Les premiers couacs de la CAN

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Les premiers couacs de la CAN
@ Francisco LEONG/AFP
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INSOLITE - La délégation du Congo a eu la surprise de débarquer dans un hôtel qui n'avait pas assez de chambres.

Le Congo a l'honneur d'ouvrir la Coupe d'Afrique des nations face à la Guinée équatoriale, samedi, à Bata, l'une des quatre villes hôtes de la compétition. Mais en arrivant dans la cité portuaire, le sélectionneur français du Congo, Claude Le Roy, a eu la surprise de constater que l'hôtel dans lequel était logée la délégation congolaise ne disposait pas d'assez de chambres. "C’est invraisemblable, inadmissible", s'est irrité Le Roy, cité par L'Equipe.fr. "C’est la première fois que je vois ça en huit participations à la CAN. On ne sait pas où certains vont dormir !"

La Confédération africaine (CAF) avait demandé, il y a peu, de réduire à 30 le nombre de personnes par délégation. La délégation congolaise était forte de 35 membres, dont 23 joueurs. Le sélectionneur du Congo a été fortement irrité par ce contre-temps, lui qui, dès mardi au micro de RFI, avait pointé du doigt les manquements dans l'organisation. "Dès hier (lundi), on a reçu un mail des organisateurs disant qu’il fallait revoir les programmes d’entraînement parce qu’un terrain était indisponible. Si un matin les terrains d’entraînement sont indisponibles, je crains le pire. En tout cas, je ne ferai aucun cadeau s’il y a de grosses fautes d’organisation. J’entends des gens très tolérants ou très laxistes dire 'il fait se mettre à la place des Equato-Guinéens'. Non ! Ils ont voulu l’organiser, qu’ils assument !"

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Une CAN organisée en deux mois. En effet, la Guinée équatoriale, 3e producteur de pétrole de l'Afrique subsaharienne, a remplacé au pied levé le Maroc, qui devait organiser la compétition mais qui a préféré se retirer en avançant des risques sanitaires liés au virus Ebola. Et la Guinée, petit pays de 28.000 km2 pour 720.000 habitants seulement, a accepté de remettre le couvert, trois ans seulement après avoir co-organisé l'épreuve avec le Gabon. "Quelles seront les conditions d'hébergement, d'entraînement ?", s'interrogeait la semaine passée le sélectionneur français du Sénégal, Alain Giresse. "Il y a une crainte, on part dans l'inconnu. Le pays a rendu un fier service à la CAF mais est-ce que ce sera possible de mettre tout en œuvre en si peu de temps ? Je ne sais pas, on va le découvrir."

La CAN va se tenir sur quatre sites, dont deux ont déjà accueilli la compétition en 2012 (Malabo et Bata). Les craintes se portent surtout sur les conditions d'accueil sur les deux autres sites, Mongomo et Ebebiyin. Mercredi dernier, le ministre équato-guinéen des Sports Francisco Pascual Eyegue Obama Asue s'était voulu rassurant : "l'hébergement à Ebibeyin et Mongomo est parfait et prêt, les hôtels et logements sociaux où seront aussi logés certaines équipes. Il n'y a aucun problème, nous pouvons recevoir n'importe quelle quantité de personnes pouvant venir". Visiblement, ce n'était pas le cas, mercredi soir, à Bata...

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Président Obiang (960x640)

© S.De Sakutin/AFP

Deux opposants politiques arrêtés. Par ailleurs, deux opposants politiques ont été arrêtés mercredi à Bata, capitale économique du pays. "Celestino Nvo Okenve a été arrêté à Bata par la police (...) mercredi parce qu'il distribuait des affiches et tee-shirts demandant à la population de ne pas aller dans les stades comme l'a demandé le président", a expliqué Fulgencio Ondo, chargé de communication du parti d'opposition Union populaire (UP). L'opposant affirme craindre une propagation du virus Ebola lors des matches de la CAN. Santiago Martin, militant du principal parti d'opposition Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), a également été arrêté mercredi. "Un proche du gouverneur de Bata l'a accusé d'organiser une manifestation pour le 17 janvier à l'ouverture de la CAN (...) Le commissaire de la police de Bata a décidé le détenir en cellule jusqu'à la fin de la CAN", a précisé le secrétaire général de la CPDS, Andrès Esono Ondo. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1979, le président Teodoro Obiang Nguema (photo), 72 ans, qui dirige le pays d'une main de fer, a été réélu en 2009 avec plus de 95% des voix.