PSG : comment rêver plus grand ?

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PSG : comment rêver plus grand ?
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FOCUS - Le PSG, double champion de France en titre, a encore quelques progrès à faire.

Il reste encore deux matches à disputer mais l'heure du bilan a déjà sonné pour le PSG. Le club de la capitale a remporté trois des cinq compétitions dans lesquelles il était engagé : le Trophée des champions, la Coupe de la Ligue et la Ligue 1, signant un doublé Coupe-Championnat inédit dans l'histoire du club. Il est également en passe de battre le record de points jamais établi en Ligue 1, avec la meilleure attaque et la meilleure défense à la clé. Et, à l'inverse de l'an dernier, il a souvent séduit dans le jeu, grâce à la touche tactique apportée par Laurent Blanc, reconduit dans ses fonctions jeudi. Et pourtant, cette saison laisserait presque un goût d'inachevé. Pourquoi ? Comment ? Voilà les points que le PSG peut encore améliorer.

Ibrahimovic face à Hazard (930x620)

© Montage REUTERS

Renforcer l'effectif. Amélioré l'été dernier avec les arrivées d'Edinson Cavani et de Lucas Digne, toiletté cet hiver avec la signature de Yohan Cabaye, l'effectif du PSG a fière allure. Mais un problème, déjà prégnant en 2012-13, n'a pas été résolu : celui des couloirs. Aucun des ailiers patentés alignés cette année - Lavezzi, Lucas, Pastore et Ménez - n'a convaincu sur la durée : brouillons, pas assez décisifs ou les deux à la fois. Et s'il a bien occupé son côté droit, avec 16 buts en Ligue 1, un doublé en finale de la Coupe de la Ligue et une activité de tous les instants, Edinson Cavani a exprimé son mal-être à ne pas jouer dans l'axe, propriété de l'inamovible Zlatan Ibrahimovic. Sera-t-il prêt à effectuer une deuxième saison excentré dans le 4-3-3 de Blanc ? Rien n'est moins sûr.

Un échange avec Eden Hazard, en légère disgrâce à Chelsea, est dans l'air. Une chose est acquise : l'ancien joueur du Losc a le profil pour dynamiser une attaque en manque de constance et de réussite sur les côtés. Au milieu, l'arrivée d'un joueur capable d'allier puissance physique et réalisme devant le but ne serait pas superflue. Paul Pogba, français, jeune, plaît évidemment aux dirigeants qatariens. Mais la Juventus ne semble pas disposée à le laisser partir.

Michel Platini au micro d'Europe 1 (930x620)

© Europe 1

Dompter le fair-play financier. Après trois ans où il a dépensé sans compter (350 millions d'euros de transferts !), le PSG va devoir faire avec l'entrée en vigueur du fair-play financier, qui oblige les clubs européens à ne pas dépenser plus d'argent qu'il n'en génère. Dans le cas du PSG, c'est le contrat mirifique de 200 millions d'euros annuels passé avec la Qatar Tourism Authority (QTA) qui pose problème : c'est ici le "Qatar sponsor" qui apporte de l'argent au "Qatar propriétaire" (le PSG appartient au fonds souverain de l'Emirat) qui le dépense ensuite.

Pas "fair", dit l'UEFA de Michel Platini. Comme d'autres (Manchester City par exemple), le PSG devrait ainsi être sanctionné incessamment sous peu. De quelle façon ? L'Equipe a annoncé mardi un train de mesures : une amende de 60 millions d'euros sur trois ans, un encadrement de la masse salariale, la possibilité de ne recruter qu'une seule star à 60 millions d'euros et la limitation du nombre de joueurs inscrits en Ligue des champions (de 25 à 21).

Cette mesure est peut-être la plus contraignante sur le plan sportif car la règle qui oblige actuellement chaque club à inscrire huit joueurs formés localement resterait en vigueur. Cela ne ferait donc plus que 13 joueurs non issus du cru parisien. En ce qui concerne les sanctions financières, le PSG devrait pouvoir les compenser avec de nouveaux partenariats, qui se sont multipliés ces derniers mois (Hublot, Huawei, etc.) Mais s'il veut continuer à avancer, le PSG va néanmoins devoir davantage compter ses sous et peser ses choix.

Cavani avec Nasser (930x620)

© REUTERS

Structurer sa direction sportive. Comme cela avait déjà été le cas la saison dernière, avec le départ de Carlo Ancelotti après un long feuilleton, le PSG s'est offert un psychodrame avec la prolongation de contrat tardive de Laurent Blanc. Le président Nasser Al-Khelaïfi avait évoqué cette prolongation dès le quart de finale aller de la Ligue des champions. Mais un but du tibia de Demba Ba a bien failli tout faire basculer. Finalement, Blanc va rester. Le PSG a besoin de stabilité pour continuer à grandir.

Il pourrait également avoir besoin d'un homme fort en coulisses. Leonardo est parti et le Brésilien n'a pas été remplacé, ni dans sa communication parfois tapageuse (le président Nasser Al-Khelaïfi et l'entraîneur Laurent Blanc sont deux beaux spécimens de robinets d'eau tiède devant les micros) ni dans sa direction sportive, souvent pertinente (les recrues venues d'Italie l'ont été en bonne partie grâce à lui). Avec les contraintes du fair-play financier, le PSG a besoin d'idées, sur le terrain comme en dehors. L'an dernier, le nom de Paolo Maldini avait circulé. Et pourquoi pas Leonardo, le retour ? La suspension consécutive à son coup d'épaule à un arbitre s'achève en juin. Et, selon L'Equipe, "Leo" serait resté proche de certains joueurs.

Joueurs du PSG face à Rennes (930x620)

© REUTERS

Raviver la passion. Le PSG tout-puissant s'est-il déjà habitué à dominer ? Toujours est-il que le quatrième titre de champion de France du club de la capitale n'a pas donné lieu à une effervescence folle, mercredi soir. Certes, la qualité du match, assez médiocre, et la défaite concédée face à Rennes (2-1) avaient de quoi doucher le plus enthousiaste des 45.625 spectateurs. Mais voir le Parc à 80% vide alors que les joueurs fêtent le titre de champion sur la pelouse avait quelque chose de pathétique. Pourquoi ? Comment ? Porte d'Auteuil, on s'habitue au caviar (et maintenant au titre de champion) et les spectateurs comme les joueurs ne semblent déjà plus rêver que d'Europe.

Les associations qui assuraient l'animation de tribunes ont disparu et plus le temps passe, et plus l'hypothèse de retrouver ces groupes organisés et passionnés dans les virages du Parc devient de plus en plus illusoire. Les règlementations se durcissent, les prix s’élèvent. Les supporters historiques du PSG se détournent même de leur équipe, soutiennent le Paris FC, les jeunes, les féminines ou même Saint-Germain en Laye. "Pas de grand club sans grand public", disaient des stickers collés sur le chemin menant au Stade de France avant la finale de la Coupe de la Ligue. S'il n'entretient pas la passion, le PSG risque de laisser s'installer la routine. Sans doute pas le meilleur moyen d'atteindre le nirvana européen.

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