Zlatan Ibrahimovic, le bon et la brute

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Zlatan Ibrahimovic, le bon et la brute
Il devrait passer la traditionnelle visite médicale mercredi matin, et être présenté à la presse dans l'après-midi.@ REUTERS
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PORTRAIT - Le nouveau joueur du PSG est aussi talentueux que (parfois) violent sur le terrain.

Dix ans après Ronaldinho, le PSG tient sa nouvelle star reconnue à l'échelle mondiale. Zlatan Ibrahimovic a trouvé un accord mardi soir avec Paris qui lui assure un salaire démentiel : autour de 14 millions d'euros net annuels... soit plus que le triple ballon d'or Lionel Messi, le génie madrilène Cristiano Ronaldo ou l'inoxydable Wayne Rooney. Il devrait passer la traditionnelle visite médicale mercredi matin et la nouvelle pépite devrait être présentée dans l'après-midi à la presse.

"Nous sommes tombés d'accord, l'affaire est faite : Zlatan Ibrahimovic est un de nos joueurs, il écrira l'histoire du Paris Saint-Germain", a déclaré le directeur sportif brésilien du PSG Leonardo, cité par le quotidien italien La Gazzetta dello Sport, sur son site internet.

Comme Ronaldinho, qui a (parfois) illuminé le Parc des Princes par son talent entre 2001 et 2003, le Suédois ne devrait pas passer inaperçu dans un Championnat de France où les stars mondiales se comptent sur les doigts d'une main.

8 titres de champion d'affilée

zlatan, juve, champion

© REUTERS

Zlatan Ibrahimovic, c'est d'abord un palmarès digne des très grands. Dans tous les clubs où il est passé, le buteur suédois a glané des titres. A l'Ajax Amsterdam, à la Juventus, à l'Inter Milan, à l'AC Milan, "Zlatan" les a empilés. Entre 2004 et 2011, il a remporté sept championnats d'affilée ! En revanche, la Ligue des Champions s'est toujours dérobée à lui, tout comme la Ligue Europa. Et il affiche un palmarès vierge avec sa sélection nationale. Des "erreurs" qui agacent prodigieusement un joueur autoproclamé meilleur du monde.

Partout où il est passé, l'attaquant d'1,94m a fait sa loi. Avec sa ceinture noire de taekwondo, son physique de déménageur et son caractère de cochon, Zlatan inspire la crainte chez ses coéquipiers autant que chez ses adversaires. On l'a vu, durant l'Euro polono-ukrainien, tenter des frappes de 30m dans des positions impossibles sans que personne dans son équipe n'y trouve à redire. C'est simple : Ibrahimovic fait ce qu'il veut, quand il veut, où il veut.

Side-kick, high kick

L'envie lui vient d'envoyer un coup de pied latéral à un jeune coéquipier en pleine séance d'entraînement à l'AC Milan ? Il s'exécute, avant d'aller plaisanter avec Ronaldinho. Le malheureux Rodney Strasser, étonné de cette attaque gratuite, ne bronche évidemment pas.

Le coup de pied sur Strasser :

Tout juste sacré champion d'Italie l'année dernière, Zlatan a une manière bien à lui de fêter le titre. Alors en pleine interview télé, Antonio Cassano reçoit un high-kick en pleine tête. En se retournant, il aperçoit Ibrahimovic, hilare, visiblement ravi de son effet. L'attaquant italien passera toute la soirée avec une poche de glace sur la tête... Humour viril.

Le high-kick sur Cassano :

A l'AC Milan, ces deux forfaits connus en cachent un autre, beaucoup moins ébruité. Une violente bagarre avec son coéquipier américain Oguchi Onyewu a été étouffée par le club en 2010. Le Suédois n'avait pas du tout apprécié un tacle trop viril du défenseur lors d'une séance d'entraînement. Une dizaine de personnes avaient dû intervenir pour séparer l'armoire à glace américaine d'1,95m et 91 kg et le non moins viril Zlatan, 1,92m et 84kg. Bilan : une côte cassée pour Ibrahimovic, qui assure dans son autobiographie que les deux hommes étaient en train de "s'entretuer".

ibrahimovic, suede

© REUTERS

Il peut marquer à tout moment

Si tout le monde laisse passer les excès du Suédois, c'est parce qu'en contrepartie, il claque des buts. L'artificier en chef de la sélection suédoise - dont le dernier, splendide, contre la France - opère aussi en club. Meilleur buteur de Serie A en 2009 (25 buts) et en 2012 (28 buts), Zlatan Ibrahimovic gamberge rarement. Sûr de sa force, il sait qu'il peut marquer à tout moment. Et les chiffres parlent pour lui. En treize ans de carrière, il a quasiment inscrit un but tous les deux matches, selon les statistiques compilées par national-football-teams.

Son but superbe contre la France à l'Euro :

Le flop à Barcelone

Jamais personne n'a osé remettre en cause le statut si particulier d'Ibrahimovic dans les clubs où il est passé. Personne sauf Josep Guardiola, l'entraîneur du FC Barcelone, club que le Suédois rejoint en 2009 pour se faire définitivement connaître du monde entier. Hélas, l'aventure tourne vite au drame. Dans ce club catalan où les ego sont savamment canalisés, Ibrahimovic ne se fond jamais dans le moule façonné par Guardiola. L'année qu'il passe au Barça finit en eau de boudin, et l'expression est faible.

ibrahimovic, guardiola

© REUTERS

Comble de la tension entre les deux hommes, le buteur avait même menacé son entraîneur de la frapper devant la presse. "Il le fera, il le fera", prophétisait à l'époque Mino Raiola, son agent.

Dans son autobiographie, sobrement intitulée Moi, Zlatan, il revient sur un moment particulier : une autre altercation avec Guardiola, cette fois à l'issue de la rencontre face à Villareal, quelques jours après l'élimination en Ligue des champions de Barcelone contre l'Inter Milan de José Mourinho. "J'étais vraiment énervé et Guardiola me regardait dans les yeux. Mon ennemi était juste là, je lui ai touché la tête : 'Tu n'as pas de c***, ai-je dit, tu t'es fait dessus devant Mourinho'", écrit-il. Il aurait ensuite bazardé un casier. "Guardiola n'a rien dit et ramassé les choses sur le sol", précise-t-il.

Messi-Xavi-Iniesta, trop "sages"

Le tempétueux suédois est également fortement agacé par le côté "premiers de la classe" du trident offensif barcelonais Messi-Xavi-Iniesta. Dans son autobiographie, il leur consacre quelques lignes, les jugeant "sages comme des bons élèves dans le vestiaire". Zlatan Ibrahimovic n'a jamais supporté durant cette saison n'être que le remplaçant de Lionel Messi.

Lors de son transfert à Milan l'année suivante, "Ibracadabra" avait réglé ses comptes avec son ex-coach, toujours dans son livre. "Je ne sais pas s'il a peur de moi. Il est le philosophe (sic) qui a brisé mon rêve d'être à Barcelone", avait-il dit.

La réponse du Barça sera à la hauteur de toutes ses attaques : le directeur général du club, Antoni Rossich, qualifie le transfert d'Ibrahimovic, acheté 50 millions d'euros + Samuel Eto'o, et revendu 24 millions à Milan, comme "plus mauvaise opération économique" de l'histoire du club. Cela ne devrait pas être le cas à Paris, qui l'attend comme le messie, et où il devrait être accueilli avec l'égard qu'il a pour lui-même.