Manchester City, le Barça de demain ?

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Manchester City, le Barça de demain ?
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MODÈLE - Les Citizens affrontent mardi le Barça en huitièmes de finale de la Ligue des champions.

C’est l’un des chocs de ces huitièmes de finale de la Ligue des champions. Les Anglais de Manchester City, l'un des outsiders pour le titre, défient le FC Barcelone. Depuis l’arrivée en 2008 du richissime émirati, le Cheikh Mansour, le club anglais tente à coup de millions de rattraper son retard, notamment en imitant le maître catalan. Dirigeants, joueurs, style de jeu, le Barça fait des émules sur les bords de la Mersey. Et si ça marchait ?

Ferran Soriano

© Reuters

Un exécutif aux accents catalans. Bénéficiant - à l’instar du PSG - de moyens financiers illimités, Manchester City et son propriétaire le Cheikh Mansour se sont donc tournés vers ce qui se faisait de mieux pour grandir sur la scène nationale et européenne : le FC Barcelone. Hormis peut-être le Bayern Munich, aucune autre équipe en Europe n’a fait mieux que les Blaugrana, vainqueur notamment de la Ligue des champions en 2006, 2009 et 2011, et de quatre titres de champion d’Espagne en cinq ans.

Pour ce faire, les Citizens n’y sont pas allés par quatre chemins, ils ont recruté au sein même du Barça. D’abord avec Ferran Soriano (à gauche sur la photo ci-dessus). Barcelonais pur jus, il a été entre 2002 et 2008 vice-président du club culé, et a été débauché par le club anglais en 2009.  "Il ne s’est pas uniquement occupé du Barça, c’est avant tout un businessman", confie au micro d'Europe 1 John Palfrey, journaliste spécialisé dans le football anglais. "Avec sa venue, Manchester City a une vision plus globale."

Dans son sillage,  c’est Txiki Begiristain qui débarque en 2012, au poste de directeur technique. Avec pour but, comme il le confiait récemment au quotidien britannique The Guardian, d’amener "le plus de jeunes de l’académie en équipe première". Deux arrivées qui posent avec sérénité les bases du futur Manchester City. "On peut oser la comparaison avec les Lakers qui avaient fait venir Phil Jackson, entraîneur des mythiques Chicago Bulls", analyse John Palfrey. "C’est plus facile si on a les joueurs, les techniciens et les systèmes."

Les millions… mais aussi la formation. Si Manchester City a dépensé plus d’un milliard d’euros depuis 2008 pour bâtir une équipe compétitive, la formation anglaise mise aussi sur son academy, à l’image de la Masia, centre de formation du FC Barcelone. Le club est en train de faire construire un complexe ultramoderne (qui verra le jour au cours de la saison 2014/2015) et n’hésite pas à aller dénicher les meilleurs jeunes du monde entier.  "On parle d’une enveloppe globale de 250 millions d’euros pour ce centre de formation de 80 hectares", estime John Palfrey. "Ils n’ont pas mis autant d’argent pour ne pas s’en servir. Ce sera à l’avenir l’un des moteurs du club." Un complexe qui fait des jaloux en Angleterre. Et même ailleurs...

"Le nouveau centre de formation et d'entraînement de Manchester City. Incroyable."

Pour l’heure, ce pari sur la jeunesse n’en est qu’à son stade embryonnaire, puisqu’aucun joueur issu du centre de formation ne figure dans le onze-type de City cette saison, quand le Barça peut se targuer d’aligner par moment une équipe 100% Masia. "Barcelone joue, des "minots" à l’équipe A, avec le même système tactique", rappelle Salim Baungally, consultant football anglais pour Europe 1. "A Manchester City, ça prendra plus de temps, les entraîneurs ont beaucoup changé, il y a moins de continuité." Mais  il ajoute : "avec la venue d’un joueur comme Patrick Vieira - ancien joueur du club - à la tête de l'équipe des moins de 19 ans, City veut aussi créer son propre ADN ".

Yaya Touré, symbole sur le terrain. Manchester City tente aussi de se rapprocher, dans le jeu, de son maître ibérique. Alors, bien sûr, on ne change pas un club adepte du dirty football (le "football sale") et du kick-and-rush (technique qui consiste à "balancer de longs ballons devant, en direction des attaquants, ndlr) depuis des décennies. Mais Manchester City a su évoluer grâce, en partie, à l’arrivée d’un joueur biberonné par le jeu barcelonais : Yaya Touré. "C’est le plus beau coup réalisé par City", s’enflamme Salim Baungally. "Grâce à lui, Manchester City joue comme un club espagnol, avec une grosse possession de balle, un jeu court et rapide."
Yaya Touré

Avec les arrivées successives de joueurs espagnols comme David Silva, Jesus Navas ou encore Alvaro Negredo, sans compter l’entraîneur Manuel Pellegrini qui a coaché Villarreal et le Real Madrid, Manchester City se tourne indéniablement vers la Péninsule ibérique. Mais les Citizens voient plus loin. "Ils ne veulent pas imiter le Barça, car quand ils arriveront à leur niveau, ils deviendront obsolètes", affirme John Palfrey. "Manchester City vise l’étape supérieure, ce sont de vrais stratèges. Ils sont en train d’imaginer, non pas le Barcelone de demain, mais ce que sera Barcelone dans trois ans."

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