L'OGC Nice champion d'automne : les raisons du succès

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L'OGC Nice champion d'automne : les raisons du succès
Mario Balotelli, après la victoire de Nice face à Dijon dimanche.
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Alors que la 19e et dernière journée des matches aller se dispute ce soir, les Aiglons sont assurés d'être champions d'automne. Surprenant ? 

Mercredi soir, la trêve hivernale viendra mettre les équipes de Ligue 1 au repos. Cela fera aussi trois mois jour pour jour que l'OGC Nice trône seul en tête du championnat. Le 21 septembre dernier, en effet, les Aiglons balayaient Monaco 4-0, montrant ainsi que leur bon début de saison ne relevait pas simplement d'une réussite passagère. Depuis cette date, le sommet de la ligue 1 arbore une teinte rouge et noir. Et cela ne bougera pas pendant les fêtes. Grâce à sa victoire (poussive) face à Dijon (2-1) dimanche et aidé par la défaite de Monaco face à Lyon (1-3), Nice est déjà assuré d'être champion d'automne. Au lendemain de la 18e journée de Ligue 1, les Niçois affichent quatre points d'avance sur Monaco, 2e, et sept points sur le PSG, 3e.

>> Comment expliquer cette performance niçoise, encore inimaginable l'été dernier ? Eléments de réponse.

  • La continuité de la saison passée

Porté par un Hatem Ben Arfa flamboyant, Nice avait déjà réussi, la saison dernière, l'exploit de décrocher la quatrième place, après avoir frôlé la relégation un an plus tôt. Malgré le départ de "HBA" au PSG, on pourrait donc considérer que la réussite de cette année n'est que la suite logique de celle de la saison dernière. Et il y a, il est vrai, un peu de ça. Du 11 type de l'an dernier, il est resté cinq titulaires quasi-indiscutables de cette première moitié de saison : le gardien Yoann Cardinale, le latéral Ricardo Pereira, les milieux Jean Michaël Seri et Rémi Walter ainsi que l'attaquant Alassane Pléa. Certes, ces cinq joueurs sont loin de résumer à eux seuls la réussite actuelle du leader de Ligue 1. Mais ils y ont largement contribué.

Yoann Cardinale, auteur de nombreuses fautes de mains qui ont coûté cher à son club, a aussi, par de multiples arrêts réflexes effectués à des moments cruciaux, sauvé les siens à plusieurs reprises. Ricardo Pereira, dans la droite ligne de l'an dernier, est resté un atout offensif et défensif indispensable du collectif azuréen. Le milieu français Rémi Walter (21 ans), souvent titulaire cette année, effectue lui aussi un début de saison solide et a gagné en maturité par rapport à l'an dernier.


Jean Michaël Seri

Jean-Michaël Seri © VALERY HACHE / AFP



Et puis il y a Jean-Michaël Seri. L'Ivoirien de 25 ans s'est imposé en patron au milieu de terrain, compensant largement le départ à l'intersaison de l'ancien pilier du club : Nampalys Mendy. Relayeur impeccable, travailleur infatigable, Jean Michaël Séri n'est pas le joueur le plus flamboyant de l'effectif. Mais par sa constance, il est peut-être le meilleur Niçois de cette première moitié de saison. Quant à Alassane Pléa, les statistiques parlent d'elles-mêmes : avec 10 buts en 17 matchs joués, il se hisse à la troisième place des meilleurs buteurs du championnat, à égalité de points avec Falcao.

  • Un Mercato réussi

Depuis l'an dernier, toutefois, beaucoup de choses ont changé. Le club a tout d'abord été racheté, en juin, par des investisseurs chinois et américains. Ce qui lui a permis de consolider sa situation financière et d'aborder le marché des transferts sereinement. Résultat : l'équipe s'est profondément enrichie cet été. Premier renfort de poids : Wylan Cyprien, arrivé tout droit de Lens. Auteur de cinq buts (la plupart somptueux) et deux passes décisives, le jeune Français de 21 ans est l'un des éléments clés de l'animation offensive niçoise.

Dante, 33 ans, est quant à lui venu apporter son expérience à l'effectif le plus jeune de Ligue 1. S'il n'a pas toujours été le plus sécurisant des défenseurs niçois cette année, l’international brésilien a su se montrer impeccable lors de plusieurs moments cruciaux. Auteur de deux passes décisives, il contribue, lui aussi, à l'animation offensive du Gym.


