Lizarazu : "Je me suis un peu senti prisonnier dans le football"

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Dans son livre "Mes prolongations", le champion du monde 98 se livre sur sa vie, mais également sur le système actuel du football. 

INTERVIEW

"Je n'ai jamais ressenti la petite mort de la fin de ma carrière parce que j'ai su me projeter." Invité d'Europe 1 matin vendredi, Bixente Lizarazu, sacré champion du monde avec les Bleus il y a 20 ans, est revenu sur la fin de carrière, sa reconversion médiatique mais aussi sur la dureté du monde du football.

"Le sport de haut niveau, un acharnement". "Quand j'ai arrêté le foot [en mai 2006, ndlr], j'ai trouvé une liberté qui m'a fait énormément de bien", explique Bixente Lizarazu. "Quand tu es footballeur, tu es un peu obsessionnel, tu es dans ta préparation, dans un hôtel, un bus, un stade, mais pas dans la vie (…) Et ça m'a fait du bien de revenir dans la vie et de découvrir des choses qui me manquaient, je me suis senti un peu prisonnier, mais c'est le système qui est comme ça", révèle-t-il. "C'est un acharnement le sport de haut niveau, c'est une préparation visible et invisible. Et quand ça s'arrête, il faut se projeter dans autre chose."

Entendu sur Europe 1
On est tous des hommes, on a tous des moments de fragilité

Bixente Lizarazu rappelle que le milieu du sport de haut niveau ne permet pas d'étaler ses émotions. "Il faut être fort et puissant dans le sport de haut niveau, il ne faut rien montrer", dévoile l'ancien international français. "Mais on est tous des hommes, on a tous des moments de fragilité. Moi, j'ai vécu pour la première fois de ma vie une blessure au milieu de ma carrière [une pubalgie, six mois avant la coupe du monde, ndrl]. Je me pensais indestructible physiquement et là, j'ai perdu toute confiance en moi." "Mais c’est comme ça, il y a une compétition interne, tu ne peux pas trop montrer tes émotions, mais tu peux le faire après", concède "Liza".

"Élevage de poulets". Avec Mes prolongations, Bixente Lizarazu revient également sur les dérives actuelles du football. "Certains parents de jeunes joueurs viennent me voir parce qu'ils sont perdus. (…) Imaginez, dès 12 ans, il y a des agents qui essayent déjà de recruter les joueurs, c'est terrible. (…) On appelle ça du trading, c'est une sorte de bourse et à certains moments, c'est comme de l'élevage de poulets !" lance-t-il. "Ça à un côté foire aux bestiaux." 

>> Regardez le passage de Bixente Lizarazu dans Europe 1 matin