Mercato : pourquoi les petits clubs aussi s’en mettent plein les poches

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Mercato : pourquoi les petits clubs aussi s’en mettent plein les poches
Anthony Martial va permettre aux Ulis, son premier club, de tripler son budget annuel.@ VALERY HACHE / AFP
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Grâce au mécanisme des indemnités de formation, les premiers clubs des stars du ballon rond touchent de l’argent à chaque transfert.

"On va sortir la calculette, mais on espère toucher l’équivalent de trois années de budget". Mamadou Niakaté, entraîneur de l’équipe des Ulis, n’a pas gagné au Loto, mais c’est tout comme. Grâce au transfert stratosphérique d’Anthony Martial de Monaco à Manchester United – annoncé aux alentours de 60 millions d’euros + 20 millions de bonus -  ce petit club de la banlieue parisienne, qui a appris au gamin Martial à taper dans le ballon, va s’en mettre plein les poches. Explications.

Deux systèmes d’indemnisations pour les clubs formateurs. Au chapitre 7 de son règlement intérieur, la fédération internationale de football (Fifa) a inscrit, depuis 2001, l’obligation faite aux clubs professionnels de verser des indemnités de formation lors du transfert d’un joueur vers l’étranger. Ce montant est forfaitaire et dépend des fédérations d’origine. Un autre mécanisme, dit "de solidarité", existe, avec le même objectif : partager un bout du (gros) gâteau des pros avec le monde amateur. Le détail de ces compensations est énoncé en annexe (voir ci-dessous)

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Plus concrètement, pour reprendre le cas d’Anthony Martial, le club des Ulis devrait donc toucher la bagatelle de 600.000 euros, soit trois fois son budget annuel, comme raconté par son entraîneur dans L’Equipe de mardi. Une somme qui correspond aux trois années passées aux Ulis par le futur international français, entre 12 et 14 ans. Trois années qui rapportent donc, chacune, 0,25% de la somme totale. Un jackpot qui récompense l’excellence de la formation française. Sauf que le quotidien sportif, dans son calcul, s’est basé sur un transfert à 80 millions d’euros. Or rien n’indique, pour le moment, que Monaco touchera bien les 20 millions d’euros de bonus prévus.

Jorge-Mendès

"Les Ulis ne toucheront pas 600.000 euros".Contacté par Europe 1, Christophe Lepetit, économiste du sport au Centre de Droit et d'Économie du Sport de Limoges, qui a travaillé sur le sujet pour la commission européenne, assure également qu’il convient, pour calculer la somme à reverser aux clubs formateurs, de "retirer les commissions versées lors du transfert en question. Et cela peut avoir une grosse incidence sur le résultat ! Par exemple, dans le cadre du transfert de Javier Pastore au PSG pour 43 millions d’euros, on a parlé de commissions dépassant les 10 millions d’euros. Pour calculer ce que va donc toucher les Ulis, il faudrait, pour plus de sûreté, partir de 60 millions - et non de 80 -, et savoir combien vont toucher les agents et intermédiaires". Or, dans l’affaire, l’intermédiaire en question s’appelle Jorge Mendès (photo), agent le plus influent de la planète, pas franchement réputé pour sa philanthropie…

"Il faudrait bien plus de transparence dans ce système extrêmement complexe". "Les Ulis ne toucheront donc pas 600.000 euros", poursuit l’économiste, sans toutefois s’avancer plus car "les commissions sont invérifiables pour le grand public. Il faudrait bien plus de transparence dans ce système extrêmement complexe". Que le comptable des Ulis se rassure : plusieurs centaines de milliers d’euros devraient bien venir beurrer ses épinards. Et, en plus, le club touchera 20.000 euros au titre de l’indemnité de formation, également oubliée dans les calculs.