La soirée cauchemar de l'OM

  • A
  • A
La soirée cauchemar de l'OM
@ REUTERS
Partagez sur :

LIGUE 1 - A Troyes, l'OM a perdu le match (1-0), André-Pierre Gignac et la tête du classement.

Il y a des soirs où tout va de travers. Dimanche soir, à Troyes, sur la pelouse de la lanterne rouge, l'OM s'est incliné 1-0. Mais il n'a pas simplement perdu qu'au tableau d'affichage.

21.10 Troyes Marseille. 930620

© REUTERS

La défaite face au dernier. L'Estac, qui n'avait pas gagné le moindre match depuis le début de la saison en Ligue 1, a bien fait les choses : elle a décroché sa première victoire de la saison face au leader, l'OM. Pour le club phocéen, il s'agit de la deuxième défaite consécutive en deux déplacements, après le lourd revers enregistré il y a trois semaines sur la pelouse de Valenciennes (4-1). Incapable de trouver la faille dans la défense auboise pourtant privée de plusieurs titulaires, l'OM a cédé en toute fin de rencontre sur un corner astucieusement conclu par le vétéran Benjamin Nivet, 35 ans (89e). "Face à une équipe qui a bien défendu, nous avons eu une grande possession de balle", a souligné le coach de l'OM, Elie Baup. "Mais le plus important est de réussir à transformer nos situations favorables, ce que nous ne sommes pas parvenus à faire, au contraire de Troyes, qui a deux occasions pour une barre transversale et un but." Les chiffres donnent raison au technicien à la casquette : son équipe a eu le ballon 59% du temps, a tiré 17 fois au but (contre 5 à Troyes) mais a surtout centré à 53 reprises (contre 16) ! Sans jamais faire trembler les filets.

Le "penalty oublié". Moins de dix minutes avant l'ouverture du score troyenne, l'OM aurait pu bénéficier d'un penalty sur une faute de Matthieu Saunier sur Loïc Rémy. Après avoir réussi son crochet extérieur, l'attaquant de l'OM a été touché au niveau de la cuisse par le genou de son adversaire. L'arbitre de la rencontre, Wilfried Bien, pourtant idéalement placé, n'a pas bronché. Pour le coach de l'OM, Elie Baup, il n'y a pas photo : la sanction suprême s'imposait. "On pourra toujours regretter le penalty oublié en notre faveur", a-t-il ainsi insisté à l'issue de la rencontre. Si la décision de l'arbitre sur cette action est discutable, elle ne l'est pas sur le but signalé hors-jeu du même Rémy à la 90e minute. L'attaquant olympien était bien en position illicite au moment où il trompa l'excellent Yohann Thuram-Ulien.

La perte de la première place. Conséquence directe de la défaite à Troyes, l'OM cède sa première place au PSG, vainqueur samedi de Reims (1-0). Le club de la capitale, qui possède la même nombre de points que son rival (19), le devance à la différence de buts (+10 contre +4). "Le classement n'était pas notre idée fixe, l'important c'est la série en cours et les matches qui arrivent", a convenu le milieu marseillais Benoît Cheyrou à l'issue de la rencontre. "La série en cours", elle n'est pas forcément glorieuse pour l'OM, qui a pris un point sur neuf possibles (deux défaites à l'extérieur et match nul face au PSG), après avoir entamé la saison par un Grand Chelem (six victoires en autant de matches). Quant à la "série en cours", elle a de quoi effrayer. Sur le mois qui vient, le club phocéen va en effet disputer pas moins de huit rencontres, avec une double confrontation face au Borussia Möchengladbach et la réception de Fenerbahçe en Ligue Europa, celles de Lyon et de Nice en Ligue 1, des déplacements à Ajaccio et à Bordeaux, et un nouveau classique contre le PSG, en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, mercredi prochain. Ouf !

André-Pierre Gignac à Troyes (930x620)

© MAXPPP

La blessure d'André-Pierre Gignac. Auteur de cinq buts depuis le début de la saison en Ligue 1, dont un doublé il y a deux semaines face au PSG, André-Pierre Gignac était la force motrice de l'attaque olympienne. Mais, à la 18e minute de jeu, dimanche, au stade de l'Aube, "APG" s'est sérieusement blessé au pied gauche. "Sur un appui, j'ai senti que ça avait pété, j'ai ressenti de suite la douleur, une lourdeur", a indiqué l'ancien Toulousain au micro d'Europe 1. "Je savais que c'était fracturé. Je me suis relevé de plein de choses, ce n'est pas ça qui va me faire abdiquer, on se donne rendez-vous dans pas longtemps." Baup a expliqué en conférence de presse que Gignac souffrait d'une fracture du cinquième métatarse du pied gauche. "APG" devrait donc être absent plusieurs semaines. Au plus mauvais moment pour l'OM.

Loïc Rémy à Troyes (930x620)

© REUTERS

Le manque de réussite des attaquants. Depuis le début de la saison, Gignac a marqué 5 des 12 buts de l'OM, soit près de 50%. En son absence, les autres attaquants vont devoir montrer autre chose que ce qu'ils ont montré dimanche soir, à commencer par le remplaçant désigné de Gignac à la pointe de l'attaque, Loïc Rémy. Malheureux dans ses choix, l'ancien Niçois, qui n'a toujours pas cadré la moindre frappe en L1 cette saison (0/10 !), a manqué une énorme occasion à la 57e minute de jeu en manquant sa tête à quatre mètres du but. Mais, en dehors de Mathieu Valbuena, toujours aussi virevoltant, c'est toute l'attaque de l'OM qui a déjoué, à l'image de Morgan Amalfitano, jamais dangereux, ou des frères Ayew, transparents. Il faudra faire mieux pour espérer relancer la belle mécanique initiale de l'OM, désormais enrayée.