JO 2018 - Une journée en bleu : l'or pour Vaultier, les regrets pour Fourcade et Worley

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L'équipe de France olympique a connu une journée très contrastée, jeudi, à Pyeongchang, avec une grande joie et plusieurs déceptions.

UNE JOURNÉE EN BLEU

Comme Martin Fourcade deux jours plus tôt, Pierre Vaultier a réussi à conserver son titre olympique conquis il y a quatre ans à Sotchi sur l'épreuve de snowboardcross, jeudi, lors des JO de Pyeongchang. Fourcade, lui, a touché du doigt une quatrième médaille d'or olympique, avant de flancher sur les deux derniers tirs lors de l'individuelle, alors que, de son côté, Tessa Worley a hypothéqué ses chances de médaille sur le géant dès la première manche. Après six jours, la France est 7ème au classement des médailles avec six breloques (trois en or, une en argent et deux en bronze).

La peur bleue avant l'or bleu. Pendant un instant, Pierre Vaultier a cru tout perdre. Bien parti dans sa demi-finale, il a accroché un adversaire dans un dévers et a fini au sol. Mais il a été le plus prompt à se relever, prenant la 3ème place qualificative. "Cette demie était un sacré bazar (deux autres concurrents ont également chuté, ndlr). Que dire ? Ça a été un coup de malchance balayé par un coup de chance, que je puisse finir 3ème. Tomber et se qualifier, c'est rare. Tomber, déchausser et se qualifier, c'est rarissime", a-t-il raconté après la course. "Il s'est passé énormément de choses dans ma tête. J'ai cru que tout était fini mais je suis resté concentré. Il m'avait semblé voir seulement deux concurrents passer donc j'y croyais."

Pierre Vaultier a survécu à une chute en demi-finale :



Qualifié, Vaultier a ensuite survolé la finale pour décrocher son deuxième titre olympique consécutif, comme un certain Martin Fourcade. "Il est possible que je marque mon sport. On me le dit. Je ne veux pas y croire, je ne veux pas être prétentieux." Les trois autres Français engagés, Ken Vuagnoux, Loan Bozzolo et Merlin Surget, ont tous les trois été éliminés dès les quarts de finale.

Bleu de colère. Il y était presque. Martin Fourcade est passé tout près d'un historique quatrième titre olympique, jeudi, lors de l'épreuve individuelle. Le Français, champion olympique de la poursuite lundi, a manqué ses deux dernières balles lors du deuxième tir debout. "Ce n'est pas de la déception, c'est de la colère ce soir (jeudi soir) parce que ça passe à rien, je ne termine pas le travail et c'est rageant", a confié le Catalan. "Je m'en veux beaucoup aujourd'hui (jeudi). J'ai été bon sur les trois-quarts de la course et je donne un titre olympique, je suis en colère de ça."



Avec ses 42 secondes de débours à l'arrivée sur le Norvégien Johannes Boe, Fourcade sait qu'avec une seule erreur de moins au tir, il aurait été sacré. L'exploit aurait été d'autant plus grand que l'entraîneur de l'équipe de France, Stéphane Bouthiaux, a révélé que Fourcade avait couru sous antibiotiques après "une petite trachéite" selon les termes de Franck Badiou, l'entraîneur de l'équipe de France au tir.



"Bronzée" lundi sur la poursuite, Anaïs Bescond a, comme Fourcade, souffert des "voies respiratoires". Coupable de trois fautes au tir, elle finit à la 31ème place, à 4'03" de la nouvelle championne olympique de l'individuelle, la Suédoise Hanna Oeberg. Les autres Françaises engagées ont fait un peu mieux (Anaïs Chevalier 27ème) ou moins bien (Célia Aymonier 48ème et Justine Braisaz 55ème).

Chez les garçons aussi, les Tricolores n'ont pas été à la fête lors de cette individuelle. Derrière Martin Fourcade, Antonin Guigonnat a pris la 23ème place, Simon Desthieux la 27ème et Émilien Jacquelin la 77ème.

La fin du rêve bleu. "Je suis triste, je suis hyper déçue. Un scénario comme ça qui arrive ce jour-là, c'est tellement dommage. Je passe à côté d'un rêve." Tessa Worley ne cachait pas sa déception à l'issue du géant, jeudi, à Pyeongchang. Ce scénario-là, c'est une première manche manquée, conclue à la 14ème place avec 1"44 de retard sur le meilleur temps. Malgré une splendide seconde manche (deuxième meilleur chrono des concurrentes, à un centième seulement de la fille de Luc Alphand, Estelle Alphand, qui skie désormais pour la Suède), la championne du monde en titre de la spécialité n'a évidemment pas pu récupérer le temps perdu. Elle finit 7ème, à 1"04 de l'Américaine Mikaela Shiffrin.

"Il m'en a manqué un petit peu, et cette erreur en première manche (sur l'une des dernières portes) me coûte trop cher. Après, j'ai su réagir, je sais que j'arrive à réagir, que j'ai le caractère pour, mais souvent, c'est trop tard, et aujourd'hui, ça ne suffit pas." Les autres Françaises, Taina Barioz et Adeline Baud, finissent respectivement au 19ème (+3"58) et 20ème (+3"91).

Tessa Worley passe à côté de sa première manche :



Un coin de ciel bleu (quand même). Placés après le programme court (6èmes), les Français Morgan Ciprès et Vanessa James n'ont pas réussi à faire mieux que 5èmes de l'épreuve de couples après le programme libre, jeudi, en patinage artistique.

Mais, à l'issue de cette journée, les Tricolores voulaient retenir le positif. "On est content de ce résultat, la dernière fois aux Jeux olympiques, on était dixième (à Sotchi 2014). On s'est battu, c'était une compétition de folie aujourd'hui (jeudi), le niveau était incroyable. Je suis très fier de nous parce qu'on a fait notre boulot, et même s'il y a eu des petites erreurs aujourd'hui (Vanessa James a chuté notamment, ndlr), on n'aurait pas pu faire mieux", a convenu Morgan Ciprès. "Il faut juste continuer à faire ce qu'on fait avec un peu plus de confiance, comme on a attaqué ce programme-là et ça va le faire", a ajouté la jeune femme. Dès les Mondiaux en mars ?

Bien trop bleus. Il n'y a pas eu d'exploit pour le ski alpin français lors de la descente masculine. Premier Tricolore, Brice Roger décroche néanmoins une belle 8ème place, à 1"14 du vainqueur, le Norvégien Aksel Lund Svindal. Les autres Français engagés terminent loin : Johan Clarey est 18ème (+2"14), Maxence Muzaton 23ème (+2"71) et Adrien Théaux 26ème (+2"74). Pas d'exploit non plus pour l'équipe féminine de ski de fond sur le 10 km style libre. Les quatre engagées (Caroline Thomas Hugue 14ème, Aurore Jean 22ème, Anouk Faivre Picon 35ème et Delphine Claudel 57ème) finissent loin de la Norvégienne Ragnhild Haga, médaillée d'or.