Le Gazélec, l'autre club d'Ajaccio

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Le Gazélec, l'autre club d'Ajaccio
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COUPE DE FRANCE - Le "deuxième" club de la ville défie Lyon, mardi soir, en demi-finales.

Mardi soir, le Stade François-Coty sera à guichets fermés. Pas pour une affiche de Ligue 1 avec l'Athletic club d'Ajaccio, son habituel club résident, non, mais pour une rencontre du Gazélec, le deuxième club local. Pensionnaire du championnat National, l'équivalent de la troisième division, l'autre club d'Ajaccio affronte en demi-finales de la Coupe de France l'Olympique lyonnais. Et c'est tout Ajaccio qui s'apprête à vibrer à l'unisson des 13.000 spectateurs du stade. "En ville, on ne parle que du Gaz", confie l'entraîneur de l'équipe, Dominique Veilex, au micro d'Europe 1. "C'est marrant parce qu'il y a quand même un club qui est en Ligue 1, l'ACA, mais le club populaire de la ville, c'est le Gaz."

Cette popularité, "le Gaz" l'a acquise au fil d'une histoire mouvementée. Le Gazélec est né de la fusion en 1960 du FC Ajaccio, rival historique de l'ACA, et d'un club qui lui a donné son nom, le Gazélec Football Club d'Ajaccio, club monté par les agents EDF-GDF de l'île. Dès 1962, le Gaz devient le premier club corse à atteindre les 32es de finale de la Coupe de France. C'est le début d'une grande histoire avec la plus vieille des compétitions. En 1992, le GFCOA atteint les quarts de finale et ne tombe que sur l'AS Monaco d'Arsène Wenger, finaliste cette année-là de la Coupe des Coupes. Vingt ans après, le club atteint pour la première fois de son histoire les quarts de finale de la compétition.

Supporters du Gazélec d'Ajaccio (930x620)

© MAXPPP

Et ce rendez-vous avec l'histoire, les supporters n'ont pas envie de le manquer. Alors, quand la rumeur annonce que le président de l'OL, Jean-Michel Aulas, avait proposé de verser l'intégralité de la recette (800.000 euros) si jamais les Ajacciens avaient accepté de disputer le match à Lyon, le Gaz explose. "Mieux vaut un petit chez soi qu'un grand chez les autres !", tonne Félix Bonardi, l'un des supporters du Gazélec, dans le quotidien Corse-Matin. Christophe Graziani, autre fan historique du Gaz, insiste sur "la passion qui entoure ce club". "C'est un amour indéfectible, malgré les mauvais résultats, les rétrogradations, tous les petits problèmes avec la Fédération les années précédentes, la non-montée en Ligue 2 dans les années 1990", explique-t-il au micro d'Europe 1.

Le traumatisme de 1999

La non-montée en Ligue 2, en 1999, reste un traumatisme pour les fans rouge et bleu. Troisième du championnat de National, le Gazélec est cette année-là privé de Ligue 2 en raison de la présence à cet échelon supérieur de... l'AC Ajaccio ! En effet, un règlement de la Ligue de football professionnel (LFP) interdit à l'époque à une ville de moins de 100.000 habitants de compter deux clubs professionnels. Finalement, la Ligue 2 n'est jamais venue et le club a même été rétrogradé en championnat de France amateur par la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) en 2001.

Le Gazélec d'Ajaccio (930x620)

© MAXPPP

Arrivé aux commandes du club à l'été 2010, l'entraîneur actuel, Dominique Veilex, est en train de remettre le Gazélec sur la carte de France du foot. L'an dernier, le club est monté de la CFA au National avec un total de points record. Et, cette saison, il reste en course pour la montée en Ligue 2, dans la foulée d'un football corse en pleine réussite (Ajaccio en dehors de la zone rouge en Ligue 1, Bastia leader de Ligue 2). "Ce qui colle au Gaz, c'est le dépassement de soi, le dépassement de la fonction, cet honneur du maillot qui fait qu'à domicile, surtout, il y a cet honneur de rester invincible", insiste le coach ajaccien. "C'est pour cette raison qu'on est très attentifs aux joueurs qu'on recrute. Après, il y a la dynamique, comme dans tous les sports collectifs. Quand il y a une dynamique positive qui s'installe, souvent on renverse des montagnes."

Cette dynamique a déjà permis au "Gaz" de faire exploser plusieurs défenses de renom, cette saison, en Coupe : Troyes (Ligue 2), Toulouse mais aussi Montpellier le leader de Ligue 1. Mardi, à quelques heures d'affronter l'OL et ses internationaux, le Gazélec en appelle à l'union sacrée, loin des querelles de clocher. "Ce match n'est pas seulement celui du GFCOA, c'est celui de tout le football corse", insiste-t-il. "Pour cela, nous invitons tous les supporters de l'ACA et du Sporting à se joindre à nous." Vingt ans après le drame de Furiani, le Gazélec rêve en effet d’offrir à la Corse une finale de Coupe de France. Mardi soir, l'OL ne va pas affronter une équipe de National, mais toute une île.