Le nouveau visage de la Ligue 1

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Le nouveau visage de la Ligue 1
Ibrahimovic s'est offert un bain de foule au Trocadero.@ REUTERS
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Svelte, obèse, ou carrément lifté, les clubs de Ligue 1 reprennent du service. Présentation. 

Tout le monde n'a que Londres et ses breloques olympiques à l'esprit. Et pourtant, à 20h45, la Ligue 1 fait sa rentrée des classes au stade de la Mosson, 83 jours très exactement après que Montpellier ait arraché un titre de champion de France promis au PSG.

Les hommes de "Loulou" Nicollin auront pour adversaire vendredi les Toulousains d'Alain Casanova. "Un match de merde", dixit l'entraîneur René Girard. Le ton est donné et la Ligue 1 peut redémarrer. Présentation de cette saison 2012-2013 au cours de laquelle le club parisien fait figure d'ogre.

LES DIVAS DU PODIUM

Lavezzi, Pastore et Ibrahimovic (930x620)

© Montage MAXPPP

Paris, le boursouflé. Bahebeck, Ceara, Ngoyi, Arnaud… Tous ces départs ne coûteront sûrement pas le titre au PSG en fin de saison. Le club parisien, déjà légèrement en surpoids, a recruté pour la bagatelle de 139 millions d'euros : Ibrahimovic (20 millions), Silva (42 M), Verratti (11 M), Lavezzi (26 M) et le petit dernier, Lucas Moura (40 M) qui n'arrivera qu'en janvier. Des emplettes au nom ronflant qui risquent bien d'attiser les querelles d'égo déjà entrevues avec les autres pensionnaires : Nene et Ménez en tête. Cela fait déjà dix-neuf ans que Paris n'a pas remporté la Ligue 1 et face aux collectifs lillois et montpelliérains, Carlo Ancelotti et ses "fiori classe" pourraient avoir du mal à lutter pour ce qui s'apparente comme la grosse crise de foie de la saison.

>> La dream team du PSG

Girard et Nicollin (930x620)

© MAXPPP

Le Montpellier lifté. Pour sa 21e saison en Ligue 1, quatre ans après une traversée du désert en L2, Loulou Nicollin va devoir se familiariser avec la "dolce vita" inhérente au statut de champion. Pour justifier son nouveau rang et s'installer dans le "big four" français, Montpellier s'est offert un lifting "Ligue des Champions" et démarre avec un budget rehaussé de 50%, autour de 60 millions d'euros. Avant de devenir propriétaire de son centre d'entraînement et de son outil de formation, racheté probablement en septembre à la mairie, Montpellier s'est offert le luxe de débourser 13 millions d'euros pour s'embellir. Dans la besace: le défenseur toulousain Daniel Congré, le milieu offensif niçois Anthony Mounier et deux attaquants : l'Angevin Gaétan Charbonnier et l'attaquant argentin, Emmanuel Herrera, auteur d'une préparation fracassante (5 buts). Il est chargé de faire oublier le canonnier Giroud et ses 21 buts parti chez les Gunners d'Arsenal.

Les 2 buts d'Herrera face à Kansas City :

kalou 930-1000

© Reuters

Un Lille sur son 31. Troisième du championnat écoulé, Lille a perdu sa "pépite belge" aux 20 buts et 15 passes décisives, Eden Hazard, relooké avec le maillot de Chelsea sur les épaules contre 40 millions d'euros. Cette perte sportive est énorme mais cet apport financier permet au club de se refaire une beauté. D'autant que le meilleur arrive pour le Losc qui a choisi de mettre ses habits de gala cette saison. Adieu le bon vieux Stadium Nord de Villeneuve-d'Ascq, et bonjour le Grand Stade avec ses 50.000 places et ses 300 millions d'euros dépensés. Le club a également profité de la manne du transfert d'Hazard pour construire une équipe compétitive sur le papier. Deux "mannequins" du football l'ont ainsi rejoint : Marvin Martin acheté à Sochaux contre plus de 10 millions d'euros, le plus gros transfert de l'histoire du club. Et l'autre gros coup de l'été : l'arrivée de Salomon Kalou en provenance de Chelsea. Avec tout ça, Lille peut assurément remporter la timbale.

