Foot féminin : "seules les meilleures peuvent en vivre"

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Foot féminin : "seules les meilleures peuvent en vivre"
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INTERVIEW E1 - Gaëtane Thiney, l'attaquante vedette de l'équipe de France, évoque les écarts de salaire avec le foot masculin.

L'équipe de France féminine de football s'est qualifiée pour le Mondial 2015, qui aura lieu au Canada. Mercredi soir, les Françaises joueront leur dernier match de qualification, face à la Finlande. Parmi les joueuses vedettes des Bleues : Gaëtane Thiney. L'attaquante du club de Juvisy était l'invitée d'Europe1 mardi matin, et elle a évoqué les écarts de salaire avec le foot masculin. Gaëtane Thiney a expliqué que "les meilleures peuvent vivre du foot, mais pour les autres c'est plus compliqué. C'est sûr que ça ne permet pas d'assurer une après-carrière confortable, donc il faudra avoir un travail derrière".

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Une joueuse hyperactive. L'avant-centre de l'équipe de France, elle, a déjà un emploi. On pourrait penser que c'est une obligation, mais pas du tout. "C'est un choix personnel de travailler, en plus du foot", a-t-elle confié. Gaëtane Thiney partage en effet son temps entre son travail à la Fédération française de football et les entraînements avec son club. Celle qui a été meilleure joueuse de l'année la saison dernière a toujours refusé de passer professionnelle, malgré les sollicitations.



Thiney : "les meilleures vivent du foot, pour...par Europe1fr

De gros écarts. Alors qu'en France, les footballeurs professionnels gagnent en moyenne 45.000 euros bruts par mois en Ligue 1, le foot féminin est loin de ses chiffres. Gaëtane Thiney confirme : "Je crois que ça tourne dans les 4.000-5.000 euros par mois pour les professionnelles." Selon le site footballeuse.fr, une footballeuse pro, dans les gros clubs comme Lyon, Paris, Juvisy ou Montpellier, gagne aux alentours de 4.000 euros par mois. Mais de nombreux clubs de première division ne comptent que des joueuses amateurs et ne payent qu'en primes de matches. "Oui, l'écart est important, mais les enjeux économiques ne sont pas les mêmes. Les clubs n'ont pas les mêmes recettes", explique Gaëtane Thiney.

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Une réelle évolution. Pour l'attaquante de l'équipe de France, "il faudra comparer dans 40-50 ans, voir comment ça évolue". Mais d'ici là, le football féminin espère bien se développer. La joueuse de Juvisy ne s'inquiète pas et estime être "sur la bonne pente. La fédération nous aide beaucoup." Et avec les bons résultats des Bleues, demi-finalistes du dernier Mondial en 2011, la médiatisation est plus importante : "Aujourd'hui il y a des matches de première division qui passent à la télé, et les matches de l'équipe de France. Il y a vraiment des choses qui se structurent pour qu'on ait de plus en plus de joueuses qui évoluent." Une victoire en Coupe du Monde l'été prochain donnerait assurément un sacré coup d'accélérateur au développement du foot féminin.