La charge de Catherine Tanvier contre le tennis féminin

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Pour Catherine Tanvier, ex-numéro 1 française de tennis, invitée mardi sur Europe 1, le tennis féminin d'aujourd'hui est "le plus bête de tous les temps".

INTERVIEW

Depuis samedi, les joueurs montent au filet lors du tournoi de Roland Garros. Sur Europe 1, mardi, l'ancienne numéro 1 française du tennis féminin, Catherine Tanvier, elle, est surtout remontée. Comme dans son livre, Je lâche mes coups...Comment le tennis-industrie a tué le jeu (éditions Solar), elle critique avec vigueur le tennis féminin actuel. "A l'époque, on était beaucoup plus dans la construction. Aujourd'hui, on est sur des joueuses stéréotypées qui lâchent des coups sur la première frappe. Ça bourrine totalement", constate-t-elle à l'antenne. "Ça va à la faute ou au point gagnant. J'ai tendance à dire que c'est le tennis le plus bête de tous les temps du fait qu'il n'y a pas de plan B quand un système de jeu coince", explique l'ancienne joueuse aujourd'hui au RSA.

La finesse disparue. Rien à voir avec le tennis masculin, assure-telle. "Vous avez le secteur de jeu que vous ne retrouvez pas chez les femmes. Le coup droit en décalage, le secteur volé, le sprint ont disparu dans le jeu féminin. Ça ne court vraiment pas très bien", énumère l'ancienne joueuse. Plus généralement, selon elle, la finesse, ce qu'on appelle "le jeu de la petite main", n'existe plus non plus chez les joueuses professionnelles. Pour autant, Catherine Tanvier ne blâme pas uniquement les joueuses. Pour elle, une grosse part de responsabilité revient aux entraîneurs : "Ils n'ouvrent pas tous ces secteurs qui ont disparu. Ils ont choisi d'orienter sur un système de jeu, alors qu'il y en a plusieurs."

"On est dans un gueuloir". Elle se dit également profondément agacée par les cris poussés par les joueuses lors des matchs. "La première qui a commencé par arriver avec ces cris là c'est Monica Seles. Désormais, c'est de pire en pire", déplore-t-elle. "Ce n'est pas normal. A l'entraînement, ce n'est pas du tout ça. Là on est dans le gueuloir. Il y a un côté provoc', c'est une manière d'imposer une suprématie".