Qatar 2022 : soupçons de corruption sur le Mondial

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Qatar 2022 : soupçons de corruption sur le Mondial
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FOOTBALL - Un membre éminent de la Fifa aurait reçu plus d'un million d'euros du Qatar.

La Coupe du monde 2022 au Qatar n'en finit plus de susciter la polémique. Entre le sort réservé aux ouvriers sur les chantiers et les atermoiements sur la date de la compétition (été ou hiver ?), ce sont les soupçons de corruption qui ont remonté à la surface, mardi.

Un article du quotidien britannique The Telegraph explique ainsi, documents à l'appui, qu'un ancien vice-président de la Fifa ainsi que plusieurs membres de sa famille ont reçu près d'un million et demi de pots-de-vin pour favoriser la désignation du petit Emirati comme pays-hôte de la prestigieuse compétition sportive.

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© REUTERS

Jack Warner dans le viseur du FBI. La personnalité citée par le quotidien est Jack Warner, ancien président de la Concacaf, la fédération de football d'Amérique centrale et du Nord. Warner, qui fut l'un des 22 votants à l'attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 en décembre 2010, aurait personnellement reçu 860.000 euros, et son fils environ 540.000, juste après l'attribution du Mondial au Qatar, via Mohamed Bin Hammam, à l'époque président de la fédération asiatique et proche des organisateurs du Mondial. Un document révélé par The Telegraph montre que Jamad, l'une des sociétés de Warner, réclame à Kimco, une société de Bin Hammam, la somme de 1,43 million d'euros pour des travaux réalisés entre 2005 et 2010. Cette transaction, refusée par une banque des îles Caïman, s'était faite sous l'égide d'une banque new-yorkaise, ce qui aurait attiré l'attention du FBI, qui a ouvert une enquête sur les liens entre Warner et la candidature qatarienne.





"La Fifa n'a pas de commentaires à faire sur l'histoire publiée aujourd'hui (mardi) dans le Telegraph. Mais... Chaque preuve d'éventuelle manoeuvre frauduleuse peut être remise au comité d'éthique de la Fifa pour enquête plus approfondies."

Les deux dirigeants démissionnaires en 2011. Après s'être lancé dans la campagne présidentielle à la Fifa l'année suivante contre le dirigeant actuel Sepp Blatter, Bin Hammam a été reconnu coupable de corruption par le comité d'éthique de la fédération internationale, et suspendu à vie. Quant à Warner, il avait démissionné de son poste en juin 2011 après avoir été accusé de remise de pots-de-vin à des délégués des Caraïbes pour qu'ils votent pour... Bin Hamman.

Des soupçons en amont du vote. Six semaines avant le vote à Zurich, la désignation des pays hôtes des deux Coupes du monde avait déjà été au coeur d'une polémique. Deux dirigeants, convaincus de corruption passive, avaient été suspendus et le vote avait été effectué par 22 officiels et non 24. Une enquête menée a posteriori du vote en Angleterre avait établi que quatre dirigeants avaient négocié financièrement leur soutien au Qatar. Jack Warner était l'un d'entre eux. Il aurait ainsi évoqué la construction d'un centre d'éducation dans son pays, à Trinidad-et-Tobago, et l'achat des droits de retransmission de la Coupe du monde pour Haïti. Un porte-parole du comité d'organisation de Qatar 2022, cité par le journal, assure de son côté que "la candidature a scrupuleusement suivi le code éthique de la Fifa".

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