Marathon de Paris : le "plaisantin" qui a couru devant les Kényans agite Internet

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Quand pendant 600m, un coureur amateur a pris la tête du marathon de Paris, les commentateurs se sont agacés. La suite s'est passée par tribune interposée. 

L'image en a fait sourire plus d'un pendant quelques secondes : un coureur français, blanc, devant toutes les pointures kényanes. Mais ni Patrick Montel ni Bernard Faure, qui commentaient dimanche le marathon de Paris sur France Télévisions, n'ont goûté l'initiative, peu commune, d'Alexis Valtat qui a, pendant 600 mètres, mené la course (regardez la vidéo en tête d'article).

"Un plaisantin", "un fantaisiste". Pour Patrick Montel, habituel commentateur de l'athlétisme sur le service public, ce coureur n'est rien d'autre qu'un "plaisantin", "un fantaisiste", "pas connecté à son corps" puisqu'en "sur-régime". Son acolyte Bernard Faure le rejoint dans la critique. Pour cet ex-champion de la discipline, l'initiative "pollue parce qu'il faut rester à sa place. Et aujourd'hui, la place devant, c'est celle des Kényans". C'est même une question de "respect" renchérit Patrick Montel. Inutile de dire que ces propos sont mal passés chez l'intéressé...

Excusez moi d’avoir voulu vivre un moment intense, presque un rêve, en tout droit, avec mes jambes et mon dossard !

"Ne rêvons pas". Très vite, dimanche soir, Alexis Valtat a réagi. Dans une tribune sur sa page Facebook, le coureur a répondu aux deux commentateurs à qui il a exprimé sa "déception" quant à leurs réactions. Il a jugé leurs propos "condescendants, irrespectueux, conservateurs et racistes". "Je tiens à vous signaler que le 'plaisantin pas connecté avec son corps', court le marathon en 2h39, temps qui m’a permis d’avoir un dossard préférentiel justement et de commencer à 'ma place'", a-t-il tenu à préciser. "Excusez moi d’avoir voulu vivre un moment intense, presque un rêve, en tout droit, avec mes jambes et mon dossard ! Excusez-moi de ne pas avoir 'été à ma place', d’avoir fait de l’ombre 'aux Kényans'", s'est ému le marathonien. "Vous avez condamné un acte sportif, un rêve. Chacun à sa place. Ne changeons rien, surtout. Ne tentons pas et ne rêvons pas. Merci les gars."

En r

L'accusation de racisme ne passe pas. La tribune d'Alexis Valtat a déjà été partagée plus de 6.000 fois sur Facebook. Mardi, Patrick Montel a voulu lui répondre de façon "apaisée et bienveillante", via le même canal. Le commentateur de France Télévisions a présenté au "marathonien inconnu" ses excuses. "Si j’avais imaginé l’importance que revêtait pour lui, ce départ en fanfare, je me serai volontiers abstenu de tous commentaires", a-t-il admis. Mais passé "ce petit message personnel", Patrick Montel a tenu à ajouter une "mise au point" suite à la "volée de bois vert qui m'a été infligée sur les réseaux sociaux". Les accusations de racisme, principalement, ne passent pas. "Qu’il sache à son tour qu’il me blesse au plus profond de moi. J’ai fait de la lutte contre le racisme le seul véritable combat de ma vie", a-t-il soutenu. Se sentant lâché par la communauté de la course, il s'est ému : "Qu’un individu isolé sous le coup de la déception puisse utiliser ce qualificatif à mon encontre me navre profondément, mais que personne ou presque dans la communauté du running ne s’offusque de cette accusation me touche infiniment plus".

Mise au point apais