Barça : pourquoi le PSG peut le faire

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Barça : pourquoi le PSG peut le faire
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LIGUE DES CHAMPIONS - Le PSG se déplace à Barcelone, mercredi, en quarts de finale retour.

Une chance sur cinq. 20%. Voilà ce que les statistiques donnent comme chance au PSG de se qualifier pour les demi-finales de la Ligue des champions aux dépens du Barça après le résultat nul du match aller, mardi dernier, au Parc des Princes (2-2). Ce pourcentage, réduit, est déjà à même de calmer toutes les ardeurs. Mais d'autres chiffres font encore plus mal : depuis septembre 2010, le Barça à domicile, c'est 71 victoires, 11 nuls (jamais sur le score de 3-3, qui qualifierait le PSG) et seulement 2 défaites, comme l'a expliqué dimanche Canal+. Et le dernier club qui avait arraché le nul 2-2 à l'aller contre les Catalans en match à élimination directe (Arsenal en quarts de la C1 2009-10), avait pris le bouillon lors du match retour (4-1). Alors, condamné par les stats et le passé, le PSG ? Peut-être bien, oui. Et pourtant, à Europe1.fr, on pense l'exploit possible. Voici pourquoi en huit points.

Thiago Silva et Messi (930x620)

© REUTERS

Parce que Lionel Messi sera absent (ou au moins affaibli). Ce n'est peut-être pas très classe de juger l'exploit possible d'abord en raison d'un adversaire affaibli. Oui mais voilà, Lionel Messi n'est pas un adversaire comme les autres. Et la possible absence du meilleur joueur du monde change forcément la donne. Touché à la cuisse droite lors du match aller (photo), le quadruple Ballon d'Or n'a pas été convoqué pour la rencontre face au Real Majorque, samedi (5-0). On ne doute pas qu'il sera dans le groupe face au PSG. Mais l'entraîneur du Barça Tito Vilanova prendra-t-il le risque de l'aligner ? Sans doute pas. Mais il pourra le faire entrer si les choses ne se passent pas comme prévu. Samedi, Cesc Fabregas était aligné à sa place. Il a signé un triplé et délivré deux passes décisives. Bon. Mais la défense de Majorque, lanterne rouge de la Liga, ce n'est pas tout à fait celle du PSG, leader de la Ligue 1.

Parce que le PSG dispose du meilleur défenseur du monde (oui, Thiago Silva sera là). Auteur d'un match monstrueux à l'aller, le Brésilien Thiago Silva était lui aussi en tribunes, samedi, à Rennes, en raison d'une "douleur à un genou". Petit coup de bluff du PSG ? On le sent comme ça. Interrogé sur la présence de son capitaine, mercredi, sur la pelouse du Camp Nou, l'entraîneur parisien, Carlo Ancelotti, a simplement répondu, sans paraître très inquiet : "on verra". L'ancien Milanais est essentiel à la réussite du PSG, évidemment défensivement mais il peut l'être aussi offensivement. Il fut à l'origine du premier but parisien lors du match aller. Et le Camp Nou lui rappellera de bons souvenirs. En septembre 2011, quand il jouait encore avec l'AC Milan, il avait égalisé sur corner, de la tête, portant le score à 2-2. Un score qui emmènerait le PSG en prolongation, mercredi...

Thiago Silva égalise face au Barça en septembre 2011 :

Marc Bartra (930x1240)

© MAXPPP

Parce que la défense catalane sera amoindrie. Le PSG se présentera sans aucun doute avec sa défense type, mercredi, avec une charnière centrale Thiago Silva-Alex, Maxwell à gauche et Christophe Jallet à droite. Ce ne sera pas le cas du Barça. Le leader de la Liga sera toujours privé de son emblématique capitaine, Carles Puyol, blessé au genou droit, tout comme Javier Mascherano. Eric Abidal a fait son retour samedi dernier mais ne devrait pas débuter dans l'axe, qui n'est pas, en plus, son poste de prédilection. Dans ces conditions, et pour accompagner Gerard Piqué, Vilanova devrait faire confiance au jeune Marc Bartra (photo), déjà entré en jeu à l'aller et qui avait eu la malchance de dévier le tir victorieux de Blaise Matuidi sur l'égalisation parisienne. Bartra, c'est 17 matches avec le Barça. A comparer aux 134 apparitions de Mascherano sous le maillot blaugrana et les 581 de Puyol. Pas vraiment la même expérience, donc.

