Nom : Zidane, prénom : Enzo

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Nom : Zidane, prénom : Enzo
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REPORTAGE - Europe 1.fr a assisté à la rencontre des jeunes du Real Madrid, mardi, à Charléty.

Zidane sur la feuille (930x620)

© Nicolas ROUYER/E1

Le même regard déterminé, les mêmes gestes déliés, la même allure un peu dégingandée. Dès l'échauffement, qu'il a quitté dans les derniers, on se serait cru revenu 24 ans en arrière, quand la France découvrait un jeune joueur de 18 ans du nom de Zinédine Zidane. L’éloignement des tribunes du stade Charléty, séparées de la pelouse par une piste d'athlétisme, a aidé à nourrir ce mimétisme troublant. Oui, Enzo, le n°10 de l'équipe de moins de 19 ans du Real Madrid, qui disputait mardi les quarts de finale de la Youth League, l'équivalent de la Ligue des champions pour les équipes de jeunes, face au PSG (1-0 pour le real), est bien le fils de son père. Pourtant, son célèbre patronyme n'est pas floqué sur son maillot où n'apparaît que son prénom, Enzo. Le nom de Zidane n'a même pas été prononcé à l'entrée des équipes. Et pour cause, le joueur évolue au Real sous le nom de sa mère (Fernandez), d'origine espagnole.

Zidane père et fils (930x620)
Zidane en tribune (930x620)

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Aisance technique, limites physiques ? C'est donc Enzo, n°10 dans le dos - un numéro que, paradoxalement, son père n'a jamais porté au Real où il a joué avec le n°5 -, qui a pris place au poste de milieu axial dans un 4-2-3-1 qu'on aurait cru bâti pour lui. Un passement de jambes par ci (10e), un contrôle en porte-manteau par là (15e) font remonter à la surface de délicieux souvenirs. Oui, Enzo a la même gestuelle que son père (présent en tribunes mardi soir en sa qualité de père mais aussi d'entraîneur adjoint du Real), cette facilité déconcertante dans la transmission du ballon, comme le montre encore cette talonnade.



Zidane replace ses coéquipiers (930x620)

© Nicolas ROUYER/E1

"On sent qu'il a des qualités techniques et qu'il joue pour le collectif", a reconnu Laurent Bonadei, l'entraîneur des jeunes parisiens. Oui, Enzo joue comme Zinédine. Il décroche souvent pour venir chercher le cuir et semble montrer un attrait pour le côté gauche. Il n'hésite pas, non plus, à donner de la voix (photo) pour critiquer le mauvais placement de ses coéquipiers ou discuter certains décisions arbitrales, comme ce carton rouge sorti devant son coéquipier, Hector Martinez. Cette action de jeu a d'ailleurs écourté sa première sortie française...

"Un joueur comme un autre". Moins de dix minutes après ce carton rouge, son entraîneur, Luis Miguel Ramis, a décidé de le remplacer. "Enzo" est sorti sous les applaudissements du gros millier de spectateurs présents à Charléty, sans doute davantage respectueux du "fils de" qu'enthousiasmés par sa performance. Plus tard, en zone mixte, le coach espagnol dira d'Enzo : "c'est un joueur comme un autre". Sous-entendu, au sein du collectif. Et sur l'heure de jeu que le fils aîné de "Zizou" a passé à Charléty, on ne peut guère lui donner tort. Certes, sa technique est fine et ses choix souvent justes mais il donne parfois l'impression de jouer lentement, comme son père... mais à 40 ans.

Kingsley Coman (930x620)

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Loin du niveau de Coman. Par rapport à certains de ses coéquipiers, il a paru limité à la récupération et tendre dans les duels. Sur les phases offensives, il a rarement été cherché par ses coéquipiers. Le seul coup franc bien placé a été tiré par un défenseur et sa sortie prématurée a montré que son coach ne lui faisait pas forcément confiance pour conserver le ballon à dix contre onze. Et Enzo a également souffert de la comparaison avec le virevoltant ailier parisien Kingsley Coman, régulièrement appelé dans le groupe pro du PSG. Le joueur d'origine guinéenne a du feu et du talent dans les jambes. Lui prouve qu'à même pas 18 ans, on peut déjà évoluer avec les grands... Les deux joueurs pourraient se retrouver prochainement en équipe de France des moins de 19 ans, pour laquelle Enzo vient de participer à un stage. Invité à s'exprimer par les journalistes sur sa nouvelle notoriété, Zidane Junior, qui fêtera ses 19 printemps le 24 mars prochain, a soigneusement évité les micros : "merci, mais je ne peux pas." C'est peut-être difficile à accepter, mais oui, il y a des choses qu'un Zidane ne peut pas faire.
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