Griezmann, déception(s) finale(s)

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Griezmann, déception(s) finale(s)
@ AFP
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Le meilleur joueur de l’Euro 2016 a perdu deux finales en quelques semaines. Sa saison est remarquable mais vierge de tout trophée. 

Antoine Griezmann est un grand joueur, le meilleur même de l’Euro, selon l’UEFA, qui lui a octroyé cette distinction personnelle malgré la défaite en finale de la France, dimanche, face au Portugal (1-0). Mais à 25 ans, son palmarès au niveau collectif, lui, reste fin comme une feuille de papier à rouler : une Supercoupe d’Europe avec l’Atlético Madrid en 2014 et un titre de champion d’Europe des moins de 19 ans avec la France.

C'est faible.

Pourtant, cette saison, Grizi a eu l’occasion d’étoffer ce palmarès. Mais à chaque fois, il a échoué de très peu. Frustration, quand tu nous tiens.

L’année des occasions manquées. Avec l’Atlético, son club depuis 2014, Antoine Griezmann a tutoyé les sommets. Il a même frôlé un doublé historique. Leaders de la Liga pendant trois journées (de la 18eme à la 20eme), puis encore à égalité de points avec le FC Barcelone à deux matches du terme, les Colchoneros ont finalement terminé à la troisième place du championnat espagnol, à trois points du Barça et à deux points du Real Madrid. Rageant.

Et que dire de cette finale de la Ligue des champions, perdue le 28 mai dernier à Milan ? Face au rival madrilène, Griezmann et ses coéquipiers ne cèdent qu’aux tirs au but (1-1 à l’issue de 120 minutez de jeu). Pire, l’attaquant français rate un pénalty à la 47eme minute de jeu. Encore une occasion manquée.

Cette saison maudite pour Antoine Griezmann s’est conclue dimanche soir au Stade de France, par une défaite cruelle face au Portugal en finale de l’Euro (1-0 après prolongations). "A titre, personnel, c'est ma deuxième finale perdue en un mois... C'est chiant", a lâché "Grizi" au micro de M6 après la rencontre. Le mot est faible.

L’Euro inabouti. Et pourtant. Antoine Griezmann est monté en puissance tout au long de l’Euro. Fantomatique face à la Roumanie lors du match d’ouverture, puis de plus en plus convaincant, il a inscrit finalement six buts, ce qu’aucun joueur n’avait réussi depuis les 9 buts de Platini en 1984. Son doublé face à l’Allemagne en demi-finale, surtout, a marqué les esprits. Mais quand il s’est agi de donner le dernier coup de rein, il a failli, comme ses coéquipiers. Et pourtant, il les a eues pendant cette finale, les occasions. Par trois fois, dont deux fois de la tête, "Grizou" aurait pu réussir son coup. Mais le gardien portugais Rui Patricio et un brin de malchance ont été plus forts. Et c’est le regard hagard qu’il est allé chercher la médaille du finaliste, cette breloque qui ne console personne.

Pour le Ballon d’Or, c’est râpé. A titre personnel, Antoine Griezmann avait aussi un gros coup à jouer dans la course au Ballon d’or. Après la saison moyenne (pour ses standards) de Messi, et l’Euro en demi-teinte de Ronaldo, l’attaquant français pouvait marquer de gros points. Pour cela, il fallait réaliser une grande finale. Ça n’a pas été le cas. Grizi Ballon d’or, ce ne sera pas pour 2016.