Incidents à l'Euro : "ce n'est pas l'Etat français qui est responsable, c'est l'UEFA"

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Pour Patrick Mignon, l'UEFA n'a pas suffisamment poussé les pays à échanger leurs informations sur les supporters avant l'Euro.

INTERVIEW

Depuis le début de l'Euro de football en France, les violences autour et dans les stades ont été nombreuses. Après moins de deux semaines de compétition, un tiers des équipes engagées dans l'Euro sont sous le coup de sanctions engagées par l'UEFA. Invité de la matinale d'Europe 1 mardi, Patrick Mignon, sociologue du sport spécialisé dans l'environnement des stades et le hooliganisme, est revenu sur ce phénomène.

Une ampleur "inédite". De tels débordements sont "inédits", juge le sociologue du sport. "En proportion c'est tout à fait énorme, mais ça correspond à la nouvelle géographie du foot en Europe et notamment à la géographie des supporters radicaux", détaille-t-il. "Les supporters ont changé et notamment dans les pays de l'Est. Il y une dizaine d'années, ils n'existaient pas et désormais ils se sont structurés et sont présents parce qu'il y a des enjeux qui sont spécifiques dans leurs pays. Ils viennent à l'Euro parce que c'est une vitrine et un champ de bataille pour eux", explique Patrick Mignon.

Collaboration entre les pays. Alors que certains pointent des dysfonctionnements de l'Etat français dans l'organisation de la sécurité autour de l'Euro, Patrick Mignon pointe du doigt "la collaboration entre les pays". "Est-ce que les pays ont collaboré de manière honnête par rapport aux déplacements des supporters problématiques ?", s'interroge le spécialiste de l'environnement des stades et le hooliganisme. "Il existe des fichiers de recensement dans tous les pays. Il en existe en France, en Angleterre, en Allemagne, dans tous les pays, le problème est leur lien", poursuit-il. "Les polices collaborent entre elles pour l'information pour l'Euro, mais il est tout à fait possible que certains pays collaborent moins que d'autres. Je pense que, s'il y a des responsabilités, elle est dans le fait de ne pas avoir poussé les partenaires d'Europe de l'Est dans l'échange d'informations", avance-t-il. "Si vous prenez ce qui se passe dans les stades, ce n'est pas l'Etat français qui est responsable, c'est l'UEFA", conclut Patrick Mignon.