir la ligne d’arrivée en moins de 4 heures.

Comme chaque année, plusieurs dizaines de milliers de "runners" sont attendus à 9h40, heure locale, à Staten Island, pour l'un des marathons les plus "courus" au monde, celui de New York. Parmi eux, un Français foulera le bitume new-yorkais pour la première fois depuis... 37 ans ! Fernand Kolbeck, 70 printemps, était au départ de l'édition 1977. "J’avais bouclé la course en 2h17, en septième position", se remémore-il au micro Europe 1. "J’en garde un superbe souvenir, c’était valorisant et excitant d’être aux avant-postes."

Quasi l’égal de Mimoun. Le nom de Fernand Kolbeck ne vous dit sans doute rien. Et pourtant, cet Alsacien possède l’un des plus beaux palmarès du marathon en France. Il a été sacré 5 fois champion de France (1971 à 1974 et 1977) et a participé aux Jeux olympiques de Munich (1972) et Montréal (1976). Seul le légendaire Alain Mimoun, médaillé d'or en 1956 à Melbourne, a fait mieux. A New York, Fernand Kolbeck a été le premier Français à terminer dans le top 10 du marathon.

Regardez ce reportage d’époque avec Fernand Kolbeck :

Trentez-sept ans plus tard, Fernand Kolbeck revient donc sur les terres de ses premiers exploits grâce à son club d’athlétisme de Robertsau, en Alsace, qui lui a offert ce voyage pour ses 70 printemps. "Un cadeau empoissonné", souffle-t-il avec humour. "Il m’épate, ce qu’il fait à son âge", avoue Michel, 58 ans et disciple de "coach Fernand". "C’est génial, c’est extra. C’est lui qui nous donne l’envie de courir." Patrick, un autre de ses disciples, glisse dans un sourire : "c’est incroyable, je ne sais pas si à 70 ans, j’en aurais la force".

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© Julien FROMENT/E1


Un exemple. Les performances de Fernand Kolbeck parlent forcément à notre consultant athlétisme, Jean-Claude Perrin. "C’est un précurseur, c’est un exemple pour nous tous du fait qu’après avoir été un des meilleurs de l’équipe de France, il court toujours à son âge", analyse-t-il. "C’est la preuve qu’il a une hygiène de vie, une qualité humaine qui dépasse largement la moyenne. Et le voir à son âge au départ, c’est quand même un message très fort pour tous ceux qui font de la course à pied." Un documentaire est d’ailleurs tourné sur son escapade new-yorkaise, pour immortaliser l’exploit.

Objectif : 3h45. S’il concède ne s’être entraîné que "deux fois par semaine, de manière modérée" et qu’il vient "non pas pour faire un chrono mais en touriste", Fernand Kolbeck reste un compétiteur dans l’âme. "Je suis sûr qu’il va faire un bon chrono", prédit Michel. Fernand Kolbeck aimerait ainsi boucler les 42,195 km sous la barre symbolique des 4 heures. "Le côté compétiteur, guerrier, on le garde indéfiniment. Mais il faut être réaliste, on ne peut être et avoir été", philosophe-t-il. "Il faut savoir rester sage. En fonction des sensations du jour, on va voir comment on peut réagir."

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