A l’OL, vive la crise !

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A l’OL, vive la crise !
@ Reuters
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ZOOM - Malgré le départ de Lisandro et les cas Gomis et Gourcuff, Lyon a réussi son entrée en matière.

Non, il n’y a pas que le PSG et Monaco pour animer l’été de la Ligue 1. Depuis une semaine, c’est l’Olympique lyonnais qui fait parler, pour ses bons résultats sportifs autant que pour ses soucis économiques. Souvenirs d’une semaine agitée. 

Une qualif' dans la poche. Depuis la fin de la saison dernière, que son club a terminé à la troisième place, Jean-Michel Aulas ne pense plus qu’à ça : voir son OL se qualifier pour la lucrative Ligue des Champions. La préparation de l’équipe de Rémi Garde a d’ailleurs été tournée vers ce seul objectif estival. Et parce que l’indice UEFA de la France a dégringolé, ce n’est plus une mais deux équipes que Lyon doit éliminer pour rejoindre les plus grands.Sans briller, mais avec sérieux, la bande à Grenier s’est défait des Grasshoppers Zurich (1-0, 0-1) fin juillet.

Reste encore un barrage à franchir, et l’adversaire sera d’un tout autre calibre. Quatrième de la dernière édition du championnat espagnol, la Real Sociedad du Français Antoine Griezmann aura en plus l’avantage de recevoir au retour dans son stade d’Anoeta. Mais les Lyonnais n’ont pas le choix, le pactole de la Ligue des Champions en dépend. Nul doute que Jean-Michel Aulas saura motiver ses troupes

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Un leader qui prend la poudre d’escampette… Lors de la dernière journée, des larmes avaient coulé sur les joues de Lisandro. Pourtant, depuis, la tendance était à un maintien dans l’effectif du buteur argentin de l’OL. En concurrence frontale avec Bafétimbi Gomis la saison dernière, "Licha" avait été choisi par Rémi Garde au détriment de l’ancien Stéphanois, poussé vers la sortie pour ne garder qu’un seul gros salaire à la pointe de l’attaque rhodanienne. Mais la semaine dernière, surprise : l’Olympique lyonnais a annoncé la vente de Lisandro Lopez à un club qatari, pour 7,2 millions d’euros.

Samedi, à la mi-temps du match qui opposait son désormais ancien club à Nice, premier match de la saison de Ligue 1, l’Argentin a pris la parole pour s’adresser aux supporters. Séquence émotion. "Je n'ai jamais eu autant d'amour pour un club. Les supporters ont fait de ces quatre années les plus belles de ma vie. Je suis supporter de l'OL à vie", a-t-il lancé, en français dans le texte, la voix chevrotante. L'Argentin, élu meilleur joueur de Ligue 1 en 2010, a marqué 83 buts en 169 matches disputés sous les couleurs lyonnaises.

… mais d’autres s’affirment. Lopez parti, Gomis au placard, Lyon est légitimement à la recherche d’un avant-centre. Quoique… En attendant Jérémie Aliadière ou un autre, Rémi Garde a fait confiance, samedi, à Alexandre Lacazette. Bonne pioche. Le joueur formé à l’OL, utilisé jusqu’ici en tant qu’ailier droit mais formé dans l’axe, a trouvé le chemin des filets à deux reprises. Suffisant pour occuper seul ce poste exposé toute la saison ? Non, l’OL s’active pour lui trouver du renfort.

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Autre pépite lyonnaise, Clément Grenier a confirmé sa montée en puissance. Contre Nice, le jeune meneur de jeu a (encore) marqué et délivré une passe décisive. Après avoir prolongé son bail cet été, le seul joueur lyonnais sélectionné par Didier Deschamps pour affronter la Belgique dans quelques jours marche sur l’eau. A 22 ans, le patron, c’est lui.

Les cas Gourcuff et Gomis. Outre Clément Grenier, un autre homme a crevé l’écran, samedi, lors du festival offensif des Gones (4-0). En plus de ces deux passes décisives, Yoann Gourcuff a offert à Gerland un bijou de coup franc (voir la vidéo ICI). Qui n’a entraîné chez lui aucun sourire, pas même un poing serré. Le Breton, "génial" intermittent du spectacle depuis son arrivée entre Rhône et Saône, en 2010, vit mal d’être poussé dehors par son club. Son salaire n’est plus en adéquation avec la nouvelle politique salariale mise en place par Jean-Michel Aulas, qui couve médiatiquement l’ancien joyau bordelais en espérant le voir retrouver (un jour) toute sa superbe. Mais en attendant, pas question de la brader, comme l’a tweeté le président lyonnais lundi matin, réagissant à une information parue dans L’Equipe :

La communication est bien différente concernant Bafétimbi Gomis. Depuis des semaines, le buteur, régulier à défaut d’être génial, est invité à se trouver un autre club. Jean-Michel Aulas ne digère pas ce refus de l’ancien Stéphanois de prolonger son contrat, comme ce dernier lui aurait promis. A un an de la fin de son contrat, « Bafé » doit être vendu, au risque de signer où il veut en janvier prochain. Une perte sèche pour l’OL, qui l’a acheté 15 millions d’euros au rival stéphanois, en 2009.

Bafétimbi Gomis, 930

© REUTERS

Mais l’homme a du caractère, et a jusque ici refusé toutes les propositions qui lui ont été faites : Cardiff, Rubin Kazan ou encore Swansea. Pas assez prestigieux pour rester crédible aux yeux de Didier Deschamps. Reste une piste, Newcastle, mais ce sont cette fois les agents qui pourrissent la situation. En attendant, l’international français s’entraîne avec les jeunes de l’OL. Ces mêmes jeunes qui portent le club à bout de bras. Et devront cravacher pour terminer sur le podium et renflouer les caisses. Et enclencher ainsi un nouveau cycle vertueux en attendant la livraison du Grand Stade, prévue pour la saison 2015-2016.