Benzema sur l'affaire de la sextape : "c’est un gros malentendu"

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Benzema sur l'affaire de la sextape : "c’est un gros malentendu"
@ MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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Le Monde a publié l’essentiel des déclarations de l’attaquant du Real Madrid recueillies par la juge de Versailles Nathalie Boutard. Le joueur doit s'exprimer sur TF1 mercredi.

"C'est un gros malentendu". Voilà, en un mot, l'avis de Karim Benzema sur l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena qui lui vaut d'être mise en examen. Le Monde a publié mercredi l’essentiel des déclarations de l’attaquant du Real Madrid, recueillies par la juge de Versailles Nathalie Boutard. Le joueur doit s'exprimer au 20h de TF1 mercredi, au sujet de sa mise en examen. La veille, Manuel Valls, sur Europe 1, avait laissé entendre que le joueur n'avait plus sa place en équipe de France.

"Un gros malentendu". Dans ce PV d'audition à la suite duquel Karim Benzema se verra notifier sa mise en examen, le joueur français assure avoir toujours voulu aider Mathieu Valbuena. Dès le début de son échange avec la juge Nathalie Boutard, il explique : "Je pense que c’est un gros malentendu, tout ça. Au départ, je voulais le mettre au courant d’une histoire qu’il y avait sur lui et l’aider. Parce qu’on m’a déjà fait ça, le même style de fait. C’est quelqu’un qui joue avec moi en équipe de France, c’est un pote".

La notion de "pote", évoquée par Karim Benzema, est rapidement mise en doute par la juge. "Vous qualifiez M. Valbuena de 'tarlouze', lui signale-t-elle. "Je suis énervé. Je me suis dit qu’il [Valbuena] était allé me dénoncer à la police, alors que j’étais allé le voir. Après, 'tarlouze', on peut le dire à tout le monde, à ses amis, à ses potes. Pour moi, pour la nouvelle génération, c’est amical", se défend Benzema. 

'Tarlouze', on peut le dire à tout le monde, à ses amis, à ses potes

La rencontre. Dans le document publié par le journal Le Monde, on apprend également comment Karim Benzema a eu connaissance de l’existence de la sextape : "J’étais à Madrid. J’étais à un déjeuner avec Karim Zenati. Une personne est venue me remettre un coussin Louis Vuitton et m’a parlé d’une vidéo sur Mathieu Valbuena". Cette personne a ensuite continué de déjeuner avec les deux hommes, ce qui ne manque pas d'étonner la juge Boutard : "Comment expliquez-vous qu’alors que vous êtes au restaurant à Madrid avec l’un de vos amis, quelqu’un vienne vous voir avec un cadeau et vous parle de quelque chose d’étrange ? Comment en venez-vous à l’inviter à votre table pour déjeuner ?" Karim Benzema se justifie alors en expliquant qu'il ne connait pas cette personne mais que son ami, Karim Zenati, oui.

Chantage-a-la-sextape-contre-Valbuena-que-sait-on-du-role-de-Benzema

"La vidéo, je ne l'ai pas vue". Karim Benzema est ensuite questionné sur sa discussion avec Mathieu Valbuena à Clairefontaine, lorsque le joueur du Real Madrid a évoqué la sextape avec lui. La juge Nathalie Boutard s'attarde notamment sur les affirmations de Karim Benzema concernant le contenu de la vidéo et ses éventuelles copies. "Comment pouvez-vous affirmer qu’il n’y en a qu’une (NDLR : vidéo), alors que la seule fois que vous entendez parler de cette vidéo, c’est un inconnu qui vous en parle ?", interroge la juge avant de lui demander s'il a vu la sextape. "Franchement, je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. La vidéo, je ne l’ai pas vue. Comme Karim (NDLR : Zenati) m’a dit que c’était une vidéo sérieuse, c’est ce que j’ai dit à Mathieu. Je me suis fait un film par rapport à ce que m’avait dit Karim, parce que je lui fais confiance et qu’il est mon meilleur ami".

Pour quelles motivations ? La juge s'intéresse alors sur les raisons de ce mensonge concernant la vidéo, pour pouvoir estimer le degré d'intervention de Karim Benzema dans l'affaire de chantage : "Est-ce vraiment un conseil d’ami de mentir sur l’existence d’une vidéo crédibilisant ainsi le chantage mis en œuvre ?" Le joueur se défend : "(...) Ce n’était que de l’aide, je n’avais rien d’autre derrière la tête, de chantage ou d’argent. De l’argent, j’en ai. Je n’en ai pas besoin. Karim non plus (...) Après, au téléphone, on a abusé, je m’en veux de parler de cette manière, parce que c’est pas bien".

Sur RTL, Alain Jakubowicz, avocat de Karim Benzema, a réagi à la publication de l'audition de son client par le journal Le Monde. "Je n'ai jamais vu cela, les bras m'en tombent, c'est absolument stupéfiant. Est-ce que vous réalisez qu'un procès verbal intégral, avec les questions et les réponses, est dans le journal ?", a-t-il constaté, affirmant que son client allait porter plainte pour "viol du secret de l'instruction".

Les réactions à l'affaire. Depuis l’interview de Mathieu Valbuena dans Le Monde où le joueur de Lyon accuse son coéquipier de l'avoir "indirectement" incité à payer, les déclarations s’enchaînent. Manuel Valls sur l’antenne d’Europe 1 mardi, a estimé : "S'il y avait un ministre mis en examen, il ne serait plus au gouvernement (...) D'une certaine manière, c'est pareil pour l'équipe de France". Toujours dans la matinale de Thomas Sotto mercredi, Nicolas Sarkozy a été plus prudent en indiquant qu'il ne trancherait pas cette question, invoquant la présomption d'innocence et l'état de droit. Le monde du sport a aussi réagi. Camille Lacourt en tête dès lundi en confiant : "Pour moi, il n'a plus sa place en Equipe de France (...) Il n'est pas apte à représenter la France". D'autres personnalités comme Djibril Cissé, l'ancien sélectionneur des Bleus Raymond Domenech ou encore l'oncle de Karim Benzema ont par ailleurs donné leurs avis sur la question.