Parce que Zlatan Ibrahimovic est revanchard. A l'aller, "Ibra" a d'abord beaucoup manqué avant de marquer (certes en position de hors-jeu) et de relancer la machine. Il a aimanté les derniers ballons, des pieds, de la tête, du corps et réussi la remise parfaite pour Matuidi. Samedi, à Rennes, l'attaquant suédois a une nouvelle fois manqué un face-à-face avec le gardien mais il a fini par trouver l'ouverture dans le temps additionnel, offrant ainsi une première passe décisive à David Beckham (ou en lui ôtant son premier but, c'est selon). Ce but, son 26e avec le PSG en championnat, tombe à point nommé, juste avant son retour au Camp Nou. Son deuxième retour, puisque la saison dernière, il l'y était déjà revenu au même stade de la compétition avec l'AC Milan. Les Rossoneri s'étaient inclinés 3-1 et "Ibra" n'avait pas brillé. Il lui est donné une deuxième occasion de prouver aux pontes du Barça qu'il est bien une "Ferrari et non une Fiat", comme il l'a écrit...

Ibrahimovic marque le but du 2-0 à Rennes :

David Beckham à Rennes (930x620)

© REUTERS

Parce que le PSG a l'assise pour contrer le Barça. A l'aller, Ancelotti avait surpris en conservant son dispositif relativement offensif en 4-4-2, avec seulement deux milieux défensifs, Matuidi et... Beckham. Matuidi suspendu pour avoir reçu deux cartons jaunes, l'Anglais, bientôt 38 ans, a de bonnes chances d'être à nouveau titulaire, mercredi, au Camp Nou. Sa qualité technique, dans le jeu long et sur les coups de pied arrêtés, pourrait être précieuse. A ses côtés, on doute que Thiago Motta, qui revient à peine de blessure, puisse tenir sa place. Mais Ancelotti y tient, alors...Une autre possibilité consisterait à miser sur la vitesse d'exécution et la fougue (frôlant parfois l'inconscience) d'un autre Italien, Marco Verratti, 20 ans. Verratti-Beckham, ça ferait un milieu de terrain de 28 ans et demi de moyenne. Honnête. Les deux ont surtout l'avantage de maîtriser le jeu de passe, qui sera essentiel pour lancer dans de bonnes conditions les flèches Lucas Moura et Ezequiel Lavezzi en contre-attaque.

Busquets avec M.Stark (930x620)

© REUTERS

Parce que le Barça n'est pas serein (ou n'a pas l'air de l'être). Le visage fermé de Messi sur le banc de touche, mardi dernier, au moment de l'égalisation parisienne, était un indice : non, le Barça ne baignait pas dans la sérénité. Les heures qui ont suivi la rencontre l'ont également prouvé. Vendredi, le club catalan a en effet adressé un courrier officiel à l'UEFA pour se plaindre de l'arbitrage de l'Allemand Wolfgang Stark, coupable d'avoir fauté sur un point de règlement en obligeant, à tort, les deux joueurs du Barça qui s'étaient percutés à sortir du terrain. Le Barça était dans son bon droit mais était-il utile de publier un communiqué et d'envoyer une missive à l'UEFA alors que cela n'allait de toute façon rien changer ? A part mettre un petit coup de pression sur le corps arbitral...

Parce que l'arbitre était au Celtic Park. Après avoir craint pendant un moment que l'arbitre de la rencontre ne soit portugais (et donc compatriote de José Mourinho, et donc pro-Real, et donc anti-Barça), la presse catalane a relayé lundi le nom de l'homme qui officiera mercredi au Camp Nou : le Néerlandais Björn Kuipers. L'an dernier, c'est aussi lui qui avait arbitré le quart de finale retour de Ligue des champions du Barça, contre l'AC Milan (3-1). Il avait même accordé deux penalties aux Catalans, transformés par Lionel Messi. Mais, car il y a un mais, c'est lui aussi qui avait également officié lors de la première des deux défaites des Catalans, cette saison, en Ligue des champions, sur la pelouse du Celtic Glasgow (2-1). Un signe du destin ?

Le Celtic fait chuter le Barça le 7 novembre :

Jérémy Ménez à Rennes (930x620)

© REUTERS

Parce qu'un groupe est en train de naître. Le match aller a changé quelque chose au PSG. Le groupe semble avoir gagné en unité. Ancelotti a changé sept joueurs pour le match à Rennes et propulsé Zoumana Camara capitaine ? Pas de problème, le leader de la Ligue 1 a géré dans une relative sérénité (2-0). Ménez, buteur (photo), a certes un peu snobé son entraîneur au moment de célébrer son but mais après la rencontre, le discours de l'ancien Romain, tout miel et tout sourire (oui, oui) était bien réglé : j'essaie d'apporter à l'équipe, l'important, c'est la victoire, etc. Ménez a raison de le prendre comme ça. Avec quelques autres, comme Kévin Gameiro, Ménez pourrait avoir un rôle à jouer au Camp Nou, mercredi, celui d'accentuer la pression offensive en fin de match pour forcer la décision. Et arracher la qualification.