Le Mali sur une vague bleue

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Le Mali sur une vague bleue
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CAN 2012 - Le Mali, qualifié pour les demi-finales, dispose de 13 joueurs évoluant en France.

Qualifié in extremis pour la compétition, mené lors de son dernier match de poules, passé par l'épreuve des penalties en quarts, le Mali va disputer les demi-finales de la Coupe d'Afrique des nations, face à la Côte d'Ivoire, mercredi soir, après un parcours sur le fil du rasoir.

Cheikh Diabaté, joueur de Bordeaux (930x620)

© REUTERS

Ce ticket pour le dernier carré, une première depuis l'édition 2004, les Aigles le doivent à leur volonté mais aussi, un peu, au championnat de France. En effet, 13 des 23 joueurs du groupe exercent leurs talents dans l'Hexagone, ce qui constitue le plus gros contingent "français" de cette CAN 2012. L'équipe qui devrait débuter face à Drogba et son armada compte sept joueurs évoluant en Ligue 1 ou Ligue 2 : Drissa Diakité (Nice), Adama Tamboura (Metz), Samba Sow (Lens), Abdou Traoré (Bordeaux), Modibo Maïga (Sochaux), Samba Diakité et Bakaye Traoré (Nancy).

Un apprentissage du haut niveau en France

Les deux Nancéiens sont même nés en France, en Seine-Saint-Denis, tout comme l'attaquant de Guingamp Mustapha Yatabaré, originaire de Beauvais, dans l'Oise. A l'instar de Yatabaré, plusieurs joueurs des Aigles sont d'ailleurs passés par les centres de formation de l'Hexagone avant de se croiser chaque week-end lors des différents championnats.

Un gage d'homogénéité dans la qualité autant qu'une preuve du passé du pays, qui s'appelait Soudan français jusqu'à son indépendance en 1960. Parmi les cadres de cette équipe "made in France", seuls Cédric Kanté et Seydou Keyta évoluent "à l'étranger". Mais le défenseur du Panathinaïkos d'Athènes comme le milieu de terrain du FC Barcelone connaissent bien les pelouses de l'Hexagone, où ils ont joué pendant dix ans pour Kanté (Strasbourg, Istres, Valence et Nice) et huit pour Keita (Marseille, Lorient et Lens).

Giresse au poste de sélectionneur

Alain Giresse, sélectionneur du Mali (930x620)

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Pour encadrer cette nouvelle génération, orpheline de l'expérience de Mahamadou Diarra et Frédéric Kanouté, la fédération malienne a fait appel à l'été 2010 à Alain Giresse, qui a entraîné cinq ans en France avant de se spécialiser au poste de sélectionneur (Géorgie en 2004-05 puis Gabon entre 2006 et 2010). Aujourd'hui, celui qui fut champion d'Europe en 1984 avec les Bleus tente de transmettre son vécu des grands rendez-vous internationaux à ses joueurs. "Il apporte son expérience, celui d'un ancien grand joueur. Forcément, cela porte", explique Kanté.

Mais l'ancien défenseur niçois sait pertinemment que le match face à la Côte d'Ivoire constitue un défi très difficile. "On n'a plus rien à perdre et tout à gagner", a confié son sélectionneur avant d'affronter les Elephants qui ne se sont inclinés qu'à une seule reprise face au Mali, en... 21 confrontations (16 victoires pour la Côte d'Ivoire). La compétition et la vie loin du Mali n'empêchent pas les joueurs d'avoir un œil sur les troubles actuels dans le nord du pays. Dimanche, Seydou Keita a lancé un appel à l'arrêt des combats et reçu le soutien de son sélectionneur. "Ce serait simple et facile si les matches de football de l'équipe nationale avaient le pouvoir d'éliminer ces situations, c'est un vœu pieux, mais c'est une belle et noble chose qu'il a essayée de défendre." Mercredi, face à la Côte d'Ivoire, les Maliens de France joueront pour tout un pays.