JO 2018 - Une journée en bleu : Après les larmes, du bronze et un record

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A l’issue d’une journée longtemps rageante pour les Français, les biathlètes françaises ont remporté le bronze sur le relais. Le record de médailles aux JO d’hiver est égalé.

UNE JOURNÉE EN BLEU

Il a fallu attendre la toute dernière épreuve du jour pour souffler côté français. Après un slalom masculin frustrant, une épreuve de ski halfpipe douloureuse et un relais en combiné nordique décevant, les Bleues du biathlon sont venues offrir une quinzième médaille à la délégation tricolore, au terme du relais féminin. Le tout dans des conditions météo dantesques, avec chutes de neige et rafales de vent. Avec ce total de médailles, la France égale son record sur une même édition des Jeux d’hiver, obtenu il y a quatre ans à Sotchi.

L'exploit. Les Françaises ont démontré qu’en matière de biathlon, il n’y a pas que Martin Fourcade. Anaïs Chevalier, Marie Dorin-Habert, Justine Braisaz et Anaïs Bescond ont réussi l’exploit de remporter la médaille de bronze sur le relais, dernière course féminine de ces Jeux. Et elles l’ont fait dans des conditions incroyablement difficiles, mêlant chutes de neige et rafales de vent. Après des passages particulièrement crispants aux tirs, les bleues sont parvenues à décrocher une magnifique troisième place, derrière la Biélorussie et La Suède.

Il s’agit de la cinquième médaille pour l’équipe de France de biathlon, et la quinzième pour l’ensemble de la délégation. Le record de Sotchi, en 2014, est égalé, et même dépassé si l’on prend en compte les titres olympiques – déjà cinq en Corée du Sud contre quatre en Russie.

Des Bleus à l’âme. Finir au pied du podium, voilà qui est rageant. Mais que dire quand trois Français se classent quatrième, cinquième et sixième d’une épreuve olympique, à un souffle donc de la médaille ? C’est la mésaventure qui est arrivée aux slalomeurs français pour la dernière épreuve masculine individuelle des Jeux de Pyeongchang.

Le plus frustré restera sans doute Clément Noël, qui voit le bronze lui échapper pour quatre petits centièmes au profit de l’Autrichien Michel Matt. A seulement 20 ans, le tout récent champion du monde junior aurait signé là un exploit majuscule. Mais l’avenir lui appartient. "Je suis très content de ma course. Le fait d'être seulement à quatre centièmes, c'est ainsi, ça se joue n'importe où sur le tracé, la moindre petite faute. C'est déjà plus que je ne l'espérais, je ne m'attendais pas à participer aux JO il y a quelques semaines", a réagi le Vosgien.

Derrière lui, Alexis Pinturault, cinquième, et Victor Muffat-Jeandet, sixième, complètent ce joli mais décevant tir groupé. Mais tous auront l’occasion de se rattraper samedi à l’occasion de l’épreuve par équipe, dont la France sera l’une des favorites. Comme pour le géant, je n'ai pas de regret, j'ai eu les bonnes intentions, le bon ski", a commenté Muffat-Jeandet, originaire d'Aix-les-Bains. "J'aurais signé pour deux fois 6e en technique et une médaille en combiné, ça reste des Jeux incroyables", a-t-il ajouté. Tous auront l’occasion de se rattraper à l’occasion de l’épreuve par équipes, samedi. Histoire de conclure ces Jeux en beauté.

Bien trop bleus. Cette fois, c’est fini, entre les Jeux olympiques et Jason Lamy-Chappuis. Et l’histoire d’amour, qui avait débuté par une belle médaille d’or à Vancouver en 2010, s’est plutôt mal terminée. Le "combiné"  français, qui était sorti de sa retraite de deux ans pour tenter de conquérir une dernière breloque, a perdu son pari. Avec Antoine Gérard, François Braud et Maxime Laheurte, il a échoué à la cinquième place du relais, l’épreuve qu’il avait cochée dans son calendrier. Cinquième après les sauts, la France n’a pas pu refaire son retard, trop conséquent, et a conservé son rang loin, très loin de l’intouchable Allemagne.

Les maux bleus. En halfpipe, il faut savoir se faire mal. Mais en la matière, nos Français ont dépassé leurs limites. Surtout Kevin Rolland, qui a tenu à participer à la finale malgré de multiples douleurs. Mais le skieur tricolore en bronze il y a quatre ans, a subi trois chutes lors des trois runs de la finale et a conclu sa compétition en larmes. "J'ai encore plus mal au moral qu'au physique même s'il n'y a plus une seule partie de mon corps où je n'ai pas mal", a-t-il assuré avant d'énumérer ses douleurs. "La déchirure musculaire au bassin, la nuque, le dos... La dernière chute m'a flingué le dos", a-t-il énuméré. "Je voulais absolument courir aujourd'hui. Je me prépare depuis des années pour ça et je me suis dit que sur un malentendu ça pouvait passer. Je me suis mis ‘all in’ aujourd'hui. Je suis très frustré de ne pas avoir pu passer un run, de ne pas avoir fini en bas".

Kevin Rolland a en tout cas gagné le respect de son compatriote Thomas Krief, qui le qualifie de "mutant". L’autre finaliste français a lui aussi chuté dès son premier passage, tapant "très fort sur la fesse", a-t-il raconté. " Ça n'est pas très grave mais ça me fait très mal. Je n'arrive pas vraiment à tendre la jambe ou à la poser par terre, donc je n'avais pas trop le choix, je ne pouvais pas remonter et faire des runs", a-t-il raconté, appuyé sur ses deux bâtons comme sur des béquilles. "Mais ça n'est pas grave, c'est juste une ‘boîte’", a-t-il conclu, démontrant qu’il fallait être un peu fou pour se lancer dans ces impressionnants demi-tubes.