08/02/2018 - 14h25

JO 2018 : 20 médailles pour la France, un objectif réalisable ?

© AFP

L’équipe de France olympique vise une vingtaine de médailles à Pyeongchang, et ainsi améliorer le record des jeux de Sotchi, il y a quatre ans.

Les Bleus ne se cachent pas. L’équipe de France olympique a clairement affiché ses ambitions en visant une vingtaine de médailles aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, qui débutent vendredi. Si le but fixé par Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), est atteint, les Français amélioreront leur précédent record de 15 breloques décrochées lors des JO de Sotchi, en 2014. L’équipe de France peut-elle faire mieux en Corée du Sud ? Europe 1 fait le point sur les forces (bleues) en présence.  

Pour espérer atteindre la vingtaine, la France comptera avant tout sur ses chefs de file. Le plus illustre d’entre eux est évidemment  Martin Fourcade. Le porte-drapeau de la délégation tricolore, star absolue du biathlon, ne vise rien d’autre qu’une razzia. Le Catalan, leader de la Coupe du monde, a clairement les moyens d’améliorer son total de Sotchi où il avait récolté trois médailles, dont deux en or. Attention toutefois, son grand rival, le Norvégien Johannes Boe, pourrait bien se mettre en travers de son chemin.

En ski alpin, sport roi des Jeux d’hiver, la France place ses principaux espoirs de titre sur Alexis Pinturault et Tessa Worley. Le premier est l’un des favoris du combiné, sa discipline de prédilection. Il est aussi en lice pour accrocher une victoire en géant, où il avait décroché le bronze à Sotchi. Pour Pinturault, souvent passé à côté dans les grandes compétitions, l’heure a sonné. Worley, double championne du monde (2013 et 2017) en géant et en forme cette saison, n’a rien d’autre en tête que l’or olympique. L’équipe de France de ski alpin a aussi dans le viseur le titre par équipes, pour la première fois au programme olympique, une épreuve dont elle est championne du monde en titre.

En skicross, Jean-Frédéric Chapuis est l’un des principaux favoris à sa propre succession. Le Français, champion olympique en titre et homme fort de sa discipline, s’imposera-t-il devant deux de ses compatriotes, comme à Sotchi ? Pierre Vaultier, lui aussi en or à Sotchi et toujours au sommet, a également de gros espoirs de réaliser la passe de deux en snowboardcross. Chez les femmes, les quatre snowboardcrosseuses françaises engagées, Chloë Trespeuch, Charlotte Banks, Nelly Moenne Loccoz et Julia Pereira da Sousa (respectivement 2e, 3e, 4e et 7e au classement de la Coupe du monde) ont toutes leurs chances pour l’or.

En ski freestyle (half-pipe), Marie Martinod, vice-championne olympique et vice-championne du monde en titre, espère monter sur la plus haute marche avant de prendre sa retraite à la fin de la saison. Tess Ledeux n’a elle que 16 ans, mais elle aussi a les moyens de décrocher le Graal. La surdouée du ski slopestyle, championne du monde en 2017 à 15 ans, pourrait confirmer sa folle ascension à Pyeongchang.

Enfin, la délégation tricolore poussera de toutes ses forces Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. Le couple star de la danse sur glace, double champion du monde en 2015 et 2016 et recordman du monde, ne pense qu’à l’or. Il lui faudra pour cela battre ses “meilleurs ennemis” et partenaires d’entraînement, les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moire, champions olympiques 2010 et en argent en 2014.  

En ski alpin, Victor Muffat-Jeandet est l’autre espoir de podium chez les hommes. Le natif d’Aix-Les-Bains a de vraies chances en combiné, comme l’a montré sa première victoire en Coupe du monde à Wengen, en Suisse, mi-janvier. En ski acrobatique, Perrine Laffont, actuelle troisième de la Coupe du monde, s’affirme comme une sérieuse prétendante aux trois premières places. Kevin Rolland peut lui aussi dignement représenter le ski acrobatique français. Médaillé de bronze en halfpipe il y a quatre ans, comme aux championnats du monde l'hiver dernier, il espère monter de nouveau sur le podium.

Toujours en ski, en skicross cette fois, les Bleus, qui avaient signé un triplé historique à Sotchi, possèdent toujours un sacré réservoir. Derrière Jean-Frédéric Chapuis, Terence Tchiknavorian et François Place, respectivement cinquième et sixième au classement de la Coupe du monde, ont les moyens de monter sur la boîte. Le fondeur Maurice Manificat, en argent sur 15 km libre aux Mondiaux 2015 et en grande forme cette saison, vise lui aussi sa première médaille olympique.

Alexis Contin, seul patineur de vitesse français qualifié en Corée du Sud, a lui de vraies chances de podium en mass start, une épreuve où il est triple médaillé mondial (deux bronze, une argent). Enfin, derrière Martin Fourcade, l’équipe de France de biathlon a elle de vraies chances de médailles dans les relais hommes et femmes, ainsi qu’en relais mixte.

Marie Dorin-Habert, 31 ans, veut finir en beauté avant de prendre sa retraite. La biathlète, double médaillée olympique en 2010 et quintuple championne du monde, connaît cependant une saison difficile. Son ultime défi s’annonce donc compliquée. Sa jeune compatriote Justine Braisaz incarne elle la relève. Vainqueur de sa première épreuve de Coupe du monde mi-décembre, la jeune femme de 21 ans porte les principaux espoirs du biathlon féminin tricolore.

À 41 ans, Ophélie David (skicross) dispute ses troisièmes JO, et essaiera de vaincre la malédiction pour enfin décrocher un premier podium olympique. En combiné nordique, Jason Lamy-Chappuis est lui sorti de sa retraite l’an dernier pour tenter un retour au plus haut niveau. Le champion olympique 2010, loin de sa meilleure forme, tentera tout de même d’aider les Français à décrocher une médaille dans l’épreuve par équipes.

Enfin, une médaille inattendue n’est jamais à exclure en ski alpin. Les Français ont pris un malin plaisir à déjouer les pronostics lors des derniers Jeux, comme l’incroyable titre olympique en descente d’Antoine Dénériaz à Turin, en 2006, ou plus près de nous l’argent de Steve Missillier en géant il y a quatre ans. On ne serait donc pas surpris d’être surpris…