Evra : une plaie avant les barrages ?

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Evra : une plaie avant les barrages ?
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EQUIPE DE FRANCE - La sortie d'Evra, dimanche, est-elle à même de perturber les Bleus ?

evra, telefoot

© Capture TF1

Trois victoires consécutives, treize buts marqués, un moral à la hausse avant la délicate mission des barrages : c'était trop beau. Le paysage, apaisé sans être idyllique, de l'équipe de France ces derniers jours a été balayé dimanche matin par les déclarations de Patrice Evra dans l'émission "Téléfoot". Ce n'est pas tant les critiques virulentes adressées avec dédain par le latéral des Bleus à quatre consultants vedettes de la radio et de la télévision (Luis Fernandez, Bixente Lizarazu, Rolland Courbis et Pierre Ménès) que le timing de celles-ci qui interpellent.

En effet, Evra a tenu ses propos au soir de France-Finlande (3-0), mardi soir, à moins d'une semaine du tirage au sort de barrages qui doivent décider de la qualification des Bleus pour la Coupe du monde, l'an prochain, au Brésil. De fait, dans une étonnante mise en page, aussi amusante que mordante, le quotidien L'Equipe s'interroge en Une sur le prochain adversaire des Bleus, qui sera connu lundi, avec les drapeaux des quatre rivaux potentiels - Portugal, Croatie, Grèce et Ukraine  - et, sur le drapeau tricolore, la tête de... Patrice Evra.



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© REUTERS

L'éditorial du journaliste Vincent Duluc confirme la prise de position du quotidien : "à un mois des barrages, un joueur qui n'a pas laissé d'autre trace bleue que celle de capitaine de l'équipe de la grève, de chef de la chorale du bus et de grand représentant du FC Tout Pour Ma Gueule, a montré clairement ce qui était le plus important pour lui, de son stupide orgueil ou du projet collectif. Et ce n'est pas le projet collectif." Directement visé par Evra, Pierre Ménès, qui a réagi sur son compte Twitter, s'est dit "effaré par cette sortie médiatique à ce moment-là". "Quel timing désastreux pour lui et pour l'équipe de France", estime le journaliste de Canal+. Interrogé par Europe 1, l'ancien entraîneur de l'OM et actuel consultant sur RMC, Rolland Courbis, est sur la même longueur d'ondes : "qu'il puisse régler ses comptes trois semaines avant un match de barrages, je ne vois rien d'intéressant ni de positif mais je ne peux pas me mettre ni dans la tête ni dans le cerveau d'Evra, heureusement".

"On ne doit pas parler d'autre chose que des barrages"

Guy Roux, qui a déjà eu de fortes personnalités sous sa responsabilité lors de sa carrière, avance une explication à cette sortie qui, visiblement, n'avait rien de préméditée. "La vase a débordé, il s'est senti un peu allégé parce qu'il venait de sortir de deux belles victoires", estime le consultant Europe 1. "Il a pris un peu le leadership avec Ribéry dans l'équipe actuelle. Il aurait pu se dispenser, ce n'était pas le moment. Il y a le tirage au sort des barrages et tout le monde doit être tourné vers les barrages et on ne doit pas parler d'autre chose."

Didier Deschamps sur le site de la FFF (930x620)

© Capture d'écran fff.fr

En fin d'après-midi dimanche, la Fédération française de football (FFF) et le sélectionneur Didier Deschamps ont réagi sur le site officiel de la 3F via un communiqué : "suite aux propos tenus par Patrice Evra dans le cadre d'une interview accordée à Téléfoot dans le prolongement du match France-Finlande, le Président Noël Le Graët et le sélectionneur Didier Deschamps, après avoir noté qu'aucune attaque n'avait été formulée à l'encontre de la FFF, de l'Equipe de France, de son sélectionneur et de ses joueurs, ont décidé de demander à Patrice Evra de venir s'expliquer sur certaines déclarations visant des consultants de l'audiovisuel".

Ce communiqué, à la drôle de saveur, ouvre déjà la porte à une absolution d'Evra, qui avait été suspendu cinq matches suite à l'épisode de Knysna : "après avoir noté qu'aucune attaque n'avait été formulée à l'encontre de la FFF, de l'Equipe de France, de son sélectionneur et de ses joueurs", est-il clairement écrit... S'il a "regretté" les propos d'Evra, qu'il a eu comme joueur à l'AS Monaco lorsqu'il en était l'entraîneur, Deschamps, invité du Canal football club, sur Canal+, a d'abord réduit cette sortie à un "problème de personnes".

Evra avec Deschamps (930x620)

© REUTERS


Si Evra a des "problèmes de personnes" avec les consultants, Deschamps, lui, a un problème de latéral gauche. Sans être génial, le joueur de Manchester United a plutôt bien "fait le boulot" contre l'Australie et la Finlande, à un poste où la concurrence est fortement réduite chez les Bleus. Testés par Deschamps, Benoît Trémoulinas (Dynamo Kiev) ou Jérémy Mathieu (Valence) n'ont pas convaincus et Lucas Digne dispose d'un temps de jeu trop réduit avec le PSG pour prétendre à une place de titulaire. A moins d'un mois des barrages, les 15 et 19 novembre prochains, le sélectionneur n'a pas d'alternative solide pour remplacer Evra, redevenu un "cadre" des Bleus (et bien dans le cadre, voir la photo ci-dessus) et visiblement une voix qui porte, si l'on en croit son "coup de gueule" dans le vestiaire à la mi-temps du match en Biélorussie, en septembre dernier (4-2). Ceci explique sans doute la réserve du sélectionneur et peut-être aussi la confiance affichée par Evra, pas tant sur le terrain qu'au micro...