JO 2018-Une journée en bleu : des places d'honneur, pas de grand bonheur

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L'équipe de France a compilé deux places de quatrième et une de cinquième, samedi. Le record de quinze breloques ne sera pas battu.

UNE JOURNÉE EN BLEU

Sauf un improbable retournement de situation dans la finale de bobsleigh à quatre, dont l'équipage tricolore pointe à la onzième place après deux des quatre manches, l'équipe de France achèvera les Jeux olympiques de Pyeongchang avec un bilan de quinze médailles (cinq or, quatre argent, six bronze), soit le même qu'à Sotchi (avec un titre en moins). Samedi, ni l'équipe de France de ski alpin (4ème), ni le snowboardeur Sylvain Dufour (4ème), ni le patineur Alexis Contin (10ème) n'ont permis d'augmenter le pécule des Bleus.

Des Bleus à l'âme. Blaise Giezendanner sur le Super-G, Clément Noël sur le slalom, et maintenant l'équipe de France ! Le ski alpin tricolore a conclu ses Jeux olympiques sur une nouvelle quatrième place, samedi, à Pyeongchang, lors de la nouvelle épreuve par équipes, qui s'apparente à un géant parallèle. Les Bleus étaient pourtant champions du monde en titre de la spécialité. "C'est décevant d'échouer si près du podium, c'est malheureusement ce qu'on va retenir de tout ça. Je ne pense pas que le tableau était plus difficile qu'aux Mondiaux, on évitait quand même la Suisse au départ, et la Suède", a souligné Tessa Worley, l'une des quatre membres de l'équipe alignée samedi avec Alexis Pinturault, Adeline Baud Mugnier et Clément Noël.

Qualifiés de justesse pour les quarts de finale (2-2 contre le Canada, qualification au temps pour 4 centièmes), les Bleus ont ensuite battus l'Italie (3-1) avant d'échouer face à la Suisse en demi-finales (1-3) puis contre la Norvège dans le match pour la médaille de bronze (2-2, +0"12). Dans le duel décisif face à Leif Kristian Nestvold-Haugen, le jeune Clément Noël, 20 ans, a été battu de 31 centièmes. "Ma 4ème place en slalom était belle, je n'avais rien à me reprocher", a expliqué le jeune skieur français. "Cette 4ème place est plus dure à digérer. Je suis le petit nouveau dans une équipe qui était championne du monde en titre, et il y avait plus d'attente. Je n'ai pas été au niveau face à la Norvège, c'est frustrant."



Lors de cette épreuve, l'encadrement de l'équipe de France n'a pas utilisé les plus expérimentés Julien Lizeroux et Nastasia Noens. "Sur un parcours qui allait aussi droit, il fallait absolument croiser les portes (les boxer avec les deux poings) et Julien ne peut pas le faire", a expliqué David Chastan, directeur de l'équipe de France messieurs. "Plus petit et plus bas sur ses skis, il tape les piquets plus bas et ça l'amène à la faute." Du haut de ses deux mètres, le Suisse Ramon Zenhaeusern, lui, sait faire. Et il a conduit la Suisse à la médaille d'or, face à l'Autriche en finale (3-1).

Les maux bleus. Comme si cette première "médaille en chocolat" ne suffisait pas, Sylvain Dufour en a ajouté une autre, quelques heures plus tard, sur l'épreuve de snowboard parallèle. Parvenu en demi-finales après avoir battu l'Italien Edwin Coratti en quarts (-0"19), le Tricolore est parti à la faute en demi-finales face au Suisse Nevin Galmarini, avant d'échouer lors de la petite finale contre le Slovène Zan Kosir (+1"49). "Quatrième, c'est mes meilleurs Jeux (Il avait terminé 10ème à Vancouver et 16ème à Sotchi, ndlr). Cette année, ma meilleure place (en Coupe du monde), c'est troisième, donc c'est une course correcte, même si je suis déçu de pas être sur le podium", a insisté Sylvain Dufour. Son tombeur en demies, le Suisse Galmarini, a décroché la médaille d'or après avoir battu en finale le Sud-Coréen Lee Sangho, chaleureusement encouragé à domicile.



La fin du rêve bleu. Quatre ans qu'Alexis Contin attendait cet instant. Quatre ans que le patineur tricolore, qui avait été privé d'épreuves individuelles à Sotchi en raison d'une maladie auto-immune, attendait de pouvoir disputer l'or olympique. Triple médaillé mondial entre 2015 et 2017 de l'épreuve de mass start, qui faisait son entrée aux Jeux, Alexis Contin n'a pu faire mieux que cinquième du sprint final, qui conditionne le podium. À l'arrivée, Contin est dixième d'une course remportée par le Sud-Coréen Lee Seung-Hoon, puisque le Français n'a pas pris de points lors des sprints intermédiaires.

"Je pensais que ça allait 'partir' à 500 m, c'est 'parti' à 700 m", a expliqué le patineur français au micro de France Télévisions. "Après, ce sont des petits détails, j'avais décidé de jouer la médaille d'or. Et si je partais à 700 m, je savais que j'allais être débordé…" Le Français avait décidé de jouer. On ne peut pas lui en vouloir, lui qui, revenu au plus haut niveau après une ablation de la thyroïde, est déjà un exemple.

Trop bleus. Le ski de fond français, double médaillé de bronze à Pyeongchang (sur le relais 4x10 km et sur le sprint libre par équipes), a conclu ses JO dans un relatif anonymat. Sur le 50 km classique (les Bleus sont davantage à l'aise dans le sprint libre), Jean-Marc Gaillard n'a pu faire mieux que 18ème, à plus de six minutes du vainqueur, le Finlandais Iivo Niskanen. L'autre skieur tricolore engagé, Clément Parisse, a pris la 24ème place, à neuf minutes.



Les derniers Bleus. Après les deux premières manches de la finale de bob à quatre, l'équipage français est à la lutte pour entrer dans le top 10. Loïc Costerg, le pilote, Vincent Ricard, Vincent Castell et Dorian Hauterville pointent à la 11ème place, à 90 centièmes de l'équipage allemand conduit par Candy Bauer. Les Bleus ont d'abord concédé un peu plus d'une demi-seconde (+0"55) dans la première manche avant d'en perdre 35 dans la deuxième. Les troisième et quatrième manches ont lieu dimanche. Et ce sera la dernière compétition où apparaîtront les couleurs bleu-blanc-rouge à Pyeongchang.