Drogba, le foot et l'union des Ivoiriens

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Drogba, le foot et l'union des Ivoiriens
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FOOT - La star des Eléphants explique que la sélection nationale est une "force unificatrice".

Drogba fêté à Abidjan (930x620)

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Emigré en Chine, au Shanghai Shenhua, Didier Drogba n'en oublie pas pour autant son pays, la Côte d'Ivroire. Dans un entretien diffusé lundi sur le site de la Fifa, l'ex-attaquant de Chelsea parle de son pays et vante les mérites de la sélection nationale, finaliste de la dernière Coupe d'Afrique des nations face à la Zambie (ici le retour au pays, photo). "Je pense qu'aujourd'hui, et je pèse mes mots, la seule force unificatrice en Côte d'Ivoire est l'équipe nationale de football. Tous nos groupes ethniques sont maintenant représentés en sélection : les Baoulés, les Bétés, etc.". La famille de l'ancien Marseillais est originaire du sud du pays tandis que que celle des frères Yaya et Kolo Touré vient du nord.

"On retrouve donc des échantillons de tout le pays dans l'équipe de Côte d'Ivoire et je crois que c'est le seul exemple de cela aujourd'hui", souligne "DD". "Selon moi, c'est le sport qui rassemble tout le pays, ce qui n'est pas nécessairement le cas dans la vie de tous les jours."

La Côte d'Ivoire a connu une grave crise après l'élection présidentielle de 2010, Laurent Gbabgo, président sortant, et Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale, revendiquant tous les deux le pouvoir. Gbagbo a été arrêté en avril 2011 et, dans la foulée, Ouattara a été proclamé chef de l'Etat. Selon un rapport d'août 2010, le conflit aurait fait plus de 3.000 morts. "Nous essayons d'avancer, de retomber sur nos pieds, de montrer aux gens et par le football que nous pouvons vivre ensemble", souligne Drogba.

Le symbole de la Coupe du monde

La qualification des Elephants pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne avait permis de calmer les tensions. "Cela devenait très dur pour nous de rentrer au pays et de voir que les gens s’entretuaient. Je pense que les anciennes générations doivent changer de mentalité et croire en la cohésion que le football peut susciter", insiste encore le milieu de Manchester City, Yaya Touré, sur fifa.com.

Nommé en mai dernier sélectionneur des Elephants, le Français Sabri Lamouchi a conscience de la portée de sa mission. "Dès qu’on parle de la Côte d’Ivoire, on pense tous à des événements du passé, bien évidemment", explique l'ancien Auxerrois. "D’une certaine façon, il est clair aujourd’hui que le football a le potentiel de rassembler la nation."

Drogba avec Ronaldo en 2006 (930x1240)

© REUTERS

Et pour rassembler, Lamouchi comme Drogba savent qu'il faut gagner. L'objectif est de se qualifier pour une troisième Coupe du monde d'affilée, après l'Allemagne 2006 et l'Afrique du Sud 2010 (Drogba salue ici Ronaldo, photo). A chaque fois, les Elephants n'avaient pas réussi à franchir le premier tour. ""Nous avons été les premiers à le faire (se qualifier, ndlr) et ce serait vraiment génial pour cette génération de se qualifier pour la Coupe du monde au Brésil. Si cela devait arriver, nous essaierons de faire beaucoup mieux que de terminer troisièmes de notre groupe",  promet Drogba.

Les éliminatoires pour ce Mondial brésilien ont plutôt bien débuté pour les Elephants, qui ont battu la Tanzanie (2-0) avant de faire match nul au Maroc (2-2). En attendant, ils tâcheront de se qualifier pour la Coupe d'Afrique des Nations 2013 aux dépens du Sénégal, le 13 octobre prochain. Lors du match aller, à Abidjan, ils l'avaient emporté 4-2.