Équipe de France : la grande rédemption

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Équipe de France : la grande rédemption
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ANALYSE - Battus 2-0 en Ukraine, les Bleus ont renversé la vapeur, mardi. Avec talent.

De l’indolence à l’insolence. Apathiques vendredi dernier au stade olympique de Kiev (0-2), les Bleus de Didier Deschamps ont réussi mardi un match retour accompli, avec une réussite parfois insolente (les trois buts ont été marqués de près, sur des renvois). Europe1.fr vous fait revivre le match à travers quatre de ses acteurs.

Didier Deschamps au Stade de France (930x620)

© REUTERS

Didier DESCHAMPS. Son choix de faire évoluer l’équipe de France en 4-2-3-1 à Kiev, avec Samir Nasri en meneur de jeu, n’avait pas fait l’unanimité, loin de là. Quatre jours plus tard, le sélectionneur a fait table rase de ce système pour adopter un système en 4-3-3. Ce choix s’est révélé payant, à tous les niveaux. Yohann Cabaye a été excellent à la récupération, tout comme Mathieu Valbuena sur le côté droit. Libéré de ses tâches défensives, Paul Pogba s’est montré plusieurs fois dangereux. Raphaël Varane a fait étalage de sa maîtrise technique et de son calme. Enfin, les deux derniers entrants dans le onze de départ, Mamadou Sakho et Karim Benzema, ont tous simplement été les deux buteurs des Bleus.

"C’est leur histoire, je fais partie de leur histoire et ce sont eux qui l’ont réalisée", a insisté Deschamps. Une équipe d’Ukraine lessivée et des entrants tricolores décisifs : et si le coach des Bleus avait finalement prévu tout ça ? Non ?

Benzema face à l'Ukraine (930x620)

© REUTERS

Karim BENZEMA. En début de match, quelques pertes de balle et des mauvais choix ont fait croire à un retour de Docteur Karim. Mais, très rapidement, le Mister Benzema a fait parler son sens du but : il fit trembler les filets une première fois, mais son but fut refusé pour un hors-jeu inexistant. Ce n’était que partie remise : moins de cinq minutes plus tard, il était à la réception d’une frappe écrasée de Yohan Cabaye pour inscrire un vrai but de renard... en position de hors-jeu, cette fois non sifflé.

Les Bleus étaient sur la bonne voie : les 15 fois où Benzema avait marqué, ils avaient toujours gagné. Il y a donc eu une 16e. Pour l’attaquant du Real, la deuxième période fut moins réussie - il dévissa une frappe dans la surface - mais il s’offrit une sortie royale, à dix minutes de la fin. "C’est sûrement ma plus belle émotion", a-t-il admis. La soirée était décidément bien singulière puisqu'on l'a vu aller fêter son but avec celui que l'on a présenté comme son rival, Olivier Giroud...

Ribéry au Stade de France (930x620)

© REUTERS

Franck RIBÉRY. Encerclé à Kiev, l’homme fort des Bleus avait déçu, multipliant les déboulés sans débouchés. Mardi, au Stade de France, il a relevé la tête, dans tous les sens du terme. Peu de temps après le premier but tricolore, duquel il est à l'origine, son débordement côté gauche a failli être décisif. Toujours impliqué, mais parfois brouillon, "Francky" a fini par user les défenseurs ukrainiens et a forcé le destin, d'abord en obtenant l'exclusion du défenseur ukrainien Khacheridi en début de deuxième période, puis en délivrant une passé décisive, un peu malgré lui, pour Sakho, sur le troisième but.

Et celui qui a longtemps rêvé de ce rôle du sauveur a également joué celui de maître de cérémonie... Micro à la main, il a fêté la qualification avec le public en lançant des "Allez les Bleus !" hésitants, mais qui fleuraient bon le soulagement. "On est content d’avoir réalisé un rêve, parce que beaucoup de monde nous voyait rester ici", a-t-il admis, après avoir aspergé les journalistes de champagne. Le joueur du Bayern peut désormais attendre sereinement le vote duBallon d’Or…

Ambiance au Stade de France (930x620)

© Nicolas ROUYER/Europe 1

Le public du STADE DE FRANCE.  Souvent moqué, parfois vilipendé, le public du Stade de France n’a pas manqué l’occasion, mardi soir, de se racheter une conduite. Certes, il aurait pu se passer des sifflets contre l’hymne ukrainien, mais cela a traduit d’entrée que ce public-là était prêt à s’embraser. Le début de match tout feu tout flammes des Tricolores l’y a aidé.

Et ce sont des grondements de plaisir rarement entendus depuis un certain 12 juillet 1998 qui ont accompagné les trois buts des tricolores. Entre deux Marseillaise, les 77.000 spectateurs avaient alors beau jeu de ressortir le fameux "Et 1, et 2 et 3-0 !".

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