Matches truqués en L2 : écoutes accablantes et cadeaux suspects

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Matches truqués en L2 : écoutes accablantes et cadeaux suspects
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Le Canard enchaîné révèle mercredi des écoutes téléphoniques qui renforcent les soupçons autour du club de Nîmes.

Le club de Nîmes est dans la tourmente. Mercredi, le Canard enchaîné révèle des écoutes téléphoniques accablantes pour le club gardois. Une enquête des services central des courses et jeux (SSCJ) a été ouverte pour des soupçons de "corruption active et passive". Au cœur de l'affaire : plusieurs dirigeants nîmois qui auraient tenté d’arranger des rencontres pour rester en Ligue 2 la saison dernière. Au total, huit personnes sont en garde à vue dans cette affaire, dont le président du Nîmes Olympique Jean-Marc Conrad, celui de Caen (aujourd'hui en L1) Jean-François Fortin ou encore l'entraîneur de Dijon (L2) Olivier Dall'Oglio.

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Dijon-Nîmes : "ils lâchent le match".
Le 25 avril 2014, Nîmes est dans l’obligation de l’emporter contre Dijon dans la course au maintien. Serge Kasparian, actionnaire principal, est formel : "C’est sûr, ils lâchent le match". Michel Moulin, ancien dirigeant du PSG et proche du club nîmois, déclare avoir "fait passer le message" aux Dijonnais. Manque de chance, les Bourguignons ne l’entendent pas de cette oreille : Dijon l’emporte 5 à 1. Dépité, Serge Kasparian lâche : "Le 5, le 6 et le 2 de chez nous, ils ont été contactés, c’est pas possible. Ils ont joué à l’envers".

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Caen-Nîmes : conversation au sommet
Dernière journée de Ligue, 13 mai 2014. Caen n’a besoin que d’un petit point pour monter en Ligue 1 et s’ouvrir les portes du paradis. Nîmes, de son côté, doit obtenir le match nul également pour ne pas vivre l’enfer d’une descente en National. Les deux présidents, Jean-Marc Conrad de Nîmes, et Jean-François Fortin, de Caen, ont alors une conversation. Conrad dit alors à son homologue : "Dis-toi bien que le nouveau président de Nîmes, il n’est pas trop con. Il s’est même bonifié et a amené un cadeau pour tout le monde." Les deux équipes se sépareront sur le score de…1 à 1. A la fin du match, les dirigeants gardois auraient ainsi fait livrer 24 cartons de 12 bouteilles de vin au vestiaire caennais. De quoi satisfaire tout le monde, et particulièrement les Nîmois.

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Un nouveau match suspect : CA Bastia-Nîmes.
Le Canard Enchaîné révèle qu'un autre match est dans le viseur des enquêteurs. Le 11 avril 2014, la veille du match entre le CA Bastia et Nîmes, le président nîmois, Jean-Marc Conrad, aurait rencontré son homologue corse dans un hôtel. Le but de la réunion : convaincre les insulaires de lever le pied. Mais les négociations échouent. "C’est compliqué… Demain, il y a le maire de Bastia qui sera là, le président du conseil régional, c’est un nationaliste ! On a bien discuté… Mais ils ont eu des problèmes avec la brigade des jeux sur des paris", aurait avoué Jean-Marc Conrad. Le club nîmois était pourtant prêt à verser 50.000 euros au club corse, et la même somme pour les joueurs. Ce ne sera que partie remise.

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FFF et LFP se constituent partie civile. Face à ces soupçons de matchs truqués, la Ligue de football professionnel (LFP) et la Fédération française de football (FFF) se sont constituées partie civile mercredi. Les deux plus hautes instances du foot français ont effectué leur démarche auprès des juges parisiens Serge Tournaire et Hervé Robert, en charge du dossier.