Karim Benzema doit-il rester en équipe de France ?

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Karim Benzema doit-il rester en équipe de France ?
@ AFP
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Pris dans la tourmente de l'affaire de la sextape, l'avenir en équipe de France de l'attaquant du Real Madrid apparaît plus qu'incertain.

LE DÉBAT

La défense de Karim Benzema, mercredi soir au JT de TF1, n'a pas l'avoir d'avoir convaincu la Fédération française de football. Le joueur de l'équipe de France, empêtré dans l'affaire de la sextape, pourrait bientôt être lâché par la FFF. Le président de l'instance, Noël Le Graët, pourrait en effet annoncer l'exclusion de l'avant-centre des Bleus dès la semaine prochaine, selon les informations du journal L'Equipe. Mais alors, Karim Benzema doit-il rester en équipe de France ? Europe 1 ouvre le débat.

Oui : car Karim Benzema est indispensable
Par Julien Froment, journaliste au service des sports d'Europe 1

Dans une affaire où le volet  judiciaire a pris le pas sur le volet sportif, on oublie peut-être l’essentiel, au risque de froisser les bien-pensants : d’un point de vue purement et uniquement sportif, Karim Benzema est indispensable à l’équipe de France, n’en déplaise à l’opinion française.

A six mois de l’Euro, quel attaquant français possède l’expérience, le talent, l’aura de Karim Benzema ? Olivier Giroud ? Non. Anthony Martial ? Ce n’est encore qu’une promesse. André-Pierre Gignac est un amuse-bouche divertissant et rafraichissant, mais certainement pas l’attaquant de référence des Bleus. Benzema, 140 buts en 292 matches avec le Real Madrid - excusez du peu - est avec Hugo Lloris, Paul Pogba et Blaise Matuidi, l’un des premiers noms, si ce n’est le premier en attaque, couché par Didier Deschamps sur le tableau noir. C’est la pierre angulaire du système offensif construit par le sélectionneur national. Il est capable de débloquer des situations, de sublimer ses partenaires. Et il fait peur – si, si – à ses adversaires.

Certes, son comportement est juridiquement condamnable et  la Fédération française de football pourrait prendre des sanctions disciplinaires. Oui, Didier Deschamps et le président de la "3F" Noël Le Graët sont face à un cas de conscience majeur. Et le premier se pliera à la décision du second. Mais tous les arguments cités précédemment nous font dire qu’il n’est pas exclu de voir Karim Benzema à la pointe d’attaque des Bleus le 10 juin prochain, pour l'ouverture de l’Euro en France. Une décision qui cliverait un peu plus l’opinion française. Opinion versatile, qui l’acclamera au premier but venu. 

Non : l'exclusion de la sélection, le seul choix cohérent pour la FFF
Par Julien Ricotta, journaliste au service des sports d'Europe 1

Toute personne a droit à la présomption d'innocence. Karim Benzema, impliqué dans un scandale retentissant, n'a bien évidemment pas été déclaré coupable par la justice. Mais, quand bien même son innocence serait établie, les révélations de cette affaire ont durablement écorné non seulement son image, mais par ricochet, celle de l'ensemble du foot français.

Que Karim Benzema n'ait pas mesuré l'impact de ses actes, passe encore. Mais comment comprendre qu'une star internationale, atout offensif numéro 1 de l'équipe de France, ait pu seulement s'impliquer, quel que soit son rôle, dans une affaire aussi graveleuse. L'attaquant du Real a beau crier à l'acharnement, personne ne l'a forcé à défendre à tout prix son ami Karim Zenati ou encore à traiter Mathieu Valbuena de "tarlouze" à plusieurs reprises, d'après les révélations du Monde.

Une attitude pas forcément condamnable judiciairement, certes, mais en totale contradiction avec la fameuse charte de bonne conduite édictée par la Fédération française de football. Pourtant, les instances du foot français n'ont toujours pas réagi. Noël Le Graët et Didier Deschamps se morfondent dans un silence assourdissant, comme si Knysna n'avait servi à rien. Le foot français se veut exemplaire ? Il n'a pas le choix : il doit exclure Karim Benzema de la sélection. Peu importe le prix sportif à payer.