Jean-Michel Aulas s'interroge sur une "carrière en Ligue Europa" : choquant ?

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Jean-Michel Aulas s'interroge sur une "carrière en Ligue Europa" : choquant ?
Jean-Michel Aulas ne vivrait pas trop mal une élimination de la Ligue des champions.@ Charly TRIBALLEAU/AFP
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Le président de l'OL s'est interrogé à voix haute sur l'opportunité de poursuivre l'aventure européenne non pas en Ligue des champions mais en Ligue Europa.

LE DÉBAT

Mardi soir, l'Olympique lyonnais doit gagner sur la pelouse du Dinamo Zagreb s'il veut rester en course dans la qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. En revanche, un simple match nul enverrait l'OL en Ligue Europa.

Et cela ne déplairaît visiblement pas outre-mesure au président du club rhodanien qui, dans un entretien au Progrès lundi, s'est interrogé à voix haute : "N'est-ce pas mieux cette année de rester en Ligue Europa pour permettre au Parc OL de voir des matches ?". Disert, "JMA" a même ajouté : "On sait que c'est plus facile de faire une carrière en Europa League qu'en Ligue des champions. (…) Il faut faire le calcul entre le fait de jouer deux matches en Ligue des champions et en jouer quatre ou six en Ligue Europa (La "deuxième" Coupe d'Europe compte un tour à élimination directe de plus que la Ligue des champions, avec des seizièmes de finale avant les huitièmes, ndlr)." Disputer une compétition en se demandant s'il ne serait pas mieux d'en être éliminé, c'est étrange. Et cela a fait réagir le service des sports d'Europe 1.

"Oui, une réflexion contraire à l'esprit sportif"

Par Nicolas Rouyer

"À entendre Jean-Michel Aulas, on a le sentiment qu'il préfèrerait presque que son club soit éliminé de la Ligue des champions. Pour un homme qui a mené ce club neuf fois de suite en huitièmes de finale de la compétition, voilà qui fait fait un peu désordre. Alors oui, 'JMA' semble ouvrir le parapluie, avant une possible, voire probable, élimination dès la phase de groupes (la deuxième de suite) et se satisfaire par avance d'une qualification pour la Ligue Europa, ce qui n'avait pas été le cas l'an dernier. Mais quel message envoie-t-il à son club, à quelques heures d'un match à Zagreb qui reste malgré tout décisif ? On vous le donne ce message : si vous êtes éliminés, ce n'est pas si grave.

C'est le même raisonnemment qui conduit certains clubs français à minimiser des contre-performances en Ligue Europa. Avec de telles réflexions et un tel manque d'ambition, le football français en est toujours à deux victoires finales en 61 ans (l'OM en 1993 et le PSG en 1996)… Mais la réflexion de 'JMA' n'existerait pas si le règlement des deux Coupes d'Europe n'était pas aussi ridicule. Nous avons en effet aujourd'hui des clubs qui sont éliminés (parfois piteusement) d'une compétition (la Ligue des champions) et qui peuvent ensuite en gagner une autre (La Ligue Europa). Il est temps de mettre fin à cette anomalie qui donne lieu à un faux suspense et favorise les petits calculs mercantiles au détriment de l'esprit du sport."

"Non, c'est d'abord un habile exercice de communication"

Par Christophe Lamarre

"L’habileté de Jean-Michel Aulas en matière de communication n’est plus à démontrer, quitter à verser parfois dans l’outrance et dans la provocation. Au premier abord, on peut voir d'abord dans sa réflexion sur la participation à la Ligue Europa (qui n'est pas encore totalement acquise, d'ailleurs) une forme de pragmatisme. Avec quatre points en quatre journées, l’OL est mal embarqué dans cette Ligue des Champions et pourrait être éliminé dès la phase de groupes. Jean-Michel Aulas se dit donc : autant préparer la suite et caresser les actionnaires un brin chafouins dans le sens du poil.

Cette réflexion reste néanmoins curieuse de la part d’un dirigeant qui a toujours fait de la Ligue des Champions son objectif prioritaire. Le Parc OL a été construit dans cette optique, la réception de grands clubs européens garantissant un remplissage maximal. De fait, les recettes engendrées par la billetterie du club ont augmenté de 78% depuis l’inauguration du nouveau stade en janvier dernier. Deux matches au lieu d'un, d'accord. Encore faut-il se qualifier, d'ailleurs. Et est-ce que le public viendrait massivement pour se coltiner un 16ème de finale de Ligue Europa contre un club de second, voire de troisième rang ? Pas sûr…"