Ligue 2 : une femme arbitre central

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Ligue 2 : une femme arbitre central
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PIONNIÈRE - Stéphanie Frappart va arbitrer vendredi son premier match de Ligue 2.

En ce début de saison, le Stade brestois accompagne les premières. Après avoir affronté Clermont et sa première femme entraîneure en Ligue 2, Corinne Diacre, lundi (2-1), le club breton va participer au premier match de ce niveau de compétition arbitré par une femme, vendredi, à Niort. Et l'heureuse élue s'appelle Stéphanie Frappart.

Après plusieurs années passées en tant qu'arbitre de la Fédération, elle a été évaluée comme apte à mériter sa promotion en Ligue 2", a expliqué au micro d'Europe 1 Pascal Garibian, le directeur technique de l'arbitrage français. "Ça récompense tous ses efforts. Je pense que c'est rafraîchissant pour le football et l'arbitrage français." Première femme à diriger une rencontre de National (troisième division), elle a été promue cette saison après avoir satisfait aux tests physiques auxquels sont soumis les arbitres, hommes et femmes confondus.

Stéphanie Frappart (930x1240)

"Plus de retenue dans le vocabulaire." "Nous allons l'aider en la désignant de manière progressive sur des matches de Ligue 2", souligne Pascal Garibian. "Il faut qu'elle prenne la mesure de ce championnat qui est bien supérieur au National." En mai dernier, au moment de sa promotion, la jeune arbitre de 30 ans avait insisté : "c'est une vraie joie d'être promue, une vraie fierté. C'est le signe d'une belle confiance de la part de la fédération et des instances de l'arbitrage. C'est un honneur d'arriver à ce niveau-là et d'être un peu une pionnière puisque c'est une première en France." En tant que femme, Stéphanie Frappart avoue être davantage préservée des grossièretés que ses homologues masculins. "Il y a peut-être un peu plus de retenue dans le vocabulaire", souligne-t-elle. "Mais les joueurs nous jugent aussi sur nos compétences. Il y a de la compétition et je sais que si je siffle à l'envers, je ne passerai pas au travers des critiques."

Ancienne footballeuse - elle a commencé à 11 ans -, Stéphanie a obtenu sa première licence d'arbitre en 1997. "Pendant quelques années, j'ai concilié l’arbitrage et mon parcours de joueuse", avoue-t-elle sur le site Tousarbitres.fr. "Après quelques années, j’ai dû choisir entre les deux car, à cette époque, le football féminin n’était pas très développé. J’ai choisi l’arbitrage, je pensais avoir plus de chance d’évoluer dans ce milieu." Après le National et la Ligue 2, peut-on envisager Stéphanie Frappart arbitre centrale en Ligue 1 ?

"Si Stéphanie ou d'autres, à l'avenir, réussissent à percer, c'est-à-dire être un athlète, un lecteur du jeu, et être complètement maître de ses émotions, ils peuvent réussir à évoluer au plus haut niveau", insiste Pascal Garibian. "C'est la performance arbitrale qui fera que nous aurons ou non un arbitre féminin en Ligue 1." Stéphanie Frappart sait qu'elle doit aujourd'hui faire ses preuves dans le monde pro. Et, comme tous les arbitres, en faisant parler d'elle le moins possible...

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