Comment Quevilly prépare son coup

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Comment Quevilly prépare son coup
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COUPE DE FRANCE - Le petit club normand défie Lyon en finale, samedi soir, au Stade de France.

Quatre-vingt cinq ans après avoir été battu par l'OM, en 1927, à Colombes, l'US Quevilly, de retour samedi en finale de la Coupe de France face à Lyon, n'entend pas cette fois laisser filer le trophée. Alors, le club amateur, qui n'a jamais connu le statut professionnel, a mis les petits plats dans les grands pour préparer au mieux ce rendez-vous historique face à l'OL. Europe1.fr vous raconte comment l'USQ a préparé son coup pour soulever la Coupe.

Les joueurs de Quevilly en civil (930x620)

© MAXPPP

En toute décontraction. Depuis leur qualification pour la finale aux dépens du Stade Rennais le 11 avril dernier, les Quevillais font l'objet de sollicitations médiatiques et institutionnelles diverses et variées. Ils s'y plient de bonne grâce mais n'en ont pas oublié pour autant les fondamentaux inhérents à la Coupe de France, à savoir une mise au vert de deux jours à Forges-les-Eaux, près du Petit-Quevilly. Au menu : de la mise en place tactique et de l'entraînement bien sûr, mais également des activités ludiques, avec piscine ou poker, comme l'explique le quotidien L'Equipe jeudi. Et sur les visages, des sourires et le bonheur d'être là. "Il y en a quelques-uns qui ont disputé la demi-finale il y a deux ans face au PSG et là, ils se retrouvent au Stade de France, donc c'est l'Amérique", souligne au micro d'Europe 1 le président du club, Michel Mallet. En attendant l'Amérique, les Quevillais (ici en photo Valéro, Capelle et Beaugrard) s'installent vendredi à Clairefontaine, le centre d'entraînement de l'équipe de France. Le signe, quand même, que le match à venir est tout sauf banal.

Quevilly face à Rennes au stade Michel d'Ornano à Caen

© REUTERS

En pleine confiance. Le week-end dernier, Quevilly s'est imposé à Cherbourg, devant 2.212 spectateurs, et a fait un pas quasi définitif vers le maintien en National, l'équivalent de la troisième division. Les Jaune et Noir vont donc aborder cette finale de Coupe de France l'esprit libéré et forts de leurs deux exploits aux tours précédents, face à l'OM en quarts de finale (3-2 a.p.) et face à Rennes en demies (2-1). "Lyon, on voulait les affronter il y a deux ans, là, on les affronte en finale", se félicite le président Mallet. Dernier entraîneur à avoir amené une équipe amateur en finale, le "Calaisien" Ladislas Lozano met en garde les Normands : "la différence désormais, c'est que Lyon est prévenu du réel potentiel de Quevilly et ce sera encore plus compliqué pour eux que lors des tours précédents." Mais l'OM et Rennes étaient prévenus aussi... Lors de ces deux matches, les Quevillais ont même eu les ressources physiques et mentales pour l'emporter dans les dernières minutes. Le secret de leur réussite ? Peut-être les causeries de leur coach, Régis Brouard. France Football détaille vendredi quelques-uns des secrets de ses discours d'avant-match, à base d'images photoshopées et de solos de Mark Knopfler. Gageons qu'avant ce grand-rendez vous, Brouard saura trouver les mots et les images pour mettre ses joueurs en condition.

Quevilly , 930

© MAXPPP

En grand nombre. Les Quevillais ne seront pas onze au Stade de France. Ils seront près de 30.000. "On a édité 27.000 places, alors que l'on n'en avait que 19.000 d'attribuées", précise Michel Mallet. "Il y avait du monde au départ du car (du Petit-Quevilly), il y a eu du monde aux entraînements, le Conseil général, à Rouen, a été décoré en jaune et noir, le bus, le métro, toute l'agglomération est aux couleurs du club." Le Stade de France, lui aussi, devrait être très largement en faveur du "Petit Poucet", comme il est de coutume, et l'OL ne devrait pouvoir compter que sur ses 19.000 supporters. Cette finale de Coupe de France suscite un tel engouement au Petit-Quevilly, 22.000 habitants, que même le premier tour de l'élection présidentielle est passé au... second plan le week-end dernier. "J'ai fait la traditionnelle tournée des bureaux de vote dimanche et je n'ai parlé que de foot. J'étais le maire de l'US Quevilly et non de Petit-Quevilly", explique Frédéric Sanchez, premier magistrat de ce fief socialiste qui a voté à 37,5% pour François Hollande. Lequel François Hollande sera présent au Stade de France, samedi soir, tout comme Nicolas Sarkozy.

Zanké Diarra (930x620)

© MAXPPP

En vrai... professionnel. Quevilly est un club amateur, c'est entendu. Mais, sur les 26 joueurs de l'effectif, 17 vivent du football et sont, de l'aveu même de leur entraîneur, des "semi-professionnels". L'USQ est donc très loin du "football à papa". Avec cinq entraînements par semaine et une hygiène de vie contrôlée, les joueurs (ici en photo Zanké Diarra, frère d'Alou) vivent presque comme les pros de l'OL. Le "presque" est de rigueur car, évidemment, le cadre de "travail" n'est pas le même et les salaires non plus. Le joueur le mieux rémunéré à Quevilly émarge à environ 3.200 euros par mois, soit 140 fois moins que le revenu mensuel du Lyonnais le mieux loti, Yoann Gourcuff (450.000 euros brut). Malgré ses moyens bien moindres (un budget de 1,9 million d'euros contre 150 à l'OL), l'US Quevillaise n'entend pas bouder son plaisir. Et qu'ils gagnent ou qu'ils perdent, les joueurs auront droit à une fête dont le coût a été estimée à 40.000 euros. Quevilly a tout prévu. Y compris de gagner...