Pourquoi les Bleus doivent se qualifier

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Pourquoi les Bleus doivent se qualifier
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IMPERATIF - Les Bleus jouent leur place au Brésil. Voilà pourquoi c'est important.

L'info. Battue 2-0 lors du match aller au stade olympique de Kiev, vendredi, l'équipe de France est dans l'obligation de réaliser un exploit, mardi soir, pour espérer aller au Brésil. Voilà pourquoi ils n'ont pas vraiment le choix...


1. Pour vivre le Mondial brésilien à plein. Le Brésil est le pays du football. Et la dernière Coupe du monde au pays du football a eu lieu en 1950. Autant dire que ce n'était pas hier. Admettons qu'il faille attende le même nombre d'années après celle de 2014, cela voudrait dire que la prochaine aura lieu en 2078… Autant dire que pour les joueurs, ce Mondial brésilien est immanquable. Pour nous aussi, d'ailleurs.

Hazard avec a Belgique (930x620)

© REUTERS

2. Pour écarter les moqueries. L'Allemagne, l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie en Europe, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, le Ghana en Afrique, l'Argentine, la Colombie, l'Uruguay en Amérique du Sud, le Japon, la Corée du Sud en Asie. Toutes les grandes nations du football des cinq continents ont obtenu (ou quasi obtenu dans le cas du Ghana et de l'Uruguay) leur billet pour le Brésil. Toutes sauf une évidemment, la France. Pour ne pas s'entendre répéter pendant un mois l'été prochain que la Coupe du monde se tient au Brésil mais que la France n'y participe pas, les Bleus doivent se qualifier, mardi. Ça permettrait aussi d'éviter les moqueries venues de nos voisins (et amis) belges, dont la sélection, elle, sera au Brésil...

3. Parce que le football français en a bien besoin. Depuis trois ans, le football français semble être plongé dans une sorte de vortex dont il peine à sortir :  l'affaire Zahia, la grève de Knysna, le doigt sur la bouche de Nasri, mais aussi les piteux résultats cette saison des clubs français en Coupe d'Europe (PSG excepté), les mesures préventives contre les supporters ou bien encore la menace de grève contre la taxation à 75% des hauts revenus. Rien de tel qu'un exploit retentissant pour oublier (pendant un temps) tous ces soucis.

Les Bleus défient l'Uruguay, 930

4. Pour éviter deux ans et demi de mièvrerie. A moins qu'un Uruguay-France perdu en fin de saison ou un France-Australie en plein cœur de l'hiver ne vous passionne, les trois ans qui viennent risquent d'être longs. En effet, dans le cas où les Bleus n'iraient pas au Brésil l'été prochain, cela nous obligerait à subir une litanie de matches sans réel enjeu sportif pendant près plus de deux ans et demi - de novembre 2013 à juin 2016 - puisque la France - et c'est une bonne chose - est qualifiée d'office pour l'Euro 2016, en tant que pays organisateur. Vous me dites que c'était déjà le cas pour la Coupe du monde 1998 ? Oui, mais deux ans avant, les Bleus avaient disputé l'Euro, où ils avaient atteint les demi-finales…

Yarmolenko

5. Pour ne pas en prendre pour vingt ans. Vous avez vu la couverture du dernier Equipe Mag ? Oui, c'était Emil Kostadinov courant sur la pelouse du Parc des Princes, le 17 novembre 1993, après un sinistre France-Bulgarie (1-2) qui avait privé les Bleus de Coupe du monde aux Etats-Unis. Vingt ans après, on en parle encore. Alors, si on veut éviter la Une avec Andruy Yarmolenko paradant au Stade de France devant les supporters ukrainiens en novembre 2033, c'est ce soir. Sinon, on en prendra pour vingt ans.

6. Pour stopper les hurlements de la meute. Il n'a pas fallu attendre longtemps avant de les entendre. Vous savez, ces critiques venues de tous bords (notamment politiques) pour stigmatiser la perte des valeurs, l'argent corrupteur ou le manque d'éducation des footballeurs. Si jamais il y a élimination, il y aura déferlement. Et ça risque de ne pas être agréable à entendre pour ceux qui aiment le football et le font vivre au quotidien en France.

7. Pour réaliser le 10 à la suite. Mondial 1998, 2002, 2006 et 2010, Euro 1996, 2000, 2004, 2008 et 2012. Tous ces tournois n'ont pas été des réussites pour les Bleus. Mais, au moins, ils ont participé à chaque. Et vous voudriez que cette série s'arrête à neuf à la veille d'une Coupe du monde au Brésil. Impossible.

Franck Ribéry avec le Bayern (930x620)

© REUTERS

8. Pour ne pas avoir un Ballon d'Or "au rabais". Avec la saison exemplaire qu'il a réussie avec le Bayern Munich (triplé Championnat-Coupe-Ligue des champions), Franck Ribéry a de bonnes chances de devancer Lionel Messi et Cristiano Ronaldo au classement du Fifa Ballon d'Or. Même en cas d'élimination, mardi, en barrages. Oui, car les votes ont été arrêtés le 15 novembre dernier. Ce qui veut dire qu'on pourrait avoir le meilleur joueur du monde (ou en tout cas de l'année) privé de la plus grande des compétitions. Franchement, ça ne ferait pas très sérieux.

9. Parce que, sinon, on fera comment à la machine à café ? La dernière Coupe du monde, en Afrique du Sud, a beau ne pas avoir été une réussite sportive, elle a au moins fait couler de l'encre, de la salive et du café à la machine. Si les Bleus n'y sont pas, qui va parler du dispositif tactique du Honduras ou des espoirs de l'Australie (oui, cette équipe que l'équipe de France a étrillée 6-0 le mois dernier) ? Oui, personne.

Deschamps contre l'Ukraine (930x620)

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10. Parce que se posera (encore) la question de la reconstruction. Le contrat de Didier Deschamps se termine en juin 2014. Que faire en cas d'élimination, mardi soir ? Le laisser aller au bout de son contrat ? Le laisser travailler jusqu'à l'Euro 2016, organisé par la France ? Le limoger ? Et Deschamps, lui, aura-t-il envie de continuer en cas de non-participation à la Coupe du monde ? Rien n'est moins sûr. Et s'il devait partir, qui prendrait la main ? Blanc est déjà passé par là. Ne serait-ce pas trop tôt pour Zidane ? Pour éviter de se prendre la tête avec toutes ces questions, il n'y a maintenant plus qu'à répondre sur le terrain.

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