VALERY HACHE / AFP

Le Niçois Dante  © VALERY HACHE / AFP



Vient ensuite Younes Belhanda. Le Marocain, qui a signé à Nice durant les dernières heures du Mercato d'été (en provenance de Shalke 04), est bien connu de la Ligue 1 depuis ses brillantes années montpelliéraines. Autant dire que son arrivée à suscité beaucoup d'espoir de la part des supporters niçois. Pour quel résultat ? Inconstant, peu en jambe en début de saison, parfois même transparent, le milieu offensif a quelquefois déçu. Mais lorsqu'il brille, il brille. Auteur de trois buts et trois passes décisives en 15 matchs, le Marocain n'a cessé de monter en puissance depuis son arrivée. Et il s'avère bien être le joueur le plus technique de l'effectif.

Mais la star à Nice cette année, ce n'est ni Cyprien, ni Dante, ni Belhanda. Faut-il encore prononcer son nom, tant il a été chanté dans les gradins de l'Allianz Riviera et relayé dans les médias ? "Super Mario" Balotelli, arrivé lui aussi dans les dernières heures du Mercato, a été à la hauteur des attentes. Et peut-être même un peu plus. Les mauvaises langues calculeront son temps à courir pendant les matches, et le nombre de ballons qu'il touche au total. Les mêmes souligneront que lorsqu'il est absent (il a été blessé plusieurs semaines), Nice gagne quand même. Mais on pourra leur rétorquer que lorsqu'il est là, Nice gagne aussi, et souvent grâce à lui. Un doublé à Marseille, un autre à Monaco, un dernier ce week-end à Dijon… Le sulfureux Italien a des stats implacables : huit matchs, huit buts. Aussi, et surtout, il apporte un élément indispensable pour espérer rester leader : le génie. L'illustration la plus marquante en est peut être son but inscrit à la 86e minute contre Lorient, lors de la 8e journée. Transparent jusque-là, il élimine Moreira d'un crochet avant de décocher une frappe sublime depuis la gauche de la surface. Le ballon se niche alors dans la lucarne droite. Et Nice emporte une victoire qu'il ne méritait pas, au regard de la prestation bretonne.

  • Lucien Favre, la meilleure recrue de l'OGC Nice

Reste que s'il y avait un seul homme à retenir de cette première partie de saison niçoise, ce n'est pas Mario Balotelli. Le véritable chef d'orchestre de la performance niçoise est, lui aussi, arrivé cet été, en provenance du Borussia M'gladbach : l'entraîneur suisse Lucien Favre. Le tacticien niçois est considéré par de nombreux observateurs comme la meilleure recrue du Gym cette année. Salué par son club, le jour de son arrivée, comme un "entraineur exigeant, méticuleux et passionné", le maître d'œuvre helvète n'a pas déçu.


Lucien Favre

Lucien Favre / AFP



Offensif, tout en passes courtes, en dédoublement et en recherche des intervalles, le jeu Made in Lucien Favre est l'un des plus agréables à regarder cette saison. Et cela n'empêche pas le club d'être la meilleure défense de la ligue 1, avec seulement 13 buts encaissés en 18 rencontres. Capable de faire jouer les siens en 3-5-2  ou en 4-3-3, l'entraîneur suisse a su mettre à profit l'ensemble de son effectif. Lucien Favre a enfin créé une alchimie puissante, hissant de jeunes talents prometteurs au poste de titulaires (Malang Sarr, Cyprien, Dalbert, Pereira, Walter), entourés par des cadres expérimentés (Dante, Baysse).

  • La réussite a souri à Nice, pour l'instant

Et au-delà de ses talents de tacticien, Lucien Favre peut s'enorgueillir d'une ultime qualité : sa lucidité. Interrogé à d'innombrables reprises sur les prétentions niçoises à viser le titre, l'entraîneur suisse a toujours refusé de s'emballer. "Il faut penser au prochain match", a-t-il sobrement commenté dimanche, au soir de son sacre d'automne. La rhétorique est à chaque fois la même : il faut prendre les matchs les uns après les autres.

Car Lucien Favre sait qu'un dernier élément incontestable a contribué à la performance niçoise : la réussite. La victoire face à Lyon ? Nice la doit en partie à l'exclusion de Fékir à la 28e. Celle face à Saint-Etienne ? Une erreur de Jordan Veretout, qui s'est emmêlé les pieds aux abords de sa propre surface. La victoire de dimanche face à Dijon ? Un but marqué après une période de domination bourguignonne, par un Balotelli en position de hors-jeu. On pourrait encore multiplier les exemples. Et citer au moins une preuve de la fragilité de l'OGC Nice version 2016-2017 : son parcours en ligue Europa. Alors que Lucien Favre a aligné l'équipe première à plusieurs reprises, Nice a fini dernier de son groupe lors de son épopée européenne. Une performance qui a de quoi faire redescendre sur terre les Aiglons. Et qui justifie la prudence de son entraîneur.