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LIGUE 1 - José Anigo devrait poursuivre sur le banc de l'OM jusqu'à la fin de la saison.

Dans la foulée de sa première victoire avec l'OM depuis son retour sur le banc en remplacement d'Elie Baup, José Anigo a annoncé mercredi soir qu'il serait encore l'entraîneur de l'OM en janvier. "Jusqu'à Noël, c'est sûr. Et je serai là, à la reprise en janvier, oui", a-t-il affirmé après la qualification du club phocéen pour les quarts de finale de la Coupe de la Ligue aux dépens de Toulouse (2-1). "Effectivement le président (du club, Vincent Labrune, ndlr) va prendre le temps pour choisir (un nouvel entraîneur), et je pense qu'il prendra cinq mois pour choisir."

>> Conserver Anigo jusqu'à la fin de la saison, le choix présidentiel n'est pas si étonnant que cela. Démonstration en quatre points.

Drogba et Anigo (930x620)

Parce qu'Anigo connaît le poste. Ce n'est pas la première, ni la deuxième mais la troisième fois qu'Anigo s’assoit sur le banc de l'OM. Il l'avait déjà fait en début de saison 2001-02, quand il avait remplacé au pied levé Tomislav Ivic. Quelques semaines plus tard, il retournait au centre de formation après des divergences de vue avec le président de l'époque, un certain Bernard Tapie. Deux ans et demi plus tard, bis repetita. Alain Perrin tombé en disgrâce, Anigo le remplace et conduit l'OM en finale de la Coupe de l'UEFA, avec, à la pointe de l'attaque, un Didier Drogba de feu. Mais l'Ivoirien quitte le club à l'intersaison et les performances de l'OM s'en ressentent. Anigo démissionne à l'automne après deux défaites contre le PSG, dont le fameux revers en Coupe de la Ligue au Vélodrome (3-2) avec le but décisif de Bernard Mendy. Mais il reste (encore) au club, devenant directeur sportif à partir de la saison 2005-06. Poste qu'il occupait jusqu'au 7 décembre dernier.

José Anigo joueur (930x1240)

© Old School Panini

Parce que c'est une figure du club. De fait, José Anigo a occupé tous les postes à l'OM. Y compris celui de joueur. Car avant d'être ce dirigeant mi-détaché mi-caractériel, Anigo a été de l'aventure des "Minots", ces jeunes qui ont ramené le club en première division à l'issue de la saison 1983-84. Il était défenseur de l'OM. Il l'est resté par la suite. "Je me dois de répondre présent dans un club qui est ma famille et où je m'épanouis même si ce n'est pas ce qui était le projet pour moi (d'entraîner, ndlr), mais j'essaierai de le remplir", a-t-il insisté mercredi.

Homme de mots et d'humeur, il ne rechigne jamais à défendre son club lors de saillies médiatiques mémorables (de plus en plus rares). Anigo a (eu) ce côté brut de décoffrage qui lui vaut l'inimitié de certains - y compris parmi les supporters de l'OM - et qui régalent les caricaturistes de tous horizons, comme le firent par le passé les Cahiers du football avec Le Petit José ou aujourd'hui certains comptes Twitter. Même s'il parle moins qu'avant, son poids n'a pas diminué au fil des ans, comme l'a montré son conflit avec Didier Deschamps lors de la saison 2011-12. Finalement, "DD" est parti mais José est resté.

Le drame qu'il a vécu en septembre dernier avec la mort de son fils Adrien, tué par balles dans les rues de Marseille, lui a fait sans aucun doute relativiser les choses du football. "Je ne veux pas me projeter plus loin que le 22 ou 23 décembre car j'ai appris dans ma vie que demain n'existait pas", avait-il déclaré la semaine dernière, à quelques heures du déplacement de l'OM à Lyon en Ligue 1.

Anigo avec ses joueurs (930x1240)

Parce que c'est un meneur d'hommes.Lors de ce déplacement à Gerland, l'OM est revenu de 0-2 à 2-2. Certains y ont vu l'effet des erreurs de Rémy Vercoutre, le gardien de l'OL, d'autres un premier "effet Anigo". A commencer par le président de l'OM en personne. En choisissant Anigo, Labrune a donné les clés à un homme qui connaît bien les joueurs, la plupart pour les avoir recrutés directement. Il les aurait bien "bougés" à la mi-temps, dimanche dernier. En l'absence de Mathieu Valbuena, Anigo a responsabilisé Florian Thauvin et relancé Giannelli Imbula, des joueurs dont l'OM aimerait faire les symboles d'une équipe jeune et d'un club inventif, qui doit faire sans les moyens pharaoniques du PSG ou de Monaco.

Comme il l'avait fait en 2003-04 (en s'appuyant, certes, sur le talent de Drogba), Anigo paraît en mesure de sublimer un groupe qui pointe déjà à onze longueurs du troisième, Lille, en championnat. "J'essaierai de remplir proprement ce rôle (d'entraîneur)", a-t-il souligné. "Il faut savourer tous les moments. Je sais que la 2e partie de championnat est dure. Aujourd'hui on est tout souriant (après la victoire sur Toulouse, ndlr), mais il y a d'autres matches qui arriveront."

Labrune et Anigo (930x620)

Parce que Labrune n'a pas trop le choix. Depuis le départ de Deschamps en 2012, Labrune avait réussi à créer un duo efficace entre Baup et Anigo : cela a abouti à la deuxième place du championnat la saison passée et une qualification pour la Ligue des champions. On sait aujourd'hui ce qu'il est advenu de ce billet en C1 : six défaites en six matches, dans un groupe certes très relevé. Pour remplacer Baup, victime du couperet présidentiel du "50% de défaites" (11 sur 22 matches), Labrune a d'abord choisi Anigo pour assurer l'intérim. Une solution idoine : il est déjà salarié du club (pendant son intérim, il conserve sa casquette de directeur sportif) et, en cas de mauvais résultats, il pourra retourner dans l'ombre.

Ensuite, il était difficile de trouver un remplaçant de "prestige" à Baup, surtout en cours de saison, là où la plupart des entraîneurs cotés sont déjà en poste. Le nom de Frédéric Antonetti, qui a quitté Rennes l'été dernier, est revenu dans les conversations, sans que les deux parties ne confirment d'éventuels contacts. Ceux d'Eric Gerets et de Marcelo Bielsa ont également circulé. En attendant, Anigo est là. Comme toujours.