PSG-Monaco : un Real-Barça, vraiment ?

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PSG-Monaco : un Real-Barça, vraiment ?
@ Montage REUTERS
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LIGUE 1 - Le président de la Ligue a présenté PSG-Monaco comme un Real-Barça. Exagéré ?

Quand il s'agit de vendre son "produit", le championnat de France, le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, y va rarement par quatre chemins : alors, le PSG-Monaco de dimanche soir, il l'a présenté comme "notre Real-Barça à nous". Le dirigeant à la célèbre moustache a-t-il raison ? Un peu. Mais un peu seulement.

Cavani avec le PSG (930x620)

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LE SPORTIF :VRAI. C'est sur cet argument que la formule du président de la Ligue est la moins discutable. En effet, le choc de dimanche soir entre le PSG et Monaco oppose bien les deux grands favoris du championnat. Etant donné leur surface financière, ils devraient logiquement réduire à néant toute concurrence, comme le font chaque année le Real Madrid et le Barça en Espagne, même si l'OM entend jouer les trouble-fête avec son effectif très francophile. Vrai choc au sommet, puisqu'il oppose le premier au troisième, ce PSG-ASM va également réunir sur une même pelouse un nombre inédit de talents, à commencer par trois des meilleurs attaquants du monde : Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani et Radamel Falcao, soit le meilleur buteur de Ligue 1 en titre, le meilleur de Serie A et le troisième meilleur de Liga. "Ne manqueront sur le terrain que Cristiano Ronaldo et Messi !", a même lâché Thiriez. Oui, eux deux jouent encore, l'un au Real, l'autre au Barça.

Falcao face à Toulouse (930x620)

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LA SYMBOLIQUE :VRAI. PSG-Monaco, c'est aussi un choc de prestige que l'on peut aisément comparer avec un Real-Barça. D'un côté comme de l'autre, il y a le club de la capitale, celui qu'on adore détester (et parfois battre). De l'autre, il y a le club, un peu à part, qui revendique son indépendance, ici la Catalogne (Barça), de l'autre la Principauté de Monaco. Les deux clubs français sont devenus (en quelques saisons pour le PSG, en quelques matches pour Monaco) des curiosités que l'on vient voir dans tous les stades de l'Hexagone. "Lors de ses précédents déplacements à l'extérieur, Monaco joue à guichets fermés. Je pense que ça sera pareil tout au long de la saison", prédit encore Thiriez. Effectivement, l'ASM (2e) et le PSG (4e) figurent parmi les équipes les plus attractives si l'on jette un œil sur les taux de remplissage de Ligue 1. Mais si, à domicile, le PSG présente le meilleur taux de remplissage de Ligue 1, avec 93,2%, Monaco en est très loin avec seulement 61,9%... Ça, avec le Barça ou le Real, ce ne serait pas possible.

Bourillon face à Piquionne (930x620)

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L'HISTORIQUE :FAUX. Comme le président de la LFP le reconnaît lui-même, ce PSG-Monaco ne bénéficie pas de la même dimension historique qu'un Real-Barça. Le Clasico nourrit la légende du football espagnol depuis presque un siècle. Et entre le Real et le Barça, il ne s'agit pas d'une bisbille autour d'un régime fiscal - et encore, le PSG ne s'est jamais plaint de l'avantage dont bénéficie l'ASM - mais bien de culture et de politique (>> A LIRE : Real-Barça, les racines de la rivalité). A côté de la rivalité pouvoir central-régions du Clasico espagnol, le néo-Classique PSG-Monaco (ici, une rencontre en 2007 entre le Parisien Bourillon et le Monégasque Piquionne, photo) fait bien pâle figure. Et que dire des palmarès. D'un côté, nous avons 54 titres de champion national (32 pour le Real, 22 pour le Barça) contre 10 pour le duo tricolore (3 pour le PSG et 7 pour Monaco). Quant aux Coupes d'Europe, on n'en parle même pas : 22 pour les Espagnols (11 pour le Barça, 11 pour le Real), et seulement une pour les Français (PSG). Quant aux nombres de sélections des groupes pro que l'hebdomadaire France Football s'est amusé à dresser, il est sans appel : 1947 sélections pour le groupe pro du Barça et du Real contre 771 pour ceux du PSG et de Monaco...

Alex face à Toulouse (930x620)

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LE RETENTISSEMENT :FAUX. De fait, le retentissement d'un PSG-Monaco est incomparable avec celui d'un Barça-Real, regardé aux quatre coins de la planète. "Il y a cinq ans, le championnat était diffusé dans cinquante pays pour environ 7 millions de droits télé. Aujourd'hui, nous sommes présents dans soixante-quinze pays pour une trentaine de millions d'euros de droits", se félicite encore Frédéric Thiriez. Boosté par le duel entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, le clasico espagnol est quant à lui diffusé dans près de 150 pays sur les cinq continents. Le diffuseur de la Liga, Mediapro, a même émis l'idée d'une programmation à midi pour le prochain clasico, le 27 octobre prochain, pour plaire au marché asiatique. La Ligue 1 n'en est pas encore là, mais avec ce PSG-Monaco, elle tient à coup sûr un beau produit d'appel. Et peut-être d'avenir.