La Cour des comptes opposée au projet de Grand Stade pour le rugby

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La Cour des comptes opposée au projet de Grand Stade pour le rugby
Le Grand Stade de rugby prévu dans l'Essonne est jugé trop cher pour les finances de l'Etat. @ FRANCK FIFE / AFP (illustration)
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La Fédération française de rugby voulait construire d'ici 2021 un Grand Stade dans l'Essonne, mais la Cour des comptes le juge trop onéreux. 

La Cour des comptes a émis lundi un avis défavorable sur le projet de Grand Stade que la Fédération française de rugby (FFR) souhaite construire à l'horizon 2021 dans l'Essonne, soulignant qu'il présentait pour l'Etat deux risques, "l'un budgétaire, l'autre patrimonial". Elle recommande donc la recherche d'"alternatives au projet".

Un risque financier pour le Département et l'Etat. Au-delà du "risque pour les finances" du département de l'Essonne, qui garantirait à hauteur de 450 millions d'euros le montage financier (estimé à 600 millions d'euros), et de la potentielle "dégradation du soutien" au rugby par la FFR, dont les finances seraient impactées (elle prévoit d'emprunter 400 millions d'euros), la Cour des comptes met ainsi en avant des risques pour l'Etat. Il assure en effet jusqu'en 2025 au Consortium Stade de France l'organisation à Saint-Denis de "quatre à cinq manifestations rugbystiques", dont le retrait "entraînerait pour l'Etat de lourdes conséquences financières", a ainsi écrit la Cour des comptes dans une lettre adressée le 23 décembre au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et publiée lundi.

Un effort de 23 millions d'euros par an. La charge supplémentaire pour l'Etat est estimée au minimum à 23 millions d'euros par an: 6,3 millions d'euros par an "au double titre de la non-tenue des manifestations réservées et du non-renouvellement des accords avec une fédération contractante (la FFR, dont l'accord présent expire en avril 2017, NDLR), et 17 millions d'euros puisque l'Etat devrait de nouveau verser au Consortium l'indemnité d'absence de club résident. "Soit entre 161 millions d'euros et 186 millions d'euros suivant la date d'entrée en fonctionnement du stade de rugby", ajoute la Cour des comptes, soulignant que l'addition pourrait grimper "selon l'intensité des revendications du concessionnaire, déjà très actif au plan contentieux à l'encontre de l'Etat".