Quevilly, la Coupe à cœur

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Quevilly, la Coupe à cœur
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COUPE DE FRANCE - Le petit club normand dispute une deuxième demi-finale en trois éditions.

Deux ans presque jour pour jour après avoir échoué d'un rien face au PSG (0-1), l'US Quevilly va de nouveau tenter de décrocher son billet pour le Stade de France, mercredi soir, face à Rennes, toujours au Stade Michel-d'Ornano, à Caen. Sur les trois dernières saisons, l'équipe normande est avec le club parisien celle qui a obtenu les meilleurs résultats en Coupe de France. Et ce n'est pas vraiment un hasard.

Un attachement historique. L'histoire d'amour de l'USQ, pour Union sportive quevillaise, avec la Coupe de France ne date pas de cette demi-finale face au PSG. Car Quevilly est déjà allé plus loin que les demies. C'était en 1927 et le club normand avait alors été battu en finale par l'OM (3-0), à Colombes. Près de 85 ans plus tard, l'USQ a fait chuter ce même OM en quarts de finale, le 20 mars dernier, pour s'offrir encore le dernier carré. Ce match homérique (3-2 a.p.) est venu ajouter un chapitre de plus à la légende de l'USQ, qui a déjà servi de base à un ouvrage que le président du club, Michel Mallet, remet solennellement à chaque arrivant. Dans ce livre, est notamment retracée l'épopée de 1968, quand Daniel Horlaville, la légende locale, et ses coéquipiers avaient atteint les demi-finales, après avoir éliminé Lyon en quarts de finale. Aujourd'hui, l'USQ n'espère qu'une chose : retrouver le club rhodanien, mais cette fois au Stade de France, le 28 avril prochain.

Quevilly élimine Lyon en 1968 :



Erding, buteur face à Quevilly (930x620)

© MAXPPP

Sérieux et décontraction. Face à Rennes, l'USQ va disputer la quatrième demi-finale de son histoire, après 1927, 1968 et 2010. Depuis la défaite face au PSG en 2010 (sur un but d'Erding, photo),  Quevilly est invaincu en Coupe, avec une série de 14 matches sans défaite. En 2011, le club normand avait seulement été éliminé par Martigues aux tirs au but, en seizièmes de finale. "Dès le début, on a un véritable engagement avec la Coupe", explique le président, Michel Mallet, dans les colonnes de France Football. "J'exige de l'entraîneur qu'il mette la meilleure équipe, quel que soit l'adversaire." De fait, les joueurs normands ne lâchent jamais rien dans la compétition. Le 11 décembre dernier, ils s'étaient arrachés dans les dernières minutes pour se qualifier dans le Nord, aux tirs au but, à Feignies, club de CFA2 (1-1, 3-0 aux tab). Cet engagement tranche avec le comportement parfois affiché en championnat, où l'équipe se traîne à une modeste 14e place... L'approche, sérieuse et impliquée, des matches de Coupe, se marie avec une belle décontraction à l'entraînement. "Ils sont détendus, en permanence, peut-être trop même", sourit Vincent, l'intendant du club, au micro d'Europe 1. "Ils ne se mettent pas la pression. Là, on est dans les mêmes dispositions que contre Marseille." On connaît la suite...

Quevilly se débarrasse de l'OM en 2011 :

Un groupe de qualité. Depuis la demi-finale face au PSG, l'US Quevilly a grimpé d'un échelon en championnat et n'évolue plus en CFA (4e niveau) mais en National (3e niveau), toujours au niveau amateur. Mais c'est à peu près la seule chose qui a changé, l'ossature de l'équipe-type étant restée la même. En effet, cinq des titulaires de mercredi étaient déjà là il y a deux ans face au PSG (Vanoukia, Weis, Beaugrard, Laup et Colinet). Parmi ces cadres, plusieurs sont passés par des centres de formation au sein des clubs professionnels, à l'instar de Cédric Vanoukia (à Rennes...) ou du capitaine Grégory Beaugrard. Ils y ont acquis un solide bagage technique et une bonne science du jeu. Mais, de l'aveu même de Frédéric Weis, qui, comme ses coéquipiers, brosse et nettoie lui-même ses équipements, il reste "plein de choses qui diffèrent" entre un club amateur comme Quevilly et les grosses écuries de Ligue 1. "C'est sûr que c'est un autre monde, chacun est à sa place mais après, sur le terrain, ce n'est pas la même chose." L'OM (2011), mais aussi Boulogne-sur-Mer (2010), qui ont tous les deux subi la loi de Quevilly en quarts de finale de la Coupe, peuvent en témoigner.

Quevilly domine Boulogne-sur-Mer en 2010 :

Régis Brouard, entraîneur de Quevilly (930x620)

© MAXPPP

Un entraîneur décidé. Pour réaliser un nouvel exploit, mercredi, Quevilly comptera à nouveau sur le talent de son coach, Régis Brouard, grande et belle gueule, qui, suspendu, sera privé de banc. "Ce qui m'intéresse, c'est qu'on reste dans notre cohérence de travail et de jeu et qu'on fasse tout simplement notre match", insiste-t-il sur Europe 1. "Après, le résultat, c'est autre chose (...) On a la chance de pouvoir le vivre une demi-finale une deuxième fois en deux ans (deux demi-finales en trois éditions ndlr). J'espère donc que les joueurs vont bien la saisir et qu'ils vont faire le nécessaire pour essayer de se qualifier, malgré l'opposition." Une opposition que Régis Brouard connaît bien puisque, le 9 février 2010, l'USQ avait éliminé le Stade Rennais en huitièmes de finale. Cette fois, ce ne serait pas un quart de finale derrière mais le Stade de France. "Si ça se présente, une finale..." Régis Brouard ne finit pas sa phrase.  Pour Le Petit-Quevilly, 20.000 habitants, ce serait tellement grand.