LES JOKERS BEAUTÉ

baup casquette 930

© Reuters

Marseille met la casquette. Cette saison l'OM peut y croire. André-Pierre Gignac se remet à marquer face à Eskisehirspor et ils ont avec eux le meilleur entraîneur de France sacré…en 1999 : Elie Baup. La casquette et l'accent chantant de sa Haute-Garonne natale doivent redonner des couleurs à des Phocéens qui restent sur une saison difficile, achevée à la 10e place. Avec pour seule recrue jusqu'ici, l'ex-Nantais Florian Raspentino, l'OM n'a pas beaucoup changé depuis mai dernier. Conscient qu'il pourrait perdre certains "tauliers" d'ici la fin du mercato (Rémy et Mbia qui présentent la meilleure valeur marchande) et Diarra parti à West Ham, Baup a quand même de quoi faire bonne figure.

Lyon est plus svelte. Au régime après avoir attaqué une cure d'amaigrissement financière depuis un an, l'Olympique lyonnais reste ambitieux malgré un mercato atone et un effectif affaibli. S'il n'est pas encore au pain sec et à l'eau, l'OL, avec 140 millions d'euros de budget, doit encore dégraisser sa masse salariale alors que son chiffre d'affaires est en baisse (-6%) pour la cinquième année consécutive. Outre Källström et le Brésilien Ederson, autre gros salaire parti libre à la Lazio Rome, Jean-Michel Aulas avait déjà indiqué la porte à Cris, Michel Bastos, Aly Cissokho, les fameux "dinosaures et pharaons du vestiaire". Sans compter qu'Anthony Réveillère, 32 ans, n'a pas prolongé son contrat arrivant à terme en juin. Pour faire rêver les travées de Gerland et inquiéter les gros couturiers parisiens, Steed Malbranque, 32 ans, qui s'entraîne avec les Dogues, pourrait bien reprendre du service. Lisandro, le goleador argentin, est parti pour rester l'égérie de l'OL.

lyon

© Reuters

LES BELLES DAMES SUR LE RETOUR

Fauvergue:"On ne peut pas parler de montée"

Le Stade de Reims, version Piantoni, Kopa et Just Fontaine, affrontait le Real en finale de Ligue des champions… Ça, c'était en 1953 et 1956. Après 33 ans d'absence, le club retrouve l'élite du football français mais la belle Auguste-Delaune va devoir mettre son bleu de travail et batailler pour le maintien avec les deux autres promus. L'équipe champenoise a quelques beaux atouts à faire valoir. Alex et Thiago Silva n'ont qu'à bien se tenir, l'ex-Lillois Nicolas Fauvergue (13 buts en 101 matchs de Ligue 1), l'attaquant algérien Kamel Ghillas (14 buts l'an passé) et le milieu cap-verdien, Odaïr Fortes (2 buts la saison dernière) ne veulent pas faire le voyage en Ligue 1 pour rien.

L'Espérance sportive Troyes Aube Champagne, vainqueur de la Coupe Intertoto en 2001, devra faire comme les autres et dira en début de saison : "un point pris, c'est toujours bon pour le maintien". Avec 20 millions d'euros de budget, soit le prix d'achat de Zlatan Ibrahimovic, le stade de l'Aube aura du pain sur la planche. En recrutant Ngoyi, Bahebeck et Nivet, Jean-Marc Furlan entend bien rééditer l'exploit de 2005 lorsqu'il avait réussi à maintenir le club dans l'élite.

Un Bastia tout terrain

Bastia, l'ex-finaliste de la Coupe UEFA en 1978, fait son retour dans l'élite française après sept années d'absence. Pour son come-back, la Corse s'appuie sur des joueurs qui ont de la bouteille. Toifilou Maoulida, 33 ans et son CV qui tient sur deux pages (Marseille, Montpellier, Lens, Rennes, Monaco, etc.), Araujo Ilan, l'attaquant brésilien de 31 ans et la star de l'équipe, Jérôme Rothen, 34 ans. L'ancien joueur du PSG, qui a dû s'exiler pendant quelques années en Turquie (Ankaragücu) et en Écosse, a retrouvé des couleurs sous le soleil corse (meilleur joueur de L2 l'an passé) et pourrait faire pâlir d'envie les travées du Parc des Princes.

>> Le programme de la 1ère journée :

• Vendredi (20h45) :
Montpellier - Toulouse

• Samedi (21 heures) :
Evian/Thonon-Bordeaux
Nancy - Brest
Nice - AC Ajaccio
Paris SG - Lorient
Rennes - Lyon
Saint-Etienne - Lille
Troyes - Valenciennes
Sochaux - Bastia

• Dimanche (21 heures) :
Reims - Marseille