Foot : l'équipe d'Espagne, le jour d'après

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Foot : l'équipe d'Espagne, le jour d'après
L'équipe d'Espagne espère renouer avec son passé.@ REUTERS
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LENDEMAINS DIFFICILES - La Roja, humiliée cet été au Mondial, entame un nouveau cycle.

La rédemption passe par un match amical contre la France, jeudi soir. L'Espagne, double championne d'Europe en titre et championne du monde en 2010, a été éliminée dès le premier tour de la Coupe du Monde au Brésil. Mais malgré ce naufrage, le navire espagnol n'a pas coulé. Porté par un championnat omnipotent, avec le Real Madrid vainqueur de la Ligue des champions et le FC Séville de la Ligue Europa, le football espagnol ne repart pas de zéro, loin de là. Interrogé par Europe1, l'ancien entraîneur du FC Nantes et de la Real Sociedad, Raynald Denoueix estime même que l'Espagne est "toujours une des trois ou quatre meilleures équipes d'Europe". Pour Omar Da Fonseca, consultant et spécialiste du football espagnol pour BeIn Sport, "la Roja a un niveau plus proche de l'Allemagne que de l'Italie ou de l'Angleterre. Il y a des grands joueurs qui sont habitués à gagner."

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Del Bosque, fidèle au poste. Malgré l'échec au Mondial, Vicente Del Bosque est toujours le sélectionneur de l'équipe d'Espagne. Vainqueur de la Coupe du Monde 2010 et de l'Euro 2012, l'ancien entraîneur du Real Madrid garde "le crédit de tous ses titres gagnés", selon Omar Da Fonseca. Raynald Denoueix est encore plus catégorique : "Il a prouvé qu'il pouvait maintenir le niveau de jeu de l'Espagne après l'Euro 2008. Donc je ne vois pas pourquoi il aurait perdu ses qualités. Il n'est pas à remettre en question." Avec un groupe de qualifications pour l'Euro 2016 très abordable, composé de l'Ukraine, de la Slovaquie, de la Biélorussie, de la Macédoine et du Luxembourg, Vicente Del Bosque devrait avoir du temps pour recomposer une équipe traumatisée par l'échec au Brésil.

Del Bosque, l'entraîneur espagnol, avec Casillas.

© REUTERS

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Une sélection rajeunie. N'allez pas croire que rien n'a changé en Espagne. Ce n'est pas le genre de la maison. Xavi Hernandez, le (déjà) mythique milieu du FC Barcelone, et son compère de l'entre jeu tout aussi génial, Xabi Alonso, ont annoncé leur retraite internationale après le Mondial. Pour le match amical contre la France, Vicente Del Bosque a donc procédé à un rajeunissement de son effectif. Le coach à la moustache a ainsi appelé les jeunes défenseurs Marc Bartra (23 ans), du FC Barcelone, et Dani Carvajal (22 ans) du Real Madrid. Le milieu offensif du Real Madrid, Isco (22 ans), a lui aussi été appelé malgré un faible temps de jeu avec les Merengue. Enfin, le prometteur attaquant du FC Valence, Pablo Alcacer (20 ans), aura l'occasion de marquer des points auprès de son sélectionneur.

Xavi, 930

Un style en évolution… La Coupe du Monde a été vécue comme un traumatisme en Espagne. Omar Da Fonseca explique : "Le Mondial a été une frustration totale. Mais en même temps, les Espagnols ont maintenant un argument pour se lancer dans d'autres variantes de jeu. Ils sont revenus à une espèce de réalité." L'ancien attaquant du PSG et de Monaco précise : "Ils vont peut-être essayer de mettre plus de poids, de physique dans leur jeu. Un joueur comme Itturaspe, le milieu de terrain de Bilbao, est costaud et très bon à la récupération. Raul Garcia et Diego Costa vont eux apporter de la taille, ce que l'Espagne n'avait pas avant." Mais, pour autant, n'imaginez pas que la Roja va se mettre à balancer de longs ballons sur ses attaquants.

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Un exemple de possession de balle avec l'équipe espagnole des moins de 21 ans :

…dans la continuité. L'Espagne, c'est un label, une marque déposée : un jeu de passes, de redoublements, de possession. Alors oui, le style de la Roja est devenu prévisible pour ses adversaires pendant la Coupe du Monde, comme en atteste son élimination au premier tour. Mais pour Raynald Denoueix, "les principes de jeu ne sont pas en cause. C'est qu'ils sont mal appliqués. Dans le pressing, les joueurs n'y étaient plus." Une analyse partagée par Omar Da Fonseca : "Ils ne vont pas changer toute leur manière de jeu. Ils produisent toujours des joueurs très techniques, même dans les petites équipes. En Espagne, la notion de spectacle est très importante." Espérons que la Roja ne fasse pas son show jeudi soir au Stade de France, face aux Bleus.