OM-Montpellier : les dés sont-ils pipés ?

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OM-Montpellier : les dés sont-ils pipés ?
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LIGUE 1 - Le match en retard de la 30e journée, mercredi, se dispute dans un drôle de contexte.

C'est une petite phrase glissée à la sortie des vestiaires du stade de La Mosson, samedi soir, qui n'a pas échappé aux caméras de Canal+. "Et puis, comme ce ne sont pas des suc... de Parisiens, ils vont nous laisser gagner les Marseillais", a déclaré dans un sourire l'inénarrable Louis Nicollin. D'un trait d'humour (gras), le président du MHSC a dit tout bas ce que tout le monde commence à penser tout haut : à savoir que le match en retard entre l'OM et Montpellier, reprogrammé ce mercredi à 18h00, au stade Vélodrome, tombe vraiment mal... pour le PSG, adversaire des Héraultais pour le titre.

Jérémy Ménez (930x620)

© MAXPPP

Le constat est simple. Largué dans la course à l'Europe (à 10 points de la cinquième place, qui, en l'état, lui garantirait la Ligue Europa), enlisé dans le ventre mou du championnat, l'OM n'a guère plus d'espoir de briller en championnat, alors que se profile la finale de la Coupe de la Ligue face à Lyon, samedi, qui, elle, offre un billet direct pour la C3. Interrogé quelques minutes seulement après la défaite des Phocéens dans le clasico, dimanche (2-1, photo), l'entraîneur de l'OM, Didier Deschamps, s'est agacé de devoir répondre à cette question et s'est contenté d'un "je gèrerai mon effectif en fonction des échéances".

Mardi, il a précisé : "en tant qu'entraîneur, c'est impossible que je prépare mon équipe en lui disant : "jouez le match mais ne le gagnez pas et encore moins, perdez-le". Je ne fonctionne pas comme ça." "DD" a également annoncé que Loïc Rémy et César Azpilicueta seraient ménagés. L'OM devrait donc se présenter au Vélodrome avec une équipe B, ce qui pose déjà quelques questions d'équité. Mais la polémique vient du fait que Montpellier est en compétition directe pour le titre avec le PSG, le rival national, à sept journées de la fin du championnat. L'ennemi de mon ennemi est-il mon ami ?

Le souvenir de PSG-Bordeaux

Interrogé sur cet épineux sujet mardi, le directeur sportif de l'OM, José Anigo, s'est fait le porte-voix du club sur om.net : "vous savez l'amour que j'ai pour le PSG... Maintenant, est-ce qu'on a le droit de lâcher ou de donner des matches ? Bien sûr que non. Ce n'est pas réalisable." Les arguments pour disputer cette rencontre à fond sont connus : emmagasiner de la confiance avant la finale de la Coupe de la Ligue, mettre fin à une série tristement historique de onze matches sans victoire assortis de dix défaites et peut-être aussi se mettre définitivement à l'abri du maintien (Lorient, premier relégable, n'est finalement qu'à 8 points de l'OM). Mais la réalité du moment se heurte aux douleurs du passé.

En effet, sur la Canebière, personne n'a oublié les circonstances dans lesquelles l'OM avait été privé du titre par Bordeaux en mai 1999 après une victoire (3-2) au Parc des Princes lors de la dernière journée. Les Girondins, encouragés par les supporters parisiens, s'étaient imposés (3-2) sur un but de Pascal Feindouno à la 89e minute. A l'heure actuelle, le Brésilien Adailton, qui avait égalisé à 2-2 pour le PSG, doit toujours se demander pourquoi il avait été copieusement sifflé quand il avait célébré son but... L'an dernier, le Parisien Francis Llacer avait confié sur RMC : "on n’était pas à 100 % motivé pour faire un résultat contre Bordeaux. Je n’étais pas le seul. (...) Etant vraiment frappé de l’empreinte du club (le PSG) et étant né à Paris, je voyais d’un meilleur œil le fait que le titre de champion aille aux Girondins de Bordeaux."

Bordeaux s'impose au Parc en mai 1999 :

Didier Deschamps, 930

© MAXPPP

José Anigo n'a pas oublié ("Mais il ne faut pas faire aux autres ce que l'on nous a fait", dit-il) et les supporters de l'OM non plus. Et depuis quelques jours, ils ne se cachent même plus : ils souhaitent une défaite de leur équipe. "On ne va pas faire les faux-culs (...). Ils ont intérêt à perdre. De toute façon, on va leur rappeler la marche à suivre : il y aura des banderoles "Laissez les gagner" dans les tribunes", annonce Michel Tonini, président des Yankees, dans le Journal du Dimanche. Les South Winners sont sur la même ligne : "pour que le PSG ne finisse pas champion cette année, donnons le maximum de possibilité à Montpellier. Que les joueurs restent à leur niveau et qu'ils prolongent cette série de mauvais résultats. Qu'ils ne leur prennent pas la subite envie de marquer et de gagner car, quoi qu'il arrive, ce ne sont que des marques-mal". Enfin, Christian Cataldo, boss des Dodger's, ironise dans le quotidien Le Parisien : "en 1999, le PSG nous avait arnaqués en perdant volontairement face à Bordeaux. Maintenant, ce serait bête d'avoir perdu dix matches d'affilée (dix défaites en onze matches ndlr) et de battre Montpellier. Mais ces abrutis de l'OM sont capables de le faire !"

Deux choses semblent acquises pour le match de mercredi soir. Les ultras de l'OM, qui étaient déjà en grève avant que leur équipe ne s'incline à nouveau deux fois de rang, à Munich puis à Paris, ne supporteront pas leur équipe. Il se pourrait même qu'ils encouragent ostensiblement l'adversaire, Montpellier. La deuxième chose est que le leader actuel du championnat est nettement favori de cette rencontre. Et on ne parle ici que de niveau de jeu...