Et si les Bleus gagnaient en Espagne ?

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Et si les Bleus gagnaient en Espagne ?
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COUPE DU MONDE - L'équipe de France défie les doubles champions d'Europe en titre, mardi.

Depuis le 30 juillet 2011 et le tirage au sort des groupes éliminatoires de la Coupe du monde 2014, la chose est entendue : les Bleus termineront deuxièmes du Groupe I derrière l'Espagne et disputeront les barrages pour décrocher leur billet pour le Brésil. Les événements plus ou moins récents (la défaite face à la Roja en quarts de l'Euro, le revers face au Japon de vendredi dernier) n'ont fait que renforcer cette tendance. Tous les indicateurs sont donc au rouge. Et pourtant, les Bleus n'ont pas encore perdu. Voici la méthode pour défier l'inexorable.

Franck Ribéry (930x620)

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1. VOULOIR. Championne du monde et double championne d'Europe en titre, 46 victoires sur ses 52 derniers matches officiels, 24 victoires d'affilée en matches de qualification... N'en jetez plus, l'Espagne actuelle est peut-être la meilleure équipe nationale de tous les temps. Alors, pour espérer l'emporter, il faudra être fort, sur le terrain d'accord, mais d'abord dans les têtes. Franck Ribéry a montré le chemin la semaine dernière. "L'Espagne est composée de très grands joueurs. Mais on est quand même l'équipe de France", a déclaré le joueur du Bayern Munich. "On dirait qu'on va là-bas prendre une valise. J'espère que non. On va tout faire pour l'éviter. Il faut y aller avec la mentalité de gagner la rencontre." Ribéry, qui a joint les gestes à la parole en signant une entrée remarquée face au Japon, n'est pas le seul à tenir ce discours volontariste. Le défenseur central d'Arsenal Laurent Koscielny, qui, à la différence de Ribéry, n'a pas connu la dernière victoire face à l'Espagne, en huitièmes de finale du Mondial 2006 (3-1), le rejoint sur ce point. "L'envie qu'on peut donner sur le terrain est importante", a souligné l'ancien Lorientais. "Si tout le monde fait les efforts contre l'Espagne, on peut rivaliser. Pour défendre contre eux, il faut le faire en bloc. Et devant, les joueurs doivent prendre leurs responsabilités et se lâcher." A priori, on ne devrait donc pas revivre le non-match du 23 juin dernier.

Hugo Lloris (930x620)

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2. TENIR. 115 buts en 52 matches, soit 2,2 buts par match. Depuis sa campagne de qualification à l'Euro 2008, l'attaque espagnole tourne à plein régime. Une attaque dépourvue de pur... attaquant. Car depuis le dernier Euro, Vicente del Bosque se permet le luxe d'évoluer sans avant-centre de métier. Vendredi, en Biélorussie, il a laissé le revenant David Villa sur le banc et c'est une nouvelle fois Cesc Fabregas qui a débuté au sommet du 4-3-3, avec sur les côtés Andres Iniesta et Pedro, auteur d'un triplé. Pour espérer ébranler le bel édifice espagnol, qui fait la part belle aux techniciens et au jeu dans les petits espaces, deux options sont possibles. La première consiste à vouloir faire aussi bien qu'eux. Les Bleus n'en ont sans doute pas les moyens actuellement, en raison d'un manque de talents et de vécu collectif. La deuxième option est la plus recommandable : défendre. Et si possible assez bas pour éviter de laisser des espaces dans le dos des lignes arrières, ce dont se régalent des joueurs comme Iniesta ou David Silva. C'est cette stratégie qu'avait adoptée Laurent Blanc lors du dernier Euro en titularisant notamment Mathieu Debuchy en ailier droit. Problème : les digues avaient sauté dès la 19e minute. Et quand l'Espagne mène, c'est d'autant plus difficile de la contrarier, surtout dans des matches à enjeu comme le sera cet Espagne-France. Ainsi, sur les dix derniers matches de phase finale, Euros et Mondial confondus, la Roja n'a pas encaissé le moindre but...

Olivier Giroud (930x620)

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3. MARQUER. Autant le dire tout de suite, un match nul 0-0 au stade Vicente-Calderon, mardi, serait un bon résultat. Mais, comme on ne jurerait pas que l'Espagne ne trouvera pas le chemin des filets, autant penser aussi à marquer. Et c'est là que ça se complique (encore plus). Il y a d'abord l'adversaire, qui ne nous réussit pas, ou plus. Sur les trois dernières rencontres, entre l'Espagne et la France, les Bleus ont ainsi encaissé cinq buts et n'en ont marqué aucun pour trois défaites logiques (0-1 en amical en 2008, 0-2 en amical en 2010 et 0-2 à l'Euro 2012). Et depuis le match face à la Suède à l'Euro, ce n'est pas l'orgie offensive chez les Bleus : 4 buts en 6 matches. Quant à l'avant-centre titulaire, qui est aussi la principale arme offensive, Karim Benzema, il n'a plus marqué depuis huit matches. Les Bleus ne marquent plus, donc, et surtout, ils ont une fâcheuse tendance à gâcher, comme ce fut encore le cas contre le Japon, vendredi. "Je ne pense pas qu'on aura autant d'occasions contre l'Espagne", a d'ailleurs souligné Didier Deschamps. "Il faudra trouver l'efficacité et savoir bien défendre". Pour marquer, les Bleus devront transformer le peu d'occasions qu'ils auront. Et pour gagner, il faudra surprendre et tenir. C'est ce qu'avaient réussi à faire les Etats-Unis à la Coupe des confédérations 2009 (0-2) et la Suisse au Mondial 2010 (0-1), des équipes davantage connues pour leur solidarité que pour leurs talents associés, des équipes de second rang. Mais la France n'en est-elle pas devenue une ?