Ancelotti, "Mister" la rigueur

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Ancelotti, "Mister" la rigueur
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FOOT - Europe1.fr dresse le portrait du nouvel entraineur du Paris Saint-Germain.

Oublié le feuilleton Beckham, l’attraction numéro un en Ligue 1 de ce début d’année, c’est bel et bien l’arrivée de Carlo Ancelotti comme entraîneur du PSG. A part Didier Deschamps, quand même un ton en-dessous, le technicien italien n’a pas son pareil en France. Mais quelles sont les raisons de cet engouement ? Qui es-tu vraiment "Signore" Ancelotti ? A première vue, un homme très classe. Costard impeccable, cheveux poivre et sel toujours bien rangés et mocassins vernis. Côté palmarès, rien à envier aux plus grands : deux Ligue des champions avec le Milan (2003 et 2007), un Scudetto (2004), un titre en Angleterre avec Chelsea (2010) et une bonne poignée de coupes nationales. Là aussi, la classe. Mais que se cache-t-il derrière ce CV de bon élève ?

Toujours à l’écoute…

Quand on veut connaître un entraîneur, autant donner la parole aux joueurs qu’il a côtoyés. L’ancien joueur du Milan AC, Francesco Coco, a été coaché par "Carletto" lors de la saison 2001-2002. Dans un entretien accordé au magazine So Foot, il ne tarit pas d’éloges à son sujet. "La première qualité d’Ancelotti, c’est que c’est un entraîneur très humain. A l’opposé d’un Fabio Capello, qu’on surnommait au Milan “le général”, Ancelotti ne te fait jamais sentir qu’il est au-dessus de toi". Et de renchérir : "c’est quelqu’un de très ouvert, et de très disponible. Les entraîneurs disent souvent que la porte de leur bureau est ouverte. Pour Ancelotti, c’est vrai".

Là où certains entraîneurs se bornent à donner la feuille de match sans trop d’explications, "Mister" Ancelotti discute et argumente. Hurler sur le bord du terrain ne fait pas non plus partie de ces habitudes. Vous ne le verrez pas pousser des gueulantes sur la touche à la manière d’un Frédéric Antonetti ni essayer d’influencer le quatrième arbitre à l’instar d’un José Mourinho. Ancelotti, lui, il aime le débat. Un vrai diplomate en somme. 

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A 52 ans, il a déjà eu sous sa coupe des joueurs comme Zidane ou Kaka, en passant par des Beckham, Gattuso ou Drogba. Entraîneur du PSG, ce n’est pas une sinécure. Il devra gérer les mini-crises, les egos, les bisbilles. Mais tout ça, "Mister" Ancelotti sait faire. Il n’y a qu’à voir les souvenirs qu’il a laissés à Milan (2001-2009) et Chelsea (2009-2011). Quand il est parti de Lombardie, des grandes gueules comme Gennaro Gattuso ou Andrea Pirlo ont versé leur petite larmichette. Rares sont ceux qui peuvent affirmer qu’ils ne l’ont détesté. Une unanimité très rare dans la profession.

…mais pas tendre à l’entraînement

Mais Ancelotti n’a pas réussi à empiler les titres qu’avec des beaux discours. Adepte de la méritocratie, il récompense ceux qui se dépensent. Pour jouer, il faut s’entraîner et dur. Les Parisiens sont prévenus. Il n’y aura aucun passe-droit pour les stars. Vikash Dhorasoo n’a rien oublié des entraînements à la dure quand il jouait à Milan sous les ordres du technicien italien. "A chaque entraînement, tu bosses le placement en attaque, en défense", se souvient-il dans 20 minutes. "Cela peut en devenir chiant mais c’est la conception italienne. Tu répètes, tu répètes…"

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Le beau jeu prime toujours chez "Carletto" et il prêt à tout pour le mettre en place. Il aime aussi que son équipe tienne le ballon et aille de l’avant. Connu pour avoir inventé une technique appelée "l’arbre de Noël" (4-3-2-1) à Milan, consistant à garder le ballon en bloquant les circulations de balle adverses, il martèle son message et exige le meilleur de ses joueurs. Quitte même à être un brin autoritaire. "J’attends de vous un comportement irréprochable", a-t-il expliqué après le premier entraînement à Doha, au Qatar. "Je serai très strict par rapport à tout retard à l’entraînement, à votre investissement pendant les séances, à votre état d’esprit". Le ton est donné…

La gagne, une vraie culture

Si Ancelotti est un adepte de la rigueur, c’est surtout parce qu’il a horreur de la défaite. Mal habitué en tant que joueur, il a tout gagné avec l’As Rome ou le Milan.  Une culture de la gagne qui a formaté sa personnalité. En conférence de presse lors de son intronisation au Parc des Princes, il a rappelé que son objectif était de "bien figurer en Ligue des champions, la saison prochaine". Pour ça, il faudra déjà gagner le championnat et construire une véritable équipe. "Mister" la rigueur Ancelotti est prêt à relever le